Non classé9-1-1 à la rescousse

Estelle Cote-Sroka9 mars 20112 min

Sur la ligne de front, les policiers sont souvent les premiers à détecter les indices pouvant mener une personne au Programme d’accompagnement en justice-santé mentale. Conseiller en psychiatrie légale au Service de police de la Ville de Montréal, Micheal Arruda sensibilise ses collègues sur les interventions à adopter pour les personnes ayant un problème de santé mentale.

Courtoisie: SPVM

Montréal Campus: Selon une étude de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) reçoit annuellement 38 000 appels (3,8% du total des appels) impliquant des personnes aux prises avec un problème de santé mentale. Pourquoi le premier réflexe pour autant de gens est-il d’appeler le 9-1-1?
Micheal Arruda: Les problèmes de santé mentale sont tabous, mal vus et mal compris dans notre société. Alors les gens ne vont pas chercher d’aide.  Quand une crise survient, le premier réflexe est celui du dernier recours: composer le 9-1-1.  Avant la crise, il y a bien sûr des signes, mais les gens ne savent pas comment réagir. Si la population était davantage informée, elle irait chercher les ressources nécessaires et aurait moins recours aux services des policiers.

Souvent on nous appelle pour vol à l’étalage, trouble de la paix ou autre chose et quand on arrive sur les lieux, on se rend compte que la personne souffre d’un problème de santé mentale. Dans l’étude réalisée par l’Institut Douglas, ces appels ne sont pas tous comptabilisés comme ayant rapport avec la santé mentale. D’après d’autres statistiques, recueillies aux États-Unis,  7% des appels au 9-1-1 y seraient liés. Et je serais très à l’aise de dire que c’est a peu près pareil à Montréal. Les données disponibles pour Montréal représentent seulement la pointe de l’iceberg.

MC: Quelle approche est préconisée par les policiers dans le cas d’intervention avec une personne aux prises avec un problème de santé mentale?
MA
: Ce qu’on dit à nos policiers, c’est qu’ils doivent traiter ces personnes comme des malades et non comme des criminels. Dès qu’on sait ou qu’on suspecte une vulnérabilité causée par ce type de maladie, il faut se mettre en mode négociation. On privilégie alors le dialogue, l’écoute et l’empathie, avant de chercher des ressources qui pourraient l’aider. La judiciarisation directe est à éviter. Les personnes ayant des troubles mentaux doivent plutôt être référées au système de santé. Malheureusement, pour l’instant, les policiers ne font pas assez appel à l’équipe de l’Urgence Psychosociale-Justice, une équipe multidisciplinaire spécialisée en santé mentale pourtant disponible 24 heures sur 24.

MC: Comment détecter les problèmes de santé mentale?
MA:
Ces troubles sont difficiles à identifier. Les policiers se demandent souvent quels sont les signes et les symptômes. Est-ce un problème de toxicomanie, de comportement ou de santé mentale? Seulement 20% des patrouilleurs du SPVM (soit 500 sur 2500) ont reçu une formation d’une journée sur le sujet, ce qui n’est pas assez. La Gendarmerie royale du Canada, elle, compte des équipes d’intervention spécialisées en santé mentale et ses policiers reçoivent en moyenne 40 heures de formation.


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