Non classéUne campagne au poil

Mathilde Roy27 octobre 20104 min

Movember pour Cancer prostate Canada

En novembre, les moustaches triompheront à travers le Canada. Grâce à la campagne Movember, le poil sous le nez collectera des fonds pour le cancer de la prostate et sensibilisera les gens à la santé des mâles.
Courtoisie:Movember Canada

Messieurs, en novembre, sortez votre lustre à moustache. La campagne Movember vous met au défi de laisser pousser votre pilosité pendant un mois afin d’amasser des fonds pour Cancer prostate Canada. À l’instar du ruban rose pour le cancer du sein, la moustache a l’ambition de devenir le nouveau symbole de la santé des porteurs du chromosome Y.

La campagne Movember naît en 2003 au pays des kangourous. Un dimanche après-midi, des Australiens originaires de Melbourne se réunissent autour d’un feu de camp. À la blague, ils se promettent de remettre la moustache au goût du jour tout en sensibilisant les gens à la santé masculine. Ils allient Mo, argot australien qui désigne la moustache, et le mois de novembre pour former la campagne Movember. La même année, une trentaine de moustachus se réunissent dans un bar australien.

Sept ans plus tard, les participants de Movember, les Mo Bros et les Mo Sistas, sont maintenant Canadiens, Américains, Anglais, Néo-zélandais, Irlandais, Espagnols, Africains, Néerlandais et Finlandais. L’année passée, le Canada s’est classé au 2e rang mondial après l’Australie avec plus de 35 000 participants. Plus de 7,8 millions de dollars en dons ont été versés à l’organisme Cancer Prostate Canada pour redonner de la vigueur à la recherche sur la maladie.

En brosse, de style Viking, touffue, fine, fournie ou taillée, la moustache pique la curiosité des gens, selon le participant et porte-parole de Movember à Montréal, Jean-Aymeri De Magistris. «Quand on me demande pourquoi je porte la moustache, ça me donne l’occasion de sensibiliser les gens au cancer de la prostate», affirme-t-il. Pour la campagne, celui qui affichera sa pilosité faciale pour une deuxième année consécutive adoptera un look à la Freddy Mercury. «Bien fournie, mais courte.» Les conjointes et les amies ne sont pas en reste, puisqu’elles peuvent aussi soutenir la cause. Pas besoin d’être une femme à barbe, mesdames: vendre des articles promotionnels et récolter des dons suffira. «Les Mo Sistas (nom des participantes) sont souvent des conjointes d’hommes qui reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate, indique la porte-parole de Cancer prostate Canada, Ann Kearns. «Elles soutiennent la campagne et leur conjoint.

Le sexe fort?

Jean-Aymeri De Magistris a déjà récolté 300 $ pour la cause. Son objectif: accumuler entre 1000 et 1500 $. «Ma mère est décédée du cancer du sein, confie le Mo Bro. Le cancer de la prostate est aussi dramatique pour les hommes. J’ai deux frères et un père. Je sais qu’on est à risque.» Le participant souligne au passage que la maladie est encore taboue auprès des hommes. Le chromosome Y a la fâcheuse tendance à se penser invincible ou, du moins, à vivre dans le déni.

La porte-parole de Cancer prostate Canada, Ann Kearns, note qu’un homme sur six recevra un diagnostic positif du cancer de la prostate. L’organisme encourage donc les hommes à se faire dépister dès l’âge de 40 ans, puisque 90 % des cancers peuvent être guéris s’ils sont détectés et traités rapidement. «Ce n’est pas que les hommes ne prennent pas au sérieux la maladie, explique Ann Kearns. Mais souvent, ils ne sont pas à l’aise de parler de leur santé à leur médecin.

Choisissez vos favoris

L’Homme Movember, la Miss Movember ou le Mo Bro le plus stylé sont quelques exemples de titres décernés lors des Galas Parté organisés à travers le pays. Le 26 novembre prochain, les moustachus en quête d’un prix Movember envahiront le bar Belmont, boulevard Saint-Laurent à Montréal. L’année passée, les 1368 Québécois ayant participé à Movember ont récolté 263 000 $. Au cours de la campagne, des prix nationaux seront également remis à ceux qui récoltent le plus de dons, et le Moscar sera attribué à la meilleure vidéo où les moustaches tiendront la vedette. 

Rassemblements de moustachus, soirées festives et remises de prix farfelus, pour Ann Kearns, le Movember mise sur la bonne humeur, contrairement à d’autres campagnes qui misent sur le côté tragique du cancer. «Movember est plus fun. C’est une façon de fêter et de s’amuser pour une cause sérieuse.» Si la moustache revient étrangement à la mode en novembre prochain, ce ne sera probablement pas juste pour le style ou pour réchauffer la lèvre supérieure. Elle aspire aussi à devenir un emblème important de la santé masculine au grand complet, pour que virilité et souci de la santé riment enfin.

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