Non classéGarder la flamme, même sur la glace!

Avatar Naël Shiab26 novembre 20094 min

À la fois étudiant à la maitrise en sciences de la terre à l’UQAM et sportif de haut niveau, Guillaume Bastille a été sélectionné pour l’équipe canadienne de patinage de vitesse en vue des Jeux olympiques d’hiver. Entrevue avec cet athlète de 24 ans qui portera la flamme olympique le dimanche 29 novembre à Rivière-du-loup, sa ville d’origine.

Crédit photo : Naël Shiab


En collaboration avec Karolyne Delisle-Leblanc

Montréal Campus (MC): Comment en es-tu venu à pratiquer le patinage de vitesse?

Guillaume Bastille (GB): Je voulais jouer au Hockey au départ, dans les ligues mineures. Mon père s’était dit qu’il fallait que j’apprenne à patiner avant de jouer et finalement j’ai continué le patinage. J’ai commencé la compétition vers 7-8 ans. Je me souviens d’une course en particulier, à Baie-Comeau. Il fallait traverser le fleuve, mes parents n’étaient pas là, j’étais seul avec mon entraineur. C’était toute une aventure pour moi à l’époque.

MC: Malgré ta carrière sportive, tu n’as pas pris de retard dans tes études. Comment as-tu conjugué les deux?

GB: J’ai choisi de retarder mon avancement au niveau sportif. Je suis resté à Rivière-Du-Loup à 16 ans pour faire mon Cégep en deux années. J’étais un des meilleurs au Québec à ce moment là, mais je ne suis venu à Montréal qu’après, pour m’entraîner au centre régional Montréal International. D’habitude, les athlètes viennent directement dans les grands centres pour avoir les meilleurs entraîneurs, mais je voulais quelque chose pour me backer au cas où. Ça a débloqué pour moi avec les mondiaux junior, donc en fin de compte ça m’a plutôt bien réussi. J’ai juste pris une année sabbatique entre le Cégep et l’Université.

MC: Tu es désormais à la maîtrise en sciences de la terre. Est-ce toujours aussi facile d’être à la fois un étudiant et un athlète de haut niveau?

GB: J’ai fait mon bac en trois ans. J’étais à l’université de 9h à 17h et j’avais mes entraînements en soirée, tout ça en restant à Longueil. C’était un peu n’importe quoi ma vie à ce moment là! La première année était plutôt dure, parce que je ne connaissais personne. Mais ensuite, ça allait mieux. Tu te fais des amis avec le temps et ça te permet d’avoir les notes des cours que tu as manqué! C’est plus compliqué pour mes recherches de maitrise, car j’ai besoin d’internet et j’y ai rarement accès lors des compétitions internationales. Par exemple en Chine, je ne pouvais pas me connecter. Et puis quand je suis à Montréal, j’ai mes deux entraînements par jour qui me laissent peu de temps. Mais je compte prendre plus de cours cet été. C’est vrai qu’avec les sélections pour les Olympiques, je n’ai pas souvent mis les pieds à l’UQAM.

MC: Comment ce sont passées les sélections pour les Jeux?

GB: J’ai gagné sur le 1500 mètres. Pour le 1000 mètres, j’ai fini troisième et ce sont seulement les deux premiers qui comptaient. Du coup, je suis un peu déçu. Mais ça va être incroyable pareil. Les sélections ont eu lieu sur le site des Jeux à Vancouver et l’aréna est vraiment grand! En plus, les billets sont déjà tous sold-out.

MC: Tu dois être heureux d’être le porteur de la flamme olympique de Rivière-du-loup.

GB: En fait, c’était Marie-Pier Boudreau-Gagnon, qui fait de la nage synchronisée et vient aussi de Rivière-du-loup, qui avait été choisie au départ, mais elle avait une compétition le même jour. Je suis le second choix, mais who cares? Le parcours fait environ 300 mètres, c’est vraiment court, mais ça va être super le fun quand même!

MC: As-tu un petit rituel avant de te lancer sur la glace?

GB: Je suis vraiment plate… Je n’ai pas vraiment de rituel. Il y a souvent des délais pendant les compétitions. Du coup, on a toujours l’occasion de faire quelques tours de piste avant les courses. J’ai mes petits gestes d’étirements sur la glace, les bras derrière le dos, les jambes écartées. Et puis je finis toujours par une tape des mains, et là c’est parti! Mais sinon, à Vancouver, les lumières sont extrêmement fortes et la zone d’attente sous les gradins est tamisée. Alors je regarde les lumières bien dans les yeux, pour que mes pupilles s’habituent et que je sois bien réveillé.

MC: Comment appréhendes-tu les Jeux?

GB: Ça va être très serré entre nous et les Coréens. Et puis les Américains seront là aussi. Mais bon, tout le monde sait ce qu’il a à faire et on va travailler extrêmement fort d’ici là. On part d’ailleurs en janvier à Calgary pour nous entrainer en altitude.

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