À la uneUQAMRémunération des stages : troisième journée de grève

Isabelle Grignon-Francke20 mars 20184 min

Environ 10 500 étudiants étaient en grève, aujourd’hui, pour manifester contre les stages non rémunérés. Cette troisième journée de débrayage depuis le début de l’année 2018 a été parsemée d’actions de visibilité réclamant un positionnement du conseil d’administration de l’UQAM.

L’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation (ADEESE) et l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) s’affairaient aujourd’hui à lever les cours à l’horaire pour passer un message clair : l’exigence d’une rémunération des stages.

La journée a pris la forme d’une occupation dans l’agora du pavillon Judith-Jasmin. La foule était principalement formée de membres de la Faculté des sciences de l’éducation. Périodiquement, les étudiants rassemblés jetaient des avions en papier depuis les divers paliers qui circonscrivent le grand espace ouvert du pavillon. Le regroupement visait à attirer l’attention des instances de l’université.

« Si le conseil d’administration prend position et appuie les gens en grève, ça nous permet de revenir contre les directions de programmes pour faciliter la tâche des étudiants [qui veulent manifester sans être pénalisés], affirme l’exécutant à l’ADEESE Charles-Antoine Goulet. Socialement, ça appuie la cause de la rémunération des stages. »

Le conseil d’administration de l’UQAM devrait se positionner sur la question de la rémunération des stages lors de sa rencontre de ce soir, a confirmé la responsable des relations avec la presse Jenny Desrochers dans un courriel.

Stagiaire et gréviste

« Pour avoir un brevet en enseignement, c’est 700 heures de stage. À l’UQAM, on atteint les 1 000 heures », affirme l’étudiante en première année au baccalauréat en adaptation scolaire et sociale Anaïs Bergeron.

La question de la rémunération des stages touche particulièrement les futurs diplômés des programmes de la Faculté des sciences de l’éducation, qui doivent réaliser plusieurs stages durant leurs quatre années d’études, totalisant 120 crédits pour l’obtention d’un diplôme de premier cycle. La plupart des baccalauréats de la faculté exigent la réussite de quatre stages.

Lorsque les associations votent une grève, les professeurs sont avertis. Règle générale, la levée des cours n’est qu’une formalité, affirme la responsable à la vie étudiante de l’ADEESE, Emmanuelle Boisvert.

« C’est plus difficile de faire la grève pour les étudiants en stage, c’est plus individuel. Tu peux lever un cours, mais tu ne peux pas bloquer quelqu’un qui tente d’entrer dans son école de stage », affirme une étudiante et stagiaire en adaptation scolaire et sociale.

La peur des représailles pour les étudiants en grève reste bien présente. « L’ADEESE a envoyé un message qui dit qu’ils [les professeurs] ne doivent pas nous faire reprendre les cours et les jours de stage manqués », explique l’étudiant de première année en adaptation scolaire et sociale Simon Legault. Il explique avoir recopié et envoyé ce message à sa superviseure de stage pour se « backer ».

« Elle m’encourageait vraiment à participer parce qu’elle aussi, c’est une enseignante », assure l’étudiant, ajoutant tout de même qu’elle semblait s’interroger sur les conséquences de son absence au stage.

Anaïs Bergeron, elle aussi étudiante en première année au baccalauréat en adaptation scolaire et sociale, témoigne d’une situation similaire avec sa responsable de stage. « Moi aussi, elle était vraiment ouverte, se réjouit-elle. Mais la direction a dit que nous aurons à reprendre les jours ».

« Mon prof avait dit que nous allions perdre des points sur la compétence douze, éthique professionnelle, pour chaque jour que nous allions manquer. Le sujet s’est terminé assez rapidement », affirme Simon Legault.

L’Association facultaire étudiante des arts (AFEA) ainsi que l’ADEESE seront en grève le 22 mars prochain.

 

photo : ISABELLE GRIGNON-FRANCKE MONTRÉAL CAMPUS

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