La Création, une célébration dansée de Riopelle

Une célébration heureuse de l’œuvre du peintre Jean Paul Riopelle et de la beauté de la vie au sens large : voici ce qu’offrent les Grands Ballets Canadiens avec La Création, présentée du 26 février au 1er mars à la Place des Arts. 

Acte 1. Les projecteurs sont à la hauteur des danseurs et danseuses sur scène. On les voit à peine en train de s’exercer sur la barre au fond de celle-ci. Et la lumière fut. Elle éclaire la foule tout d’un coup, forçant beaucoup de personnes dans l’audience à se cacher les yeux. Pouf! Le décor disparaît. 

La Création est une adaptation au ballet de Die Schöpfung, un oratorio écrit au 16ème siècle par le compositeur autrichien Joseph Haydn. L’oratorio raconte la création du monde décrite dans la Genèse, le premier livre de la Bible. Mais dans l’œuvre présentée à la salle Wilfrid-Pelletier, il y a un ajout à la québécoise : l’incorporation de toiles de Jean Paul Riopelle. 

Hommage à Riopelle

L’œuvre du peintre occupe une place centrale de La Création. Une trentaine de peintures du célèbre artiste québécois sont projetées tout au long de la représentation, une véritable ode au legs inestimable du fabuleux artiste, comme Les oiseaux s’envolent Monsieur Marquet ou Hibou-Snow Flake. Entre les scènes, des faisceaux de lumière colorés illuminent la scène, un clin d’œil aux traits iconiques des créations de Jean-Paul Riopelle. 

Même avant d’entrer dans la salle, on peut déjà se mettre dans l’ambiance en admirant La Bolduc de Riopelle. La peinture est exposée en permanence dans le foyer de la salle Wilfrid-Pelletier.

La Bolduc (1964) dans le foyer de la salle Wilfrid-Pelletier. Cette peinture est un hommage à l’autrice-compositrice-interprète Mary Rose Anna Travers, surnommée La Bolduc. Cette artiste était très célèbre dans les années 1930, surtout pour son talent à turluter. Mention photo : Aurélie Lachapelle. 

À certains moments dans le spectacle, la troupe est immobile, appelant le public à contempler le tableau présent derrière avec la musique. C’est plus fort que nous, nous ne pouvons qu’être subjugués par la puissance de Riopelle. 

La précision des mouvements des danseurs et danseuses et la cohésion de la troupe font écho au style chaotique-organisé de Riopelle. La danse et l’art visuel se complètent ainsi dans La Création. Félicitations au chorégraphe Uwe Scholz pour son travail. 

La bande sonore est magnifiquement portée par l’Orchestre des Grands Ballets. L’allemand n’est pas vraiment reconnu pour être une langue plaisante à écouter, mais la chorale présente déboulonne fabuleusement ce mythe. Jamais l’allemand n’aura sonné aussi harmonieux. La foule ne se fatigue pas des prouesses acrobatiques des ballerines. Mention spéciale au duo Adam-Ève joué par Anna Ishii et Marcel Gutiérrez, qui ont quitté la scène porté(e)s horizontalement par toute la troupe, un clin d’œil au couple biblique qui célèbre son amour.

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