Le centre écologique de l’UQAM sera relocalisé

Le centre écologique La Huardière sera mis en vente par l’UQAM à l’aube de son 40e anniversaire, laissant étudiant(e)s et professeur(e)s sceptiques face au futur des programmes de sciences biologiques.

Simon Paradis est technicien de laboratoire au Département des sciences biologiques de l’UQAM et a étudié en sciences biologiques. Il fréquente donc La Huardière depuis une vingtaine d’années et connaît bien les lieux. La direction l’a avisé que le bâtiment était mis en vente puisqu’il n’était « plus assurable ». « Je trouve ça un peu plate qu’ils n’aient pas essayé de revaloriser cet endroit-là au lieu de jeter l’éponge », admet-il. 

Il explique que depuis plusieurs années, l’UQAM confiait sous forme de contrat la gestion du centre écologique à la Fondation Compagnom, un organisme à but non lucratif. Un de leurs employé(e)s, Jean-Marc Fillion, y a travaillé pendant 20 ans. Celui-ci assure que l’endroit est en bon état. Selon lui, si l’UQAM ferme le centre, c’est à cause des coûts d’entretien qu’elle doit débourser chaque année pour le déneigement, les extincteurs et l’électricité. « Ce n’est pas nouveau qu’ils veulent s’en défaire », révèle-t-il.

« Il y a des frais fixes importants tous les ans et le centre est utilisé trois mois par année, donc c’est certain qu’il y a une volonté de s’en débarrasser », souligne M. Fillion. La directrice des relations de presse de l’UQAM, Jenny Desrochers, confirme d’ailleurs que « les coûts relatifs à l’entretien des espaces sont l’un des éléments qui amènent l’UQAM à entreprendre des démarches pour la vente du site ».

Une alternative en vue

Jenny Desrochers confirme toutefois que le centre écologique sera relocalisé. « Une annonce concernant le nouveau lieu pour réaliser les activités d’enseignement et de recherche sera bientôt communiquée ». Jaëlle Landry, étudiante en Biologie en apprentissage par problèmes, s’inquiète quant à elle de la perte des données accumulées par les étudiant(e)s des 30 dernières années qui pourraient être perdues en changeant de station. « Si on change d’endroit, on repart à zéro! »

L’emplacement potentiel du nouveau centre se trouve dans le parc du mont Saint-Hilaire. Simon Paradis a eu l’occasion de le visiter récemment. « Il s’agit de la Réserve naturelle Gault, qui appartient à l’Université McGill, qu’on louerait pour nos cours », explique-t-il.

Selon lui, des avantages et des inconvénients sont liés à ce changement de site. Par exemple, « pour la limnologie [l’étude des eaux douces], ça va être moins intéressant, car le lac est beaucoup plus petit et moins profond », remarque-t-il. Il ajoute que « [l’endroit] est moins sauvage, puisqu’il y a plein de randonneurs ». Il admet toutefois que le centre est plus proche de Montréal et qu’il peut accueillir le nombre d’étudiant(e)s habituel. Le centre écologique actuel compte deux pavillons et est situé à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, à près de 200 km du campus central.

Une expérience « essentielle »

« La station de La Huardière a joué un rôle important dans le renforcement de la dynamique d’équipe et de collégialité pour les étudiants de l’UQAM », fait valoir Alison Derry, professeure au Département des sciences biologiques. « Il est regrettable que l’UQAM se trouve dans une situation qui l’oblige à vendre la station de terrain. » Selon Simon Paradis, beaucoup d’étudiant(e)s choisissent d’ailleurs l’UQAM pour effectuer leurs études en biologie en raison des cours sur le terrain qui sont offerts au centre La Huardière.

Accès aux forêts matures, étude des communautés végétales et aquatiques ainsi que laboratoires d’analyses sont notamment à la disposition de la communauté étudiante à La Huardière. « Le fait qu’on ait accès à tout ça, c’est ce qui a permis d’avoir un cours de terrain de cette ampleur », constate Sébastien Larivière, étudiant au Certificat en biologie ayant fréquenté le centre écologique l’été dernier.

Jaëlle Landry, dit aussi avoir vécu une expérience formatrice au centre.

« On a vraiment tout le stock pour être autonome dans le cadre de nos travaux de recherche. »

– Jaëlle Landry

Jaëlle et Sébastien considèrent tous deux qu’avoir accès à un laboratoire en pleine nature est essentiel aux cours sur le terrain.

Mention photo : Chloé Rondeau

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