UQAMSe rendre au campus central de l’UQAM, un défi pour les banlieusard(e)s  

Charles Séguin15 novembre 20224 min

Pour les membres de la communauté uqamienne habitant en périphérie de Montréal, le transport est un véritable casse-tête. Entre l’automobile et les transports en communs, les étudiants et les étudiantes doivent ménager argent et temps pour se rendre à l’Université.

Bien que l’Université du Québec à Montréal (UQAM) soit positionnée sur une plaque tournante des transports durables montréalais, s’y rendre demeure complexe pour les Uqamiennes et Uqamiens qui arrivent des banlieues de Montréal.

La refonte tarifaire adoptée le 1er juillet 2022 par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et modifiée le 1er octobre a fait grimper le prix du billet unitaire de métro en provenance ou en direction de Longueuil et de Laval de 3,50 $ à 4,50 $. Cependant, le prix étudiant des titres mensuels n’a que légèrement varié, ce qui limite l’impact de la refonte sur la population uqamienne. 

L’option de l’automobile est quant à elle impopulaire avec la congestion sur les ponts, la difficulté de circuler et les frais de stationnement.

En transport collectif : étudier ou se reposer

« Je n’ai pas envie de me prendre dans le trafic et d’avoir à trouver du stationnement », raconte Elisabeth Mathieu, étudiante au baccalauréat en en développement de carrière qui habite sur la Rive-Nord. « Je préfère étudier ou me reposer et me réveiller tranquillement dans les transports en commun », explique-t-elle.

Elisabeth dépend donc du train et des bus pour se rendre à l’école. « C’est toujours beaucoup de logistique », observe-t-elle. Elle doit constamment adapter son horaire à ceux du transport collectif.

Selon Elisabeth, le transport collectif est une option plus rapide et économique que l’automobile. Elle estime à une heure sa durée de déplacement moyenne.

Elle se compte chanceuse d’habiter assez près d’une gare de train. Pour les étudiants et étudiantes qui habitent loin de ces axes, le transport collectif est souvent moins efficace. 

« Le transport en commun dans les banlieues est développé de manière à créer de grands axes à haute fréquence et à haute qualité du service, explique Ugo Lachapelle, professeur au département des études urbaines et touristiques. Cela en favorise l’utilisation. » 

Selon M. Lachapelle, « le vaste étalement et la faible densité de population des banlieues les rendent difficiles à desservir uniformément. » Il ajoute que dans ces cas, « le transport en commun ne se remplit pas et l’offre n’est pas compétitive ».

En voiture jusqu’au métro

Xavier Noël part de la Rive-Sud pour se rendre à l’UQAM où il étudie le marketing. Ce dernier n’a pas été trop affecté par la refonte tarifaire de l’ARTM. « Je n’ai pas revu mon budget pour ça », mentionne l’étudiant, qui paie ses billets à l’unité puisqu’il n’est sur le campus qu’à temps partiel. 

Il juge que de prendre sa voiture jusqu’à la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke est plus efficace. « Pour éviter de payer des frais de stationnement, je me gare à 5 minutes de marche de la station », précise-t-il. 

Ugo Lachapelle déplore que le service de transport collectif en banlieue soit inefficace pour les étudiantes et étudiants qui choisissent de prendre l’auto. Le professeur se demande tout de même si « avoir un réseau efficace qui couvre bien toutes les banlieues est un réel objectif ». Selon lui, un tel projet ne contribuerait pas à la densification urbaine et coûterait très cher aux villes et aux sociétés de transport.

Xavier précise que le métro demeure le moyen le plus efficace de traverser le fleuve dans les heures de pointes : « Passer par le pont Jacques-Cartier ajoute 15 minutes à mon trajet ! »

Rester ou partir?

Pour beaucoup d’étudiantes et étudiantes, demeurer en banlieue de Montréal permet d’économiser sur le logement, souvent en demeurant dans le nid familial. Résider en périphérie de Montréal implique toutefois un compromis important : les moyens de transport pour accéder au campus principal à partir de la couronne de Montréal sont inefficaces.

Emménager plus près du campus permettrait d’économiser du temps et de l’argent en transport. Or, étant donné le prix élevé des loyers sur l’Île de Montréal, beaucoup de banlieusards uqamiens et banlieusardes uqamiennes prennent leur mal en patience.

Selon M. Lachapelle, « la situation financière des étudiants est trop souvent précaire et c’est un problème que les pouvoirs publics doivent aborder, mais ce n’est pas le rôle des agences de transport que de le résoudre. »

Les autres campus de l’UQAM sont installés à Longueuil, à Laval, dans la Montérégie-Ouest et dans Lanaudière. Quelques programmes y sont offerts. Ces établissements permettent de rejoindre une population plus éloignée et de faciliter l’accès à l’école.

Mention photo : Camille Dehaene | Montréal Campus

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