Virage vert pour la coopérative de l’UQAM

La coopérative de l’UQAM (Coop UQAM), une entreprise importante pour la communauté universitaire depuis les 40 dernières années, est, comme toute la planète, affectée par la crise de la COVID-19. Néanmoins, cela ne l’a pas arrêté dans son virage vert et dans la promotion de ses valeurs coopératives.

La pandémie de COVID-19 et les restrictions sanitaires ont été désastreuses pour la Coop. Le directeur général, Thierry Bachelier, explique que « le PK  [la boutique située dans le pavillon PK] a seulement fait 900$ au mois de janvier. On a donc dû le fermer. » 

Le cas de la boutique de l’ESG est similaire. Elle devait déménager avant la pandémie et demeure fermée depuis. Elle ne devrait pas ouvrir avant que l’Université redevienne plus fréquentée. 

À la librairie Jasmin, située dans le pavillon du même nom, la situation n’est pas très rose non plus. Bien qu’elle soit toujours ouverte, M. Bachelier affirme que les ventes représentent seulement « 10 à 25 % » de la situation pré-COVID-19. Le service Web, considérablement plus occupé, « ne compense pas du tout » pour les pertes dans les autres secteurs, affirme le directeur général. 

En tout, 24 personnes ont perdu leur emploi, du moins temporairement. En raison de la politique d’ancienneté de la Coop, qui permet aux employés et aux employées  d’être relocalisé(e)s en cas de fermeture d’une succursale, les plus expérimenté(e)s de l’ESG et du pavillon PK ont eu la possibilité d’aller travailler dans la nouvelle Coop Berri-UQAM, située dans le métro. 

Malgré ces difficultés, M. Bachelier est sûr que l’organisme ne risque pas la faillite. 

Bonne nouvelle pour la Coop Berri-UQAM  

Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises. S’étant récemment installée dans les anciens locaux de la librairie Parchemin, la boutique Berri-UQAM fonctionne plutôt bien dans le contexte de la pandémie, selon M. Bachelier. 

L’un des facteurs qui expliquent la bonne performance de cette boutique est qu’elle est exposée à beaucoup plus de clients et clientes potentiel(le)s que les autres. Plus de personnes circulent dans le métro qu’à l’Université, dont la majorité des cours se donnent à distance.

La boutique du métro est donc divisée en plusieurs sections, à commencer par la librairie. Plus grand public que sa consoeur du Jasmin, elle vend des romans policiers, des bandes dessinées, des livres à succès en plus d’avoir une section de journaux nationaux et internationaux.  

Il y a aussi une boutique informatique qui vend une variété de produits, comme des imprimantes, des ordinateurs, et des écouteurs. « On développe la gamme dans le métro. Ça va bien! », rapporte Thierry Bachelier. 

La troisième section est une épicerie en vrac qui semble connaître un franc succès. D’après Thierry Bachelier, « beaucoup de personnes ont déjà remboursé le prix de leur carte de membre avec seulement leurs rabais d’épicerie ! » Pour M. Bachelier, le modèle de l’épicerie est bénéfique pour l’environnement : « Comme ça c’est plus facile d’éviter le gaspillage alimentaire. » 

Le directeur général ajoute que l’épicerie comporte de nombreux produits québécois.  Entre 70 et 75 %  des articles seraient originaires de la province ou au moins transformés au Québec. « L’épicerie est assez populaire, on pense même rajouter des produits frais prochainement », mentionne le directeur général.  

La coopérative mettra aussi sur pied des ateliers pour apprendre aux participants et aux participantes comment fabriquer de manière artisanale certains produits ménagers comme du dentifrice ou du savon à lessive.  

Avec le nombre croissant de commandes Web, la coopérative UQAM a trouvé pertinent de mettre en place des moyens de livraison plus écoresponsables.  La Coop va désormais livrer ses produits avec des vélos et des véhicules électriques, une initiative qui devrait sauver « 15 tonnes de gaz à effet de serre » selon M. Bachelier. Le directeur général estime que la livraison devrait être plus rapide qu’avec le mode de fonctionnement actuel, par le biais de Poste Canada. 

Des valeurs coopératives 

L’organisation engage en grande partie des étudiants et des étudiantes de l’Université qui peuvent bénéficier d’un emploi à proximité de leurs cours. 

Une partie des revenus de l’entreprise sert à payer des bourses universitaires pour aider les étudiants et les étudiantes de première année et pour les sportifs et les sportives de l’UQAM qui sont en difficulté financière.

De plus, la Coop a un programme de commandites qui sert à financer des projets à but non lucratif de membres de la Coop. 

« On n’est pas capitaliste », affirme le directeur général. La coopérative est à but non lucratif et au lieu d’avoir un propriétaire, son administration est élue lors d’une assemblée annuelle. Elle est formée de six étudiants et étudiantes, d’un ou une enseignant(e), d’un ou une chargé(e) de cours, d’un membre du personnel de soutien et d’un cadre de l’UQAM, ainsi que d’un membre externe. 

Le modèle coopératif est une fierté pour plusieurs au sein de l’organisation. Ainsi, le coordinateur scolaire, qui supervise l’achat des livres demandés par les professeurs et les professeures, Éric Forbes, souligne : « Les profits ne vont pas à un riche qui va s’acheter des maisons dans le sud ».

Mention photo : Édouard Desroches

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