UQAMLes auditeurs de l’UQAM : ces assoiffés de connaissances

Lyndie Levesque10 mars 20215 min

Si assister à des cours universitaires sans en récolter les crédits peut paraître contreproductif, les auditeurs et auditrices y voient l’occasion pour suivre des cours de niveau supérieur sans pour autant être habités par l’intérêt d’obtenir un diplôme.

Michelle Archambault et Julie Choquet sont toutes deux auditrices à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Si leur titre est le même, elles ont toutefois des parcours bien différents.

Michelle Archambault est une éternelle étudiante. Elle a d’abord obtenu un baccalauréat en administration à l’UQAM il y a 35 ans. Depuis, elle a complété un certificat en histoire et un autre en science des religions, tout en étant bénévole au Jardin botanique de Montréal.

Après un certain temps, elle a perdu l’intérêt des diplômes et des évaluations qu’ils impliquent. « Je me suis dit que je pouvais me permettre d’aller à l’université pour le plaisir d’apprendre », raconte-t-elle.  C’est ainsi qu’elle s’est tournée vers le titre d’auditrice, la parfaite solution pour celle qui carbure aux apprentissages. Elle assiste à deux cours chaque session.

De son côté, Julie Choquet est médecin à temps plein. Elle a été formée à l’Université McGill en médecine familiale et y a diplomé en 1993. Depuis, elle fait partie du groupe des omnipraticiens en obstétrique de l’hôpital LaSalle.

À l’automne 2020, elle a choisi, à titre d’auditrice, de suivre le cours « Les arts au Québec et au Canada (1860-1940) », offert au Département d’histoire de l’art. 

« C’est le fait que ce soit en ligne qui m’a poussée à m’inscrire, sinon je n’aurais jamais eu le temps », indique celle qui est aussi mère de deux enfants.

Les auditeurs en statistiques

Le nombre d’auditeurs et d’auditrices inscrit(e)s est assez stable d’une session à l’autre. « On offre l’option parce qu’on est heureux de voir que certaines personnes viennent pour leur plaisir personnel, mais il n’y a pas vraiment de publicité faite pour attirer des auditeurs à l’UQAM », indique Sarah Gobeil. 68 auditeurs et auditrices étaient inscrit(e)s à l’automne 2020. De ce nombre, 46 sont des femmes et 22 sont des hommes. 

La moyenne d’âge des personnes inscrites est de 52 ans. Selon les informations fournies par les agent(e)s d’inscription de l’UQAM, la personne la plus jeune est âgée de 22 et la plus âgée de 78 ans.

À l’UQAM, les cours les plus populaires auprès des auditeurs et auditrices sont des cours de didactique, d’histoire de l’art et d’histoire. Les cours « Séminaire thématique en didactique », « L’art des cultures non occidentales », « Histoire de la civilisation byzantine », « Histoire du fascisme et du nazisme » et « Histoire globale, des origines jusqu’au 15e siècle » se hissent au sommet du palmarès.

Le défi des cours en ligne

Comme pour l’ensemble des universités québécoises, l’offre de cours de l’UQAM a migré majoritairement en ligne et à distance pendant la pandémie. Si cette situation a finalement poussé Julie Choquet à s’inscrire au cours qu’elle souhaitait suivre depuis un moment, Michelle Archambault a trouvé la situation particulièrement délicate.

Selon elle, tous les cours ne sont pas adaptés à l’enseignement et ligne et les apprentissages qu’elle en tire ne sont pas d’aussi bonne qualité. Pour pallier la situation, elle a mis au point une stratégie. Quand est venue la période d’inscription à la session d’hiver 2021, Michelle Archambault s’est inscrite à trois cours, dans le but de n’en suivre que deux. Ainsi, elle s’est donné la chance de sélectionner ceux qui parviennent à la captiver malgré les défis de l’enseignement en ligne.

Par ailleurs, quelle que soit l’université d’accueil, les auditeurs et les auditrices ne sont pas autorisés à suivre les cours de langue. « Pour apprendre une langue, il faut nécessairement faire les tests pour évaluer les apprentissages », explique l’agent d’admission et d’inscription Jonathan Lachance.

L’encadrement des auditeurs

Le titre d’auditeur et d’auditrice offre l’occasion d’interagir avec les professeur(e)s au même titre que la communauté étudiante régulière. La principale différence : ils et elles ne sont pas tenu(e)s de compléter les travaux et les examens.

« Ils ont accès aux mêmes ressources que les étudiants réguliers, mais il est impossible de faire le bilan des connaissances qu’ils ont acquises », explique l’agente d’admission et d’inscription Sarah Gobeil, responsable des auditeurs et des auditrices au Registrariat de l’UQAM.

Malgré cette exemption, certaines personnes choisissent de compléter les questionnaires et les examens à courte durée. C’est le cas de Michelle Archambault, qui apprécie de garder une trace de ses apprentissages. L’idée a également traversé l’esprit de Julie Choquet. Or, son professeur a préféré rejeter cette proposition pour ne pas alourdir sa charge de correction.

Julie Choquet se questionne donc sur les frais défrayés par les auditeurs et les auditrices. Outre les frais d’association facultaire qui leur sont soustraits, ces derniers paient le même montant que les étudiants réguliers.

Il est à noter qu’en aucun cas les auditeurs et les auditrices ne peuvent cumuler un total de plus de trente crédits. Cette situation agace Michelle Archambault qui n’avait pas rendu compte de cette information jusqu’à présent. « Si je ne peux plus m’inscrire comme auditrice, je m’inscrirai en tant qu’étudiante libre et j’annulerai mes cours », raconte en riant celle qui souhaite poursuivre ses apprentissages en tant qu’auditrice.

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