SociétéChoix de carrière : une pandémie qui fait réfléchir

Roxanne Lachapelle27 février 20214 min

Pour beaucoup d’étudiant(e)s, la pandémie affaiblit la motivation scolaire et augmente l’anxiété, modifiant la vision qu’ils et elles ont de leur avenir professionnel. Certain(e)s profitent de cette situation pour réfléchir davantage à leur choix de carrière. Ce sont trois des principales conclusions d’un rapport d’Academos, présenté lors d’un webinaire le 16 février dernier.

Les conclusions du rapport sont « préoccupantes », estime le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, qui a travaillé en partenariat avec Academos. 

Entre les 6 et 17 janvier derniers, 3 200 jeunes de 14 à 30 ans ont participé à un sondage pour permettre de comprendre l’impact de la pandémie sur le choix de carrière des étudiants et des étudiantes au Québec.

Un stress grandissant

Le rapport dévoile que la pandémie est une source montante de stress pour 42% des étudiant(e)s interrogé(e)s. En effet, 44% des répondant(e)s disent être « inquiets face à leur avenir professionnel en raison de la pandémie ». 

L’étudiante en enseignement de l’art dramatique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Flavie Boivin-Côté explique que son choix de carrière « est quelque chose qui [l’]a longtemps angoissée […] et que la COVID a ajouté une source de stress supplémentaire ».

C’est également le cas pour l’étudiante à la majeure en communication Benedicte Elibert, pour qui les changements amenés par la COVID-19 sont stressants : « On n’a plus le même mode de vie, il faut s’adapter aux cours en ligne. »

La crainte que leur diplôme ait moins de valeur aux yeux des employeurs et des employeuses, en raison du coronavirus, est présente chez 40% des répondants et des répondantes. Toutefois, la vice-présidente du Réseau québécois pour la réussite scolaire (RQRE), Ariane Cyr, invite à ce que, collectivement, on rejette cette fausse croyance : « On ne peut pas permettre que les jeunes aient cette perception. […] Je ne crois pas qu’on veuille se passer de ces jeunes-là, de ces talents, qui ont vécu des expériences qu’aucune autre génération n’a vécues », dit-elle avec conviction, rappelant la pénurie et la rareté de main-d’œuvre dont il était question avant la pandémie et ce, dans plusieurs domaines partout au Québec.

La motivation des étudiants et des étudiantes a aussi été chamboulée par les nombreux confinements : la moyenne de leur motivation se situe à 5,8/10, alors qu’elle atteignait 7/10 avant la pandémie. La vice-présidente du RQRE décrit la motivation comme étant « trois besoins à combler : le sentiment d’appartenance, de compétence et d’autonomie ». Au niveau scolaire, depuis le début de la pandémie, les jeunes ont principalement souffert quant à leur besoin d’appartenance, ce qui peut en grande partie expliquer la baisse de motivation, explique Mme Cyr.

L’orientation comme solution

Si la pandémie a amené un grand nombre de difficultés pour les jeunes, elle a aussi permis à 52% d’entre eux de réfléchir davantage à leur orientation scolaire et professionnelle, conclut le rapport. 

Pour Flavie Boivin-Côté, qui a changé plusieurs fois de programme au cours de ses études postsecondaires, le confinement lui a permis de prendre un temps pour réfléchir à sa décision. « On a passé beaucoup de temps avec nous-même, avec nos pensées, et pour beaucoup de personnes ça a été un moment pour se demander “qu’est ce que je veux faire dans la vie?” », explique-t-elle. L’étudiante a profité de la pandémie pour reconsidérer son choix de programme et changer de direction de parcours à la session prochaine. 

Pour pallier ces différentes sources de stress et aider à avoir un regard plus éclairé sur son choix de carrière, la présidente-fondatrice d’Academos Catherine Légaré rappelle l’importance des conseillers en orientation. « Ce n’est pas un constat d’échec de consulter un conseiller d’orientation. Parfois, on peut être arrivé au bout de ce qu’on peut faire soi-même », renchérit la présidente de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec, Josée Landry.

Benedicte Elibert a elle-même consulté un conseiller, et en recommande l’expérience. « Les conseils [que j’ai eus en orientation] m’ont vraiment donné le petit boost dont j’avais besoin », témoigne-t-elle.

Academos est un organisme à but non lucratif qui aide les personnes de 14 à 30 ans à trouver le milieu de travail de leur rêve en leur permettant d’entretenir un dialogue avec des milliers de professionnels par une application gratuite. « Chaque année, on accompagne plus de vingt mille jeunes dans la préparation de leur avenir professionnel », indique la présidente-fondatrice, Catherine Légaré.

Photo tirée de la page Facebook d’Academos

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