UQAML’UQAM lutte contre les violences à caractère sexuel

Cheyenne Ogoyard19 février 20214 min

Le 2 février dernier, l’UQAM lançait une vidéo obligatoire de 18 minutes intitulée « Ensemble pour contrer la banalisation des violences à caractère sexuel », dans le but de lutter contre les violences à caractère sexuel (VACS) dans le milieu universitaire et d’assurer la sécurité pour les communautés étudiante et professorale. 

La nouvelle capsule, deuxième d’une série de formations annuelles, a été pensée et conçue par le Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement (BIPH) de l’UQAM, en collaboration avec son homologue de l’École de technologie supérieure (ETS), tous deux membres du Réseau de l’Université du Québec (UQ).  

Basée sur des témoignages dits « fictifs », la vidéo présente des témoignages inspirés de dossiers déjà traités au BIPH et couverts par la Politique 16 de l’Université, explique la conseillère au BIPH, Isabel Fortin. Cette formation fait partie d’une stratégie de prévention plus large, comprenant « des campagnes, un plan de communication, des activités de formation, des ateliers, des programmes et des évènements portant sur un éventail de sujets liés au sexisme et aux violences à caractère sexuel », précise la directrice des relations de presse de l’UQAM, Jenny Desrochers. 

Trois axes pour comprendre les VACS

La trame de la vidéo suit trois axes, soit les témoins de la situation, les victimes potentielles et les personnes qui risquent de commettre ces violences, souligne Isabel Fortin. « On trouvait important que ce soit la même personne [qui occupe successivement chacun des rôles], surtout dans les formes qui sont davantage banalisées. On ne voulait pas créer de dichotomie mais plutôt créer quelque chose de plus rassembleur », continue-t-elle. 

C’est même « une grande réussite » pour une étudiante au baccalauréat en études littéraires, qui a préféré garder l’anonymat. « Cela fait en sorte que la personne pour qui on a compati quelques minutes plus tôt, alors qu’elle était victime, on peut continuer à comprendre son malaise lorsqu’elle découvre qu’elle a peut-être fait vivre une situation semblable à quelqu’un elle-même sans s’en rendre compte », souligne l’étudiante.

Jules, étudiant au baccalauréat en informatique et génie logiciel, est également de cet avis. « J’ai trouvé pertinent, touchant ou choquant chacun des témoignages. Dans l’ensemble un “rollercoaster” d’émotions assez condensées », ajoute-il. 

Et c’est plutôt une réussite 

Isabel Fortin explique que le message de cette seconde vidéo est différent de celui de la première, présentée en novembre 2019. Si la précédente revenait sur des concepts et des idées de base, « là on voulait favoriser une réflexion, aller chercher le vécu émotif et que les personnes puissent se sentir concernées  », précise-t-elle. 

Pour l’étudiante en études littéraires, c’est chose faite puisqu’elle a décidé d’agir lors d’une situation dont elle a été témoin au travail. Jules s’est lui aussi posé la question : « Dans mon passé, combien de fois une situation de ce genre a dû arriver à proximité de moi et est-ce que j’aurais pu faire quelque chose? Sûrement », avoue-t-il. 

Si, dans l’ensemble, cette deuxième capsule a suscité des réactions très positives, ce que confirme le BIPH, elle n’a pas atteint tout le monde. Roxanne Guillemette, étudiante en relations publiques et Flavie Lambert, étudiante en administration, n’ont pas vu ces vidéos. « Je ne l’ai pas écoutée surtout par manque de temps, mais aussi parce que c’est un sujet dont je parle déjà beaucoup, donc disons que je suis déjà sensibilisée par le sujet », explique Flavie. Si elle apprécie l’initiative, elle doute cependant de l’efficacité de ces vidéos. 

Roxanne Guillemette se considère également éduquée sur le sujet, mais l’origine de son abstention est tout autre. « C’était surtout un test pour voir ce qui se passe si on ne veut pas regarder la vidéo. Personne n’est venu [me le rappeler]. C’est facile à éviter », admet-elle. Elle ajoute toutefois : « Pour avoir les yeux encore fermés aujourd’hui, c’est qu’il y a une mauvaise volonté. » Les personnes interrogées sont toutes d’accord pour dire que c’est une bonne idée et que c’est nécessaire, mais qu’il faudrait aller plus loin encore. 

Le BIPH affirme d’ailleurs avoir reçu beaucoup de commentaires positifs à la suite de la publication de cette deuxième capsule. Certains témoignent de l’impact qu’a eu la vidéo sur des personnes se sentant concernées et qui ont décidé de s’excuser pour des comportements ou des propos qu’ils auraient tenus dans le passé. 

Si les objectifs de cette formation semblent donc atteints pour Isabel Fortin, elle ajoute que ce n’est pas la dernière et que le Comité permanent travaille déjà sur les sujets à aborder pour la prochaine vidéo-formation.

Visionner la formation ici : https://uqam.ca.panopto.com/Panopto/Pages/Viewer.aspx?id=6534a95c-3a24-4f23-950a-ac9201671b41&fbclid=IwAR2qpPry1XegAryFUGWt7SpI8H_CJAnPUZnQzi5yk-5tzyvw5w_czWL48dk

Photo tirée de la vidéo

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