SociétéNOLU : une application de rencontres inclusive

Vincent Orellana-Pepin27 novembre 20204 min

NOLU est un acronyme pour « No One Left Unloved ». C’est également une application de rencontres pour les gens vivant avec un handicap. L’équipe derrière ce projet croit que tous et toutes ont droit à l’amour, et qu’ils et elles devraient pouvoir y parvenir dans un espace sûr qui leur est adapté.

La cofondatrice et présidente de NOLU, Catherine Dumas, confie que l’idée derrière sa création est en fait l’expérience personnelle de son cofondateur, François Rochon, qui souffre de sclérose en plaques. « Lorsqu’il mentionnait sa condition sur des sites de rencontres, il ne recevait pas de réponses, et lorsqu’il la cachait, il y avait toujours de la déception quand son handicap était inévitablement révélé », explique-t-elle. 

Ce type d’interactions cause souvent de la frustration chez les personnes affectées par un handicap et les pousse à abandonner les réseaux de rencontres grand public, selon Mme Dumas.  Elle affirme qu’ils et elles « se tournent alors vers la solitude ». L’entrepreneure voulait remédier à cette situation en offrant une plateforme sécuritaire et inclusive pour une communauté souvent oubliée. 

L’amour de soi, puis l’amour d’autrui

Pierre Ouellette est devenu paraplégique à la suite d’un accident de motocross. Il est un nouvel utilisateur de NOLU. Ce dernier considère que sa communauté mérite autant la chance de trouver l’amour que toute autre personne. Il croit également qu’une personne affectée par un handicap qui cherche l’amour a d’abord une étape importante à franchir. « Puisque les personnes comme moi doivent d’abord apprendre à [s’]aimer [soi]-même, avec notre handicap, nous sommes dotés d’une plus grande capacité d’amour envers les autres », affirme-t-il. 

Ce cheminement interne vers l’acceptation, M. Ouellet l’a réalisé lors de sa réadaptation. Il en est venu à faire la paix avec sa paralysie. « J’ai compris qui j’étais vraiment et ce dont j’étais capable. J’ai réalisé d’autres façons d’apprendre à aimer la vie, choses dont j’étais totalement ignorant avant mon accident », affirme-t-il. Ce dernier est reconnaissant envers l’application pour l’aide qu’elle lui a procurée dans sa recherche de l’amour. Il a confiance en le processus et n’a aucun doute qu’il fonctionnera pour tous ceux et celles qui l’entreprendront.

Célébration d’une communauté diverse

Catherine Dumas entend les critiques qui clament que la création d’un espace exclusif aux personnes affectées par des handicaps ne servirait qu’à les marginaliser davantage au sein de la société. Elle ne s’en inquiète toutefois pas. « Puisque nous sommes ouverts au grand public également, je ne crains pas la ghettoïsation de la communauté que nous desservons », déclare-t-elle. 

Elle ajoute même que son application est plus inclusive puisqu’elle regroupe ses utilisateurs et ses utilisatrices au sein d’une grande communauté au lieu de les séparer selon leurs handicaps. « Nous voulons ouvrir les barrières et décloisonner les gens qui sont en situation de handicap. Nous voulons unir la différence », raconte-t-elle. 

Ce qui différencie NOLU de ses compétiteurs est la présence de professionnels et de professionnelles disponibles pour des visioconférences sur la plateforme. Ces intervenants et ces intervenantes, qui peuvent être des sexologues, des thérapeutes ou des « matchmakers », ont pour rôle d’accompagner les membres dans les relations qu’ils et elles développent, de répondre aux questions qu’ils et elles pourraient avoir et d’ainsi augmenter leur confort sur l’application. « Ces professionnels agissent comme garde-fous pour permettre que les rencontres se fassent le plus respectueusement possible », mentionne la fondatrice de l’application. 

Pierre Ouellet a eu quelques expériences avec « regards déplacés et des gens vraiment mal à l’aise » avec son handicap. Il est heureux que NOLU ait créé un espace où les gens dans sa situation n’ont plus à craindre le jugement ou à avoir peur de ne pas être acceptés.

Une cause personnelle

En plus d’avoir été inspirée par son collègue, Catherine Dumas a également créé NOLU pour les personnes comme son père, qui avait un handicap physique.  « [Mon père] a eu la poliomyélite quand il était jeune et il a dû réapprendre à marcher. C’était un homme d’une force de caractère exceptionnelle. Vivre avec cet homme là, ce n’était pas vivre avec un invalide, mais au contraire c’était vivre avec un homme plus grand que nature », partage-t-elle. 

C’est cette fibre sensible qui la pousse à aider les personnes vivant avec un handicap à essayer de trouver l’amour. Elle veut s’assurer que tous les membres de cette communauté se sentent aussi confiant(e)s que son père et qu’ils et elles puissent tous et toutes, de leur façon, vivre une vie plus grande que nature.

Photo fournie par NOLU

 

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