UQAMLes parents étudiant(es) de l’UQAM en mode survie

Avatar Vincent Orellana-Pepin22 octobre 20205 min

La pandémie de la COVID-19 a renversé le monde des parents étudiant(e)s inscrit(e)s à l’UQAM, qui représentent un quart de sa population étudiante. Les circonstances tumultueuses s’accumulent et provoquent une collision des mondes scolaire et ménager devenus difficiles à concilier. 

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« Le confinement imposé en mars a tout changé pour nos membres, mais l’espoir était que les choses reviennent rapidement à la normale », affirme la coordonnatrice au Comité de soutien aux parents étudiants de l’UQAM (CSPE), Annie Noël Tilly. Cette dernière note que plusieurs parents sentent que l’UQAM ne fait pas une priorité de leur bon cheminement scolaire, et ce à tous les niveaux. 

L’UQAM a vu une importante augmentation du nombre de demandes d’accommodement depuis le début de la pandémie. L’inquiétude est palpable chez les parents qui demandent la possibilité que leurs cours soient notés uniquement par un succès ou un échec. « En ce qui concerne ces demandes, l’UQAM se montre prête à s’adapter aux besoins de ses parents étudiants », déclare Mme Tilly.

La coordinatrice du CSPE ajoute que la plupart des membres qu’elle représente ont été grandement affectés par les circonstances accablantes des derniers mois et qu’ils sont en mode survie depuis le début de l’année.

Accommodements pressants

Annie Noël Tilly constate que le corps professoral de l’université s’est montré, dans certains cas, plus réticent à accepter les demandes qui lui ont été faites. « Plusieurs enseignants refusent toujours d’enregistrer les séances magistrales et d’ensuite les mettre en ligne. Malgré les circonstances encombrantes et le fait qu’ils pourraient aisément faciliter l’apprentissage pour les parents étudiants, certains professeurs ne sont pas prêts à changer leurs façons de faire », indique-t-elle.

Mme Tilly donne comme exemple le cas d’une étudiante, mère d’un jeune enfant, aux prises avec un enseignant(e) qui fixe toujours ses examens durant la dernière heure de cours, soit de 20h à 21h. Ce moment coïncide nécessairement avec l’heure de coucher de son enfant et rend la tâche de compléter l’examen plus ardue qu’elle ne devrait l’être.

« Cette situation est malheureuse et se produit plus souvent qu’on le pense. Ces circonstances font en sorte que les parents se sentent incapables de faire adéquatement plusieurs choses en même temps. Ils sont déchirés entre des tâches incompatibles », explique Mme Tilly.

Incertitude en CPE

Le Centre pour la petite enfance (CPE) Tortue Têtue, qui est affilié à l’UQAM et est également une initiative du CSPE, navigue dans ces temps incertains non sans difficulté. Sa co-directrice générale, Mylène Théroux, affirme que le plus gros changement dans les centres de garde est au niveau du roulement des enfants et de la flexibilité offerte aux parents. « Nous prenons au sérieux notre mission d’aider le plus possible les parents que nous desservons », mentionne-t-elle.

Que ce soit en offrant des demi-journées ou en s’adaptant aux horaires cahoteux des parents, le CPE Tortue Têtue assure mettre les besoins de sa clientèle avant toute chose. Mme Théroux comprend également la réticence de certains parents à avoir recours à leurs services. « Plusieurs parents sont frileux à l’idée de garder leurs enfants en CPE à temps plein. C’est un doute qu’ils ont au niveau de la sécurité [sanitaire]», affirme Mme Théroux avant de se faire rassurante.

Elle explique que le CPE a mis en place un « système de bulles » pour réduire les risques de transmission. Elle mentionne aussi la présence d’une responsable qui s’occupe de la désinfection constante de tous les locaux. 

Deux milieux incompatibles

L’étudiante de première année à la maîtrise à l’UQAM Mélodie Jetté explique que le plus grand inconvénient à l’apprentissage en temps de pandémie est l’organisation de l’espace. Elle vit avec sa fille de 16 ans qui débute son secondaire 5 et son conjoint également étudiant à la maîtrise. « La plus grande difficulté pour nous est de trouver des endroits dans l’appartement pour chaque tâche. Il n’y a pas de coupure entre l’université et la maison et ça rend les choses très faciles à mêler. Je ne suis pas capable de trouver un endroit juste pour l’école », raconte-t-elle.

Elle souligne que ces deux mondes incompatibles se mélangent pour créer un environnement inadapté. « Quand je me dédie à l’école c’est comme si j’avais des facultés affaiblies. Je tire de la patte et j’ai l’impression d’avoir un filtre qui m’empêche de vraiment me concentrer. »

Mélodie Jetté croit fermement que l’UQAM pourrait en faire plus pour aider les parents qui se retrouvent dans la même situation. « Souvent, je culpabilise quand je demande un accommodement à l’université. L’UQAM fait en sorte que j’ai l’impression d’aller quêter un privilège, mais un privilège dont j’ai grandement besoin à cause de circonstances qui sont hors de mon contrôle », témoigne-t-elle. 

Le plus grand point d’accroche entre les parents étudiant(e)s et l’UQAM est la question des semaines de lecture, un problème qui persiste depuis des années. L’idéal pour les parents serait que la semaine de lecture coïncide avec la semaine de relâche de leur(s) enfant(s). Malheureusement cette occurrence ne se produit que très rarement. C’est un problème qu’ont tenté de régler de parents étudiant(e)s depuis une dizaine d’années, mais les résultats concrets se font toujours attendre. 

« C’est quasiment insultant le dossier des semaines de relâche. Il serait tellement facile de les faire coïncider à tous les ans.  On a l’impression que l’UQAM nous dit “Tu as voulu être aux études, alors débrouille-toi.” », affirme Mélodie Jetté.

Elle continue en mentionnant qu’une pétition du CSPE envers l’UQAM concernant les semaines de lecture a été mise en ligne. Les parents étudiant(e)s de l’UQAM unissent ainsi leurs voix pour exiger que l’université organise ses semaines de lecture pour qu’elles coïncident avec les semaines de relâche au primaire et au secondaire.

Mention photo François-Alexis Favreau | Montréal Campus

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