CultureLe rire étudiant toujours en confinement

Avatar Lauriane Lalonde9 septembre 20205 min

C’est ailleurs qu’aux mardis Merci la vie, soirées d’humour se tenant au Département Bar & Bouffe, que les étudiants et les étudiantes de l’UQAM devront s’abreuver en blagues et rigolades lors de la session d’automne, l’ouverture du bar ayant été compromise par la pandémie.

Antidote 10

La direction de l’UQAM a confirmé au Montréal Campus que les services alimentaires de l’université ne seront disponibles que par commande en ligne pour le trimestre prochain. Les activités du Département Bar & Bouffe sont ainsi suspendues pour une durée indéterminée.

Impossible de savoir si ces rendez-vous uqamiens qu’étaient les mardis Merci la vie reverront le jour lorsque la COVID-19 aura tiré sa révérence, comme l’explique l’un des humoristes organisant cet événement depuis 4 ans, Colin Boudrias. « Je ne suis même pas certain que la soirée va revenir à la forme d’avant, même si c’est l’année prochaine. Peut-être que nous serons rendus ailleurs », émet l’animateur de ces soirées humoristiques.

Les services alimentaires de l’UQAM ont informé M. Boudrias que la salle Boréale du Département ne serait plus accessible pour le moment, dans la foulée de la fermeture de maints services et commerces de l’université qui a eu lieu au printemps dernier. « Je pense que nous n’étions pas leur priorité et je les comprends, il devait y avoir beaucoup de choses à gérer », accorde l’animateur. « On leur garantissait une quarantaine de personnes de plus dans le bar les mardis, mais c’était leur seul avantage », calcule-t-il.

Quand la saveur uqamienne écope

Pour les étudiants et les étudiantes, cette soirée représentait un accès abordable à l’humour québécois en salle, avec un coût de 5$ par entrée. S’étant adonné pendant plusieurs années à la science politique entre les murs de l’UQAM, l’ancien étudiant Geru Schneider avoue avoir manqué très peu de ces soirées d’humour. Il explique que le faible coût d’entrée et son horaire adapté à la réalité étudiante en faisaient un indispensable pour la population de l’UQAM. « Ça commence à 9h05, dès qu’il n’y a plus de cours. […] Tu peux décider quelques heures à l’avance de venir à la soirée, tu t’installes avec ta petite boréale au spectacle, et après tu es rassasié », décrit-il.

« C’était une soirée qui se voulait très progressiste, dans l’acceptation et dans la remise en question », se rappelle l’humoriste Sam Boisvert, qui a monté sur la scène Boréale à plusieurs reprises dans le cadre des mardis Merci la vie. « C’était un peu le seul endroit où on avait cette ambiance, où on arrivait là et on pouvait parler des choses plus importantes et que les gens allaient aimer ça », regrette-t-il, soulignant l’importance de la communauté universitaire dans la prise du pouls de l’actualité québécoise.

Difficile d’imaginer l’éventualité d’une prochaine soirée d’humour destinée aux étudiants et aux étudiantes de l’UQAM en temps de pandémie, selon Colin Boudrias. « Les shows qui vont continuer à avoir lieu avec un public se déplaçant vont probablement essayer de ratisser le plus large possible et ne pas cibler juste un public étudiant, parce que ça va être trop difficile d’aller rejoindre assez de gens », souligne-t-il. Les étudiants et les étudiantes de l’UQAM devront alors se plier aux prix des plus grandes salles et aux thèmes plus grand public qui risquent de leur être offerts.

Maintenir l’industrie à coups de parcs et de plexiglas

Depuis le début de la pandémie, l’industrie du rire québécoise se réoriente pour offrir du divertissement aux Québécois et aux Québécoises. « Pendant l’été, dès que les rassemblements extérieurs ont été permis, on a commencé à faire des spectacles gratuits dans les parcs », explique M. Boudrias, qui, avec son acolyte Mathieu Chiasson, gère depuis plusieurs semaines trois de ces soirées d’humour.

Cette nouvelle formule n’est pas infaillible avec l’automne qui grignote déjà l’été, comme l’explique M. Boudrias. « Beaucoup d’événements extérieurs vont sûrement disparaître [prochainement] à cause du froid et du soleil qui se couche plus tôt », avance-t-il.

Certaines salles de spectacle prennent des mesures pour offrir des soirées sécuritaires, en munissant le public et les artistes de plexiglas par exemple. Même si cette alternative résiste aux intempéries, certaines lacunes demeurent. « Les gens sont distancés les uns des autres, c’est donc plus dur d’avoir une symbiose qui se créée », constate Sam Boisvert, qui jouera prochainement son spectacle solo en salle, non sans crainte.

« Je me sentirais tellement mal de faire mon spectacle à l’hiver et d’apprendre que quelqu’un y attraperait le virus. J’aurais l’impression que ce serait ma faute », confie-t-il. Pour le moment, il admet profiter pleinement de ses opportunités de jouer sur scène et dans les parcs, « parce qu’on ne sait pas combien de temps ça va durer ».

Crédit photo Lauren Saucier | Montréal Campus

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