SociétéL’épargne au temps des études supérieures

Avatar Claudine Giroux24 février 20204 min

Au moment de l’année où les banques font des pieds et des mains pour convaincre leur clientèle d’investir le plus rapidement possible, plusieurs consommateurs et consommatrices sont encore bien perplexes face à la grande offre de régimes d’épargne, un enjeu encore plus réel au sein de la population étudiante.

Il est facile de se perdre au travers des acronymes et du charabia financier. Entre un compte épargne libre d’impôt (CELI), un régime enregistré d’épargne retraite (REER) et et un régime enregistré d’épargne étude (REEE), il existe plusieurs différences qui ne sont pas toujours bien assimilées. 

Le chargé de clientèle à la succursale Desjardins 360d de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Guillaume Levitre affirme qu’il n’est pas rare de rencontrer des étudiants et des étudiantes qui ont fait de mauvais choix d’épargne, faute de compréhension. Par exemple, le REER n’est pas le véhicule de placement le plus approprié pour une personne aux études à temps plein. 

En revanche, un CELI peut très bien faire l’affaire. L’important, avant de commencer à épargner, c’est de comprendre les différents régimes d’épargne offerts, et lesquels sont les plus pertinents selon sa situation financière, selon M. Levitre. 

« Dans le cas du compte épargne libre d’impôt (CELI), ça s’apparente à un compte épargne, à la différence, comme son nom l’indique, que les intérêts du compte ne sont pas imposables, et qu’il ne permet aucune déduction d’impôt », explique la comptable professionnelle agréée et fondatrice du cabinet comptable Activ services comptable et fiscaux Luce Morin. Pour le REER, c’est différent. « Le montant investi dans un REER est déduit du revenu imposable. Par contre, au moment d’un retrait d’un REER, le montant sera imposable », ajoute-t-elle.

« Un REER, c’est un régime orienté sur le long terme, et lorsqu’on est aux études, on a souvent besoin de toucher de l’argent rapidement. Par contre, si l’argent retiré d’un REER pour acheter une propriété, le montant ne sera pas imposé », complète Guillaume Levitre.

Le REEE, quant à lui, fait bande à part, étant inutile pour quelqu’un déjà aux études. « C’est pour ton enfant ou ton petit-enfant. Il est impossible de créer un REEE pour soi-même », affirme Mme Morin. 

Des étudiants qui épargnent

L’étudiant au baccalauréat en sciences politiques de l’Université de Montréal Bruno Morin   possède deux comptes REER. Ce qui l’a poussé à investir de la sorte, c’est d’abord l’avantage de pouvoir réduire son revenu annuel imposable et de pouvoir se mettre de l’argent de côté dans le but de s’acheter une propriété. « Je trouve aussi important de prévoir, déjà à mon âge, ma retraite, car notre génération devra certainement travailler plus longtemps que la précédente », précise l’étudiant. 

Pour sa part, l’étudiant en activité physique à l’Université d’Ottawa Rodrigue Domingo-Bah a choisi d’épargner avec un CELI et un REER. Il affirme avoir été conscientisé à l’épargne lors d’un cours de finances personnelles au secondaire.

M. Domingo-Bah a décidé d’opter pour le CELI, puisqu’il lui permet d’épargner sans être imposé. « Au niveau du REER, c’est vraiment parce que c’était avantageux pour moi pour l’achat éventuel de ma première maison », précise-t-il. 

Une période de l’année pour épargner?

Qu’elles soient dans le métro, l’autobus, les rues ou même dans les écrans, impossible de ne pas remarquer ces publicités qui incitent à investir. Au retour des Fêtes, elles pullulent dans l’espace médiatique et il devient difficile de s’en sauver. Selon Luce Morin,  il s’agit surtout d’une technique de marketing. 

Les banques poussent leurs clients à investir, puisque la date limite pour percevoir des déductions fiscales sur la dernière année financière est le 28 février de l’année suivante. Elle compare cette stratégie avec Noël. « On a toute l’année pour acheter des cadeaux de Noël, même si tout le monde les achète en décembre, dit-elle. C’est la même chose avec l’épargne. Il est possible d’investir toute l’année, mais les gens attendent à la dernière minute. »

Photo William d’Avignon | MONTRÉAL CAMPUS

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