UQAMAvenir incertain pour le programme d’ECR de l’UQAM

Avatar Catherine Bérubé11 février 20204 min

Le programme d’enseignement de l’éthique et culture religieuse de l’UQAM fait face à un projet de réforme majeur présenté par le gouvernement du Québec : l’abolition du volet religieux, partie intégrante du baccalauréat, compromet la formation des étudiants et des étudiantes. 

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Les responsables du programme s’apprêtent à déposer un mémoire sur le sujet dans le cadre de la consultation publique tenue par le gouvernement. La vice-doyenne de la faculté des sciences humaines et responsable du dossier à l’UQAM, Dominique Marquis, explique que le mémoire visera à « faire valoir que la formation en éthique et culture religieuse correspond à un besoin de la société québécoise » et que le personnel de l’UQAM souhaite « donner une orientation à cette réforme ».

Dominique Marquis affirme que l’établissement est prêt à faire face à la situation : « À l’UQAM, on a toujours été assez rapide à réagir, à s’ajuster, à répondre aux nouvelles exigences tout en gardant un peu le coeur de cette formation-là. » La vice-doyenne mentionne aussi qu’il ne s’agit pas de la première réforme à laquelle le programme est confronté. 

Selon Mme Marquis, les responsables du baccalauréat se sont rencontrés le mardi 28 janvier afin de discuter des mesures à prendre. Elle soutient qu’il est essentiel que les enseignants et les enseignantes au secondaire soient en mesure d’outiller les élèves face à la diversité religieuse au Québec.

Quel avenir pour les étudiants du BAC?

L’enseignante spécialisée en éducation et en éthique et culture religieuse Chantal Bertrand affirme que les étudiants et les étudiantes en 3e et 4e année du baccalauréat en enseignement primaire ou secondaire de l’ECR ont une bonne posture, car « ils vont arriver sur le marché du travail, vont enseigner un an ou deux et vont prendre le train en même temps que les enseignants et les enseignantes qui sont déjà en fonction ». 

Certaines craintes se manifestent tout de même chez les étudiants et les étudiantes : « le problème, c’est qu’on ne sait pas trop où ça va se diriger », explique Pascal Poulin-Langlois qui est actuellement en troisième année du baccalauréat en enseignement de l’ECR. « On trouve ça dommage qu’on n’enseignera pas le programme qu’on a passé quatre ans à étudier », ajoute-t-il.

Pascal Poulin-Langlois craint aussi de ne pas être suffisamment bien formé pour bien enseigner le nouveau programme. À l’instauration du programme en 2008, l’une des principales critiques était que les enseignants n’avaient pas eu assez de formations et de temps pour intégrer les connaissances nécessaires. « On semble répéter les mêmes erreurs », note-t-il. 

Pour ce qui est des étudiants et des étudiantes qui débutent leur parcours, Chantal Bertrand explique être « déjà en train de faire des modifications dans leur cursus pour leur donner la meilleure formation possible ». Par exemple, le cours de didactique de l’éducation sexuelle pourrait être offert aux étudiants et aux étudiantes puisqu’il s’agit de l’un des thèmes proposés par le gouvernement. 

À plus petite échelle, Mme Bertrand raconte que les enseignants et les enseignantes ajustent déjà certains de leurs cours afin d’assurer que ceux-ci demeurent pertinents malgré la réforme en profondeur du programme.

Validité du diplôme

Mme Bertrand et son collègue Denis Watters, coordonateur de la création du cours d’éthique et culture religieuse en 2008, tiennent à rassurer les étudiants et les étudiantes par rapport à la validité de leur diplôme. « Traditionnellement, notre diplôme, c’est comme si c’était le diplôme en développement de la personne, et ce, peu importe le nom du programme », explique Mme Bertrand.

En ce sens, les étudiants et les étudiantes obtiendront leur brevet d’enseignement en même temps que leur diplôme. Dans le contexte de la pénurie d’enseignants, il ne s’agit donc pas d’une inquiétude majeure pour les diplômé(e)s, selon M. Poulin-Langlois.

Un programme qui n’en est pas à sa première zone de turbulence

Le corps enseignants ainsi que les étudiants et les étudiantes de l’UQAM s’entendent sur le fait que le domaine de l’éthique et la culture religieuse présentent un certain historique de résilience compte tenu des menaces qui sont plutôt récurrentes face à l’avenir du programme. « Ces programmes-là font l’objet d’une révision qui est périodique », explique M. Watters. 

Mme Bertrand tient à encourager les futur(e)s étudiants et étudiantes à s’inscrire en enseignement de l’ECR malgré l’incertitude qui règne présentement. « Ça reste à confirmer, mais on aimerait ça pouvoir dès maintenant donner un autre titre au programme et prolonger la période d’inscription », mentionne-t-elle. 

Elle explique aussi que le département des sciences de la religion de l’UQAM ne forme pas seulement de futurs enseignants d’ECR, ainsi la tenue des cours n’est pas menacée. Elle admet tout de même que les décisions du gouvernement pourraient avoir un certain impact sur le nombre d’inscriptions.

La fin des consultations publiques est prévue pour la fin du mois de février, et la réforme devrait être appliquée dès l’année scolaire 2022-2023.

Photo FLORIAN CRUZILLE MONTRÉAL CAMPUS

Un commentaire

  • Avatar
    Maude Gauthier

    11 février 2020 at 14:08

    Article très intéressant et qui éclaire bien cette nouvelle réalité à laquelle font face les étudiants et responsables du programme!

    La

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