UQAMLes bras de Morphée… à l’université

Avatar Mathieu Valiquette10 février 20204 min

Des experts et des expertes proposent d’installer des aires de relaxation sur les campus universitaires afin de permettre aux étudiants et aux étudiantes de rattraper leurs heures de sommeil en leur offrant un espace réservé à la détente.

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L’adulte moyen(ne) devrait dormir entre sept et neuf heures chaque jour, mais de nombreuses études ont démontré qu’une fraction importante des universitaires ne respectent pas cette condition, ce qui affecte leurs notes, mais aussi leur capacité à fonctionner correctement dans le cadre académique.

Le kinésiologue et responsable du projet Communauté Bien-Être Nicolas Bergeron souligne l’importance d’offrir ces services sur les campus. « Communauté Bien-Ȇtre est un regroupement étudiant de l’Université de Montréal qui a lancé le projet de salles de sieste et de relaxation […] suite à une enquête réalisée sur la santé psychologique des étudiants. »

M. Bergeron travaille sur le projet Communauté Bien-Ȇtre depuis plusieurs années déjà et il n’en est pas à sa première tentative d’obtenir une zone de relaxation à l’université. 

 

« Ça fait depuis un certain temps que l’existence d’un projet comme le nôtre est mentionnée comme étant un besoin, mais l’argument du manque d’espace a toujours été mis de l’avant. »


Sa deuxième tentative en cours risque de porter fruit éventuellement. « La construction du nouveau campus à l’Université de Montréal cause le déménagement de plusieurs départements, nous donnant possiblement l’opportunité de réserver un local dédié à la relaxation à l’école. »

Dans le futur, M. Bergeron espère avoir la chance de collaborer avec d’autres écoles qui pourraient bénéficier de l’initiative lancée par la Communauté Bien-Ȇtre, incluant l’UQAM.

Méditer pour être plus attentif

L’UQAM, qui ne possède pas de local de relaxation, mise sur des activités de méditations offertes au centre sportif afin d’aider ses étudiants et ses étudiantes au niveau psychologique. L’enseignant au département d’éducation et de pédagogie de l’UQAM Simon Grégoire affirme que la méditation peut permettre aux étudiants de prendre contact avec leur psyché. « La méditation sert à permettre aux gens de stopper les rouages de leur train quotidien, et de “revenir à la maison” d’une certaine manière. Ça permet de prendre contact avec notre corps, notre respiration et notre esprit », dit-il.

M. Grégoire insiste sur la distinction entre relaxation et méditation, même si ces deux disciplines partagent certains bénéfices. « La méditation est la façon la plus utilisée pour atteindre un état de présence attentive, aussi appelée pleine conscience ou mindfulness. Cet état d’esprit cherche à mener les gens à porter davantage d’attention à leurs pensées, sens et émotions, d’être plus conscient de ce qui les entoure », explique le professeur en pédagogie . 

Des recherches récemment menées par le groupe d’intervention sur la présence attentive (GRIPA) montrent que la présence attentive a une incidence positive sur la performance scolaire des étudiants et des étudiantes. 

Il serait idéal de combiner relaxation, méditation et présence attentive pour obtenir un meilleur bien-être mental, selon M. Grégoire.

« Soyons clairs : la méditation est un moyen parmi d’autres. Ce n’est pas une solution miracle qui permet de réduire le stress », affirme-t-il.

Le sommeil, meilleur ami des étudiants et des étudiantes

L’étudiante au doctorat en neurosciences et spécialiste du sommeil Maria Neus Ballester Roig souligne l’importance de privilégier nos heures passées au pays des rêves. 

« Dormir assure d’une part la bonne santé du système immunitaire et cardiovasculaire, et d’une autre part la santé psychologique. Par exemple, pour les études, ça permet de maximiser sa concentration en classe pour mieux assimiler la nouvelle matière », explique la doctorante en neuroscience. 

L’existence de salles qui permettent de siester ou relaxer est pertinente, selon Mme Ballester Roig. 

« Il a été prouvé que les siestes de 10 à 30 minutes peuvent aider à augmenter la concentration à long terme, et des salles de repos pourraient donner aux universitaires un environnement pour profiter de ces bienfaits », explique-t-elle.

Il faudrait tout de même s’assurer d’offrir un service permettant de se débarrasser de toute source de préoccupation à l’entrée dans la salle, note l’experte. « Les cellulaires et appareils électroniques sont des sources de stress qui empêchent de récupérer lors d’une sieste ou d’une période de relaxation à cause du flux constant de notifications », explique Mme Ballester Roig. 

Les téléphones cellulaires représentent un problème, car ils rappellent les tâches figurant à l’agenda, demandent de répondre à des courriels et empêchent l’utilisateur ou l’utilisatrice de se déconnecter pour relaxer pleinement.

Peu importe la qualité ou la quantité, Mme Ballester Roig rappelle que le sommeil est toujours bénéfique. « Même si le sommeil diurne est moins récupérateur, la mise en place de salles de relaxation reste très pertinente », assure-t-elle.

Photo WILLIAM DAVIGNON MONTRÉAL CAMPUS

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