CultureMot de Cambronne pour Les Pense-Bonnes

Avatar Camille Avery-Benny27 septembre 20195 min

Elles ne font pas que le penser ; elles sont bonnes. Les jeunes actrices, autrices et amies Karyane Bilodeau, Laetitia Isambert et Myriam Gaboury lanceront le 5 octobre prochain Les Pense-Bonnes, une compagnie de théâtre féministe ancrée dans l’air du temps.

Toutes trois habitées par le théâtre depuis leur jeune âge, les initiatrices du projet Les Pense-Bonnes se sont rencontrées au Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2016. « On s’est rendu compte qu’on travaillait bien ensemble et qu’on avait les mêmes valeurs, alors pourquoi pas fonder une compagnie ? », explique l’aînée du trio Karyane Bilodeau. Ainsi naissait il y a quelques mois Les Pense-Bonnes, une vitrine pour faire rayonner leurs valeurs féministes et inclusives.

« C’est péjoratif être une pense-bonne, mais on est en train de se réapproprier ce mot-là puis se dire qu’on a le droit de se trouver bonnes », affirme Myriam Gaboury. « On encourage les gens à se trouver bons, et surtout les filles, parce qu’on se diminue tellement facilement », ajoute-t-elle. 

Si leurs pièces ne sont pas nécessairement militantes selon elles, Les Pense-Bonnes prônent un « féminisme au sens large » en plus d’inviter aux réflexions intergénérationnelles. Tant pour l’écriture que la mise en scène, la distribution et la technique, le trio réserve aux femmes* 60% des rôles au sein de sa compagnie. 

Le leitmotiv des Pense-Bonnes : « Célébrer notre génération sans la condamner. » « On aborde autant la maladie mentale que tout ce qui est en marge, tabou ou dont on ne parle pas, avance Laetitia Isambert. On essaie d’aborder [ces sujets] d’une façon sensible, sans essayer de trouver de réponses, mais en exposant sans jugement les problématiques. »

De la comédie documentaire au récit dramatique

La première pièce de la compagnie, Le Show Populaire, est une idée originale de Karyane et Myriam. Mettant en scène des personnages autobiographiques joués par les autrices elles-mêmes, cette comédie aux airs de faux documentaire présentera deux jeunes finissantes du Conservatoire recrutées par une secte « style illuminati » qui se retrouveront prises entre leurs rêves et leurs croyances. « C’est juste deux filles complices qui parlent pas de gars », selon Myriam Gaboury.

Cette dernière travaille également sur le second projet de la compagnie aux côtés de Laetitia Isambert. Adaptée du roman Les filles bleues de l’été de Mikella Nicol, la pièce du même nom mettra en scène Myriam et Laetitia dans les rôles de deux jeunes amies troublées qui passeront un été au chalet pour se redécouvrir et être seules. « Elles se retrouvent à un point tel que le retour à la ville devient problématique parce que tout leur semble étranger », raconte Laetitia Isambert, qui laissera à la metteuse ou au metteur en scène la tâche de partager les rôles entre elle et Myriam Gaboury.

Encore au stade de l’écriture, les deux pièces seront les premières de nombreuses initiatives des Pense-Bonnes. « On a vraiment confiance en nos idées. Tout est tellement clair que ça peut juste fonctionner », affirme Karyane, mentionnant notamment leur plan de « faire de la médiation culturelle dans les écoles secondaires ».

Les femmes derrière Les Pense-Bonnes

Récemment diplômées du Conservatoire, Karyane, Laetitia et Myriam ont respectivement 28, 26 et 24 ans et elles travaillent toutes trois à des projets communs comme individuels.

Après un bref passage en histoire de l’art à l’UQAM, Karyane Bilodeau s’est lancée définitivement en théâtre en 2014. Depuis, elle s’adonne au jeu, à l’écriture, à la mise en scène, ainsi qu’à la mise en lecture, notamment dans le cadre des derniers Festival international de la littérature et Festival TransAmériques.

Actrice dans une quotidienne depuis l’adolescence, Laetitia Isambert enchaîne les rôles à télé et au cinéma en plus de se réaliser au théâtre. Son projet L’Anamour : Laetitia chante Hardy, alliant théâtre et musique, est mis en scène par Karyane Bilodeau. « J’aimerais que ça dure toute ma vie, jusqu’à ce que je sois en marchette », exprime-t-elle au sujet de ce spectacle qui connaît du succès depuis plus de deux ans. 

Révélée au grand public en 2018 dans le cadre de la série Les honorables, Myriam Gaboury a elle aussi un talent pour le chant en plus de se passionner pour le jeu et l’écriture. Lors de son passage au Conservatoire, elle et ses futures coadministratrices ont noté la manière dont on enseigne « comment être une femme ». « Ce qu’on nous envoie comme message, c’est qu’il y a une façon d’être une femme, et ça touche nos vies après », confie-t-elle au Montréal Campus.

Reflétant les parcours personnels de ses créatrices, Les Pense-Bonnes se veut un projet en constante évolution, prônant l’écoute et l’ouverture. « On n’est pas des spécialistes, reconnaît Myriam. On vit ça de l’intérieur et culturellement », ajoute-t-elle. « On reste quand même trois petites blanches bien nanties qui correspondent quand même aux standards de beauté et qui ont fait l’école de théâtre », rappelle Karyane Bilodeau avec légèreté.

Le lancement de la compagnie Les Pense-Bonnes, mettant en lecture une partie du Show Populaire, aura lieu le 5 octobre au restaurant Le Coton.

Incluant les personnes trans, queers, non binaires, agenres et genderfluids », selon la mission des Pense-Bonnes

photo: CAMILLE AVERY-BENNY MONTRÉAL CAMPUS



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