CultureEn route vers la finale des 23es Francouvertes

Camille Avery-Benny6 mai 20195 min
https://montrealcampus.ca/wp-content/uploads/2019/05/jesaispas-1280x711.jpg

Seize musiciens, trois groupes et une finale qui s’annonce des plus égayantes : O.G.B, P’tit Belliveau et Les Grosses Coques ainsi qu’Alex Burger se partageront la scène du Club Soda, lundi soir, dans le but d’être couronnés lauréats des 23es Francouvertes. Portrait des trois finalistes.

Ils se sont démarqués en ronde préliminaire et lors des demi-finales. Lundi, ils profiteront de cette ultime expérience aux Francouvertes pour tenter de convaincre le jury, composé de professionnels et de professionnelles de l’industrie, ainsi que le public de leur réserver la plus haute marche du podium.

La machine O.G.B

Les sept membres d’O.G.B n’étaient à l’origine que cinq. Composé de François « Franky Fade » Marceau, Louis « escogrif » René, Vincent « Claude » Bolduc-Boulianne, Samuel « sambé » Brais-Germain et John-Henry « the architect » Angrignon Atkinson, le groupe formé en 2016 au cégep de Saint-Laurent s’adonnait à l’époque au jazz instrumental.

Déjà teintées de hip-hop, les compositions ont plus tard accueilli le flow novice de Franky Fade, fortement encouragé par la formation à se lancer dans le rap. Celui qui commençait tout juste à s’intéresser à des artistes tels que Kendrick Lamar et A Tribe Called Quest a vite fait de trouver sa place comme frontman du groupe.

Se sont ensuite joints Arnaud « ict » Castonguay aux cuivres et Vincent « GreenPiece » Favreau, venu prendre la place de Franky Fade au clavier. « C’est à partir de ce moment-là que le band s’est vraiment formé », explique François Marceau, en entrevue avec le Montréal Campus.

Depuis trois ans, les sept associés de l’entreprise Original Gros Bonnet investissent chaque dollar dans leur projet et se rencontrent régulièrement pour mettre leurs idées en commun et créer. « J’ai l’impression qu’on a raffiné les idées brutes qu’on avait au départ sans perdre l’essence jazz ou multigenre qu’on a », poursuit Franky Fade, aussi connu sous le nom de François Fondu.

Le septet qui s’est maintenu en tête du palmarès lors des deux premières rondes saura-t-il compléter un tour du chapeau, comme l’a fait le groupe hip-hop LaF, lors de la dernière édition du concours ? « Il ne faut pas trop se poser de questions et il faut rester authentiques à ce qu’on a envie de faire », répond le porte-parole des jazzmen, Franky Fade.

P’tit Belliveau au delà des mots

Si P’tit Belliveau arbore ce nom, c’est qu’il y a aussi un « Gros Belliveau », soit son grand-père maternel, à qui il a emprunté son alias. Beatmaker à l’adolescence, puis ensuite rappeur, Jonah Guimond, de son vrai nom, donne aujourd’hui dans le country bluegrass, avec son banjo comme principal allié.  

En tournée, l’auteur-compositeur-interprète s’accompagne des Grosses Coques; un mini-orchestre composé des musiciens Guyaume Boulianne (mandoline), Jacques Blinn (guitare), Normand Pothier (batterie) et Adam Kölztring (basse), tous originaires des Maritimes. De passage à Montréal pour la troisième fois, le Néo-Écossais n’a pas l’habitude de jouer loin de son patelin où « tout le monde se connaît ».

Là où il a grandi, à Baie Sainte-Marie, les gens parlent le français acadjonne. « On a des vieux mots acadiens, on a de l’anglais, but c’est pas du chiac », précise P’tit Belliveau. « Je parle quasiment une langue différente », explique celui qui fait partie des quelque 8 000 personnes qui utilisent l’acadjonne.

« C’est cool de représenter et de préserver [la culture acadjonne], mais je ne veux pas donner l’impression que c’est ce que j’essaie de faire. Je suis un artiste pis c’est de même que je parle », affirme le multi-instrumentiste.

Si le sens de certains termes échappe parfois à l’audience étrangère à ses chansons, P’tit Belliveau ne s’attend pas à ce que son public « s’assoie pour déguster tous les mots. » Ultimement, c’est le plaisir que sa musique entraîne qui compte pour Jonah Guimond. « On veut avoir le fun, on veut danser, on veut sauter », lance le finaliste, prêt pour le spectacle de lundi.

La force tranquille d’Alex Burger

« Je fais juste jouer de la musique », avoue humblement Alexandre Beauregard, qui cache près de quinze ans d’expérience derrière sa ganse de guitare. Originaire de Saint-Césaire, celui connu sous le nom d’Alex Burger partage depuis ses 14 ans sa passion pour la musique avec son ami et collègue Étienne Dupré (que l’on a pu voir auprès de Poulin, cette année, aux Francouvertes).

C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’il a formé Caltâr-Bateau, un sextuor folk actif de 2014 à 2017. « C’est drôle parce que je joue encore avec le même monde », poursuit celui qui se lançait dans la composition d’un premier projet en solo, l’année dernière.

Aux Francouvertes, il est entouré de David Marchand à la basse, d’Eliott Durocher à la guitare et de Mandela Coupal à la batterie. Ces deux derniers ont également fait partie de Caltâr-Bateau, qui a notamment été finaliste lors de la 20e édition du concours en 2016.

Lorsqu’on lui demande s’il a pris le temps de lire les commentaires du public après ses performances aux Francouvertes, Alex Burger répond, simplement : « Non. Je trouvais qu’il y en avait trop. J’ai fait beaucoup de concours cette année. Je suis comme tanné d’entendre ce que le monde pense de la musique », poursuit celui qui vient tout juste de remporter la finale du Cabaret Festif! de la Relève.

C’est avec le même détachement, mais aussi beaucoup de passion, qu’Alex Burger prendra d’assaut les planches du Club Soda, lundi. « Ça va être simple », prévient celui qui, jusqu’ici, n’a pas déçu.

photo: ZOÉ ARCAND MONTRÉAL CAMPUS

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *