À la uneUQAMUn test de français d’admission mitigé

Avatar Lina Heckenast9 mars 20184 min

Afin de vérifier le niveau de maîtrise du français des nouveaux étudiants, les baccalauréats en journalisme et en relations publiques imposent un test de français éliminatoire à l’admission. Il est néanmoins difficile de savoir avec certitude si cet examen est représentatif des exigences universitaires liées à ces programmes.

Ce test de français d’admission créé par le Service d’évaluation linguistique (SEL) est administré par l’Université TELUQ. Divisé en deux parties, il évalue la connaissance d’éléments du code linguistique enseignés avant la cinquième année du secondaire.

Le test du SEL a d’ailleurs été ajusté au fil des années pour inclure les changements de la langue française, notamment la nouvelle orthographe de certains mots. « Le test du SEL a fait l’objet de tests psychométriques sur des groupes cibles pour l’adapter et s’assurer de son efficacité », affirme l’attachée d’administration de la TELUQ, Edith Doucet.

Le test d’admission effectué par les candidats souhaitant être admis dans les programmes de journalisme et de relations publiques est le même, bien que le seuil de passage diffère.

En journalisme, le seuil de passation est fixé à 50 %. En deçà de cette note, le candidat se voit refuser l’admission au programme, même s’il obtient un bon résultat à l’examen de connaissances générales et à l’entrevue, confirme le professeur et responsable du programme du baccalauréat en journalisme, Jean-Hugues Roy.  

Les programmes de communication de l’UQAM n’ont aucun droit de regard sur le contenu du test du SEL, l’examen étant administré par l’Université TELUQ. « Le test de la TELUQ est reconnu. Il est d’ailleurs utilisé par certains ministères ou des entreprises qui souhaitent embaucher des gens », soutient M. Roy.

Efficacité mise en doute

Si le candidat est admis au baccalauréat en obtenant une note se situant entre 50 % et 70 %, il se voit dans l’obligation de suivre un cours d’appoint en grammaire en remplacement de son cours libre. Le responsable du programme de journalisme n’est cependant pas en mesure de dire si les étudiants suivant ce cours voient une réelle amélioration dans leurs aptitudes en français écrit.

Le seuil de réussite du test de français du baccalauréat en relations publiques s’élève à 65 %, soit 15 % au-dessus de la note de passage de celui en journalisme. Les étudiants obtenant un résultat entre 65 % et 75 % sont également tenus de suivre un cours d’appoint en français.

« Il y a un cours de rhétorique pour la compétence argumentative. Il y a aussi un cours d’écriture, au début du baccalauréat, afin que les étudiants apprennent des techniques rédactionnelles », explique le professeur et responsable du programme du baccalauréat en relations publiques, Olivier Turbide. Celui-ci n’a pas non plus été en mesure de dire si le cours d’appoint en français atteint son objectif.  

« Je me considère comme une personne assez bonne en français, mais le test et le cours font appel à des notions dont on ne se rappelle plus et qui n’ont pas été vues depuis le primaire et le secondaire », affirme l’étudiante en relations publiques Marianne B. Matteau, qui a suivi le cours de français à l’automne 2016.

Elle ajoute que les cours obligatoires de français prévus dans le cursus du baccalauréat en relations publiques n’ont pas été suffisants pour améliorer ses compétences en français. C’est plutôt un cours de littérature hors programme qui a pallié certaines de ses lacunes.

Des programmes de la Faculté des sciences de l’éducation préfèrent imposer un test diagnostique en français à effectuer après l’admission, afin d’évaluer les besoins d’apprentissage des étudiants en la matière. C’est le cas des six baccalauréats en enseignement offerts par la Faculté.

« Ce qu’on demande [aux étudiants] avec le test diagnostique, c’est s’ils ont la compétence pour l’exercice de leur profession. Si on rend obligatoire et éliminatoire un test d’admission, on s’attend à ce que les futurs enseignants aient développé des compétences avant même d’avoir commencé leur formation », soutient la professeure à la Faculté des sciences de l’éducation et directrice du Centre d’aide à la réussite (CARÉ), Isabelle Gauvin.

Malgré les doutes des étudiants quant à l’utilité des tests et des cours de français proposés, les directions des programmes ne savent pas si les mesures prises sont appropriées. Le responsable du baccalauréat en relations publiques, Olivier Turbide, réitère néanmoins l’importance de maîtriser le français dans les domaines de communication. « On souhaiterait que cette exigence de français traverse un ensemble de programmes [de la Faculté de communication] », espère-t-il.

 

photo : SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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