À la uneUQAMObjets perdus : premier arrivé, premier servi

Avatar Zoé Arcand7 mars 20184 min

Lorsqu’un étudiant réclame un objet perdu au A-M865, le local du Service de la prévention et de la sécurité, il doit le décrire et fournir une pièce d’identité. Il est cependant possible de déjouer le système et de repartir avec un objet sans en être le réel propriétaire.

Jade*, étudiante au baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM, a réussi à convaincre des agents de sécurité qu’un chargeur de MacBook Pro était le sien. Jade avait perdu son chargeur à la bibliothèque la session dernière et avait tenté de le retrouver aux objets perdus.

D’après les rapports des agents de sécurité, le seul chargeur du même type que le sien à avoir été retrouvé se trouvait au pavillon Président-Kennedy. « J’ai dit au garde que j’avais un cours à cet endroit, ce qui était vrai à l’époque, mais je savais que c’était impossible que ce soit mon chargeur », souligne Jade.

« C’est une prise qui coûte 100 dollars. Je n’avais pas l’argent pour m’en acheter une nouvelle », explique l’étudiante.

C’est dans une petite pièce derrière le comptoir, dont seul l’agent de sécurité à l’avant possède la clé, que sont cachés la plus grande partie des objets retrouvés. De nombreux chapeaux, chandails, sacs, boîtes à lunch, manteaux et autres biens y sont entreposés.

Trouver un propriétaire

Bien que le Service de la prévention et de la sécurité de l’UQAM tente de retrouver les propriétaires, seulement « 980 objets sur 7 050 peuvent être reliés à un propriétaire », indique la technicienne de la sécurité publique de l’UQAM, Valérie Lavoie. Elle précise cependant que les objets « reliés à un propriétaire » n’entrent pas dans la catégorie des objets retrouvés. « Souvent, on arrive à rejoindre les gens pour les prévenir, mais ils ne viennent jamais récupérer leur possession », affirme-t-elle.

Les objets de valeur, comme les ordinateurs, sont conservés dans des compartiments que même l’agent de sécurité en service ne peut ouvrir seul. Il doit absolument être accompagné d’un autre membre du personnel pour avoir accès à ces objets, explique Mme Lavoie.

Bien qu’elle se soit fait poser plusieurs questions, Jade a démontré qu’il est possible de repartir avec un objet sans en être le véritable propriétaire.

Valérie Lavoie précise qu’on ne peut qualifier ces actions de vols, car « on ne peut voler un objet qui a été perdu ». Elle souligne également que des mesures sont prises pour éviter de rendre un objet perdu à la mauvaise personne. Une signature, une pièce d’identité et un numéro de téléphone sont exigés lorsqu’un étudiant réclame un objet.

« Si on a une deuxième personne qui se présente pour réclamer un objet qui a déjà été retrouvé, on peut retracer la première personne et essayer de débroussailler tout ça, rassure Mme Lavoie. Mais, honnêtement, nous n’avons jamais eu à gérer ce genre de situation-là. Nous n’avons jamais eu de plainte », ajoute-t-elle.

Délais stricts

Marie-Jeanne*, une étudiante en communication à l’UQAM, a elle aussi tenté de récupérer un objet, mais a vu sa tentative échouée.

« Il y avait vraiment trop de questions posées par le garde pour pouvoir trouver un objet sans savoir ce que je cherchais réellement », explique Marie-Jeanne. Les agents de sécurité lui ont posé beaucoup de questions spécifiques, mettant des bâtons dans ses roues.

Une autre étudiante en communication a perdu un cache-oreilles la session dernière et tenait à le retrouver. La jeune femme a cependant pris trop de temps avant de se rendre au A-M865. Elle a appris à ses dépens que tous les items non réclamés après 90 jours sont envoyés à des organismes de bienfaisance. Le matériel scolaire est remis à des familles en difficulté et les vêtements, eux, sont donnés à des organismes comme la Maison du Père.

Les seules exceptions sont les pièces d’identité et les portefeuilles. Ces objets sont envoyés au Service de police de la Ville de Montréal après 24 heures.

* Noms fictifs

 

photo : MARTIN OUELLET MONTRÉAL CAMPUS

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