À la uneCulture« DouxOrDie » : une brise grisante

Avatar Christophe Boucher-Rouleau26 février 20183 min

Avec son premier projet solo lancé hier, DouxOrDie, le rappeur montréalais Vendou offre une incursion dans son univers dominé par l’amour et la douceur.     

Les cinq chansons, Indigo, Doux, Piscine Love, Meson et DSY se caractérisent par des refrains accrocheurs, posés sur des mélodies joyeuses et des rythmes lents.

Le refrain de la première pièce, Indigo, donne le ton aux seize minutes que dureront cette écoute planante. « Easy come, easy go/ J’puff de l’indica/ J’rêve en indigo », répète plusieurs fois le rappeur sur un ton hypnotisant.

La consommation de cannabis est un thème central chez le membre du groupe montréalais L’amalgame. Ajoutons à cela l’amour, qui est abordé sous tous ses angles, et l’on réussit à cerner la philosophie de Vendou : profiter des petits plaisirs de la vie sans trop se prendre la tête.

Dans Meson, habile jeu de mots entre « maison » et « ma zone », le rappeur embrasse sa vie d’artiste incapable de se résigner à une routine rangée. Même son de cloche dans Piscine Love. « Aucune idée de ce que la vie m’voulait/ Imma do it même pas d’s’il vous-plaît/ Juste un merci beaucoup pour ce p’tit couplet », entonne-t-il, affirmant avoir trouvé sa voie.

Des beats simples contribuent à créer cette ambiance spatiale qui permet au jeune artiste de se mettre en valeur dans un franglais caractéristique de la scène hip-hop montréalaise. Il offre maintes rimes qui font sourire. « Du love dans la piscine/ Du love dans la piscine/ C’est le peace and love mon gars », peut-on entendre dans le refrain de Piscine Love.  

C’est assurément quand vient le temps des refrains que brille Vendou, comme dans la pièce Doux, où il assume sa douceur. L’artiste va à l’encontre du stéréotype du rappeur arrogant baignant dans un délire égocentrique. « J’veux juste te prendre dans mes bras/ Ton visage est radieux/ Une dernière fois dans les draps/ Après j’te dirai adieu », chuchote-t-il, montrant son côté vulnérable.

Bien que l’auto-tune, un logiciel corrigeant la tonalité, soit omniprésent dans le sous-genre aérien qu’est le cloud rap, Vendou préfère ne pas modifier sa voix. Son choix le sert très bien.

Vendou démontre une aisance du début à la fin de l’album, réussissant à enchaîner phrases rappées et chantées. Un parallèle peut être tracé avec d’autres rappeurs de la francophonie, tels que Roméo Elvis ou Damso, qui mélangent eux aussi les styles afin de créer des chansons diversifiées.

La dernière chanson, DSY, acronyme de « Dans ses yeux », se conclut par un poème touchant récité par la voix d’une jeune femme, fort probablement celle à qui appartiennent les yeux qui ont fait craquer le chanteur.

La courte durée du projet est sans aucun doute un avantage. Les thèmes abordés, bien qu’ils soient originaux, demeurent assez limités. Vendou démontre malgré tout un grand potentiel avec DouxOrDie, qui saura plaire aux amateurs de rap cherchant à agrémenter leurs listes de lecture d’un peu d’optimisme et de légèreté.

 

photo : DJA PHOTOGRAPHIE

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