À la uneCultureLes petits de la LNI

Avatar Léa Martin30 novembre 20174 min

La Ligue nationale d’improvisation (LNI) fête ses quarante ans. Après des millions d’improvisations mixtes et comparées, le concept né à la fin des années 1970 mise sur ses petits pour se réinventer. De la patinoire au chapiteau, l’impro du 21e siècle se joue aujourd’hui partout, sous une multitudes de formes.

C’est vendredi soir au Département Bar & Bouffe de l’UQAM et, à première vue, le bar semble plutôt vide. Assez étonnant pour un bar étudiant à l’aube du week-end, mais en pénétrant dans l’aile gauche de l’établissement, l’ambiance change du tout au tout.  

Dans cette salle sombre du pavillon A, une foule compacte s’est réunie, pintes de bières à la main, autour de ce qui ressemble à une petite patinoire de bois éclairée. Ce soir, comme presque tous les vendredis, la Ligue d’improvisation centrale de l’UQAM (LicUQAM) organise son match d’improvisation. Deux animateurs réchauffent la foule et c’est ainsi que les joueurs, main sur le cœur, entonnent l’hymne de la ligue. Le public, qui comporte des habitués, se lève à son tour pour répéter les paroles.

À ce moment précis, une ambiance de rituel règne. Ce match est un moment où les fans d’humour se retrouvent pour leur dose hebdomadaire de blagues et d’étonnement.

Depuis son premier match, l’improvisation théâtrale a fait du chemin. Aujourd’hui, elle se répand à travers les écoles, les ligues amateurs du niveau primaire au niveau universitaire. Il existe également de plus en plus de ligues de bars, ainsi que de nouveaux concepts de spectacles d’improvisation tous plus éclatés les uns que les autres. Bref, des projets qui brisent les règles des matchs d’improvisation traditionnels.

« La LicUQAM et la LNI sont assez semblables, mais on s’est éloigné un peu du hockey, indique le président de la LicUQAM, François Larouche. On essaie de nouvelles affaires. On met de la musique. Concernant  les pénalités, c’est moins sévère. C’est un petit peu plus libre, mais ça reste très classique. »

L’improvisation en milieu scolaire

« Pour moi, l’impro dans les écoles c’est un peu comme un jeu de Monopoly, indique Sophie Caron, improvisatrice à la LNI. Il y a les règles dans la boîte et les règles maison. »

Comme l’explique l’improvisatrice de carrière, ce ne sont pas toutes les ligues qui jouent dans les mêmes contextes. Parfois, il peut y avoir des contraintes de temps, de budget ou de langue qui font en sorte que le jeu est adapté. De nombreux joueurs et arbitres réinventent les règles classiques, ce qui change le portrait de l’improvisation au Québec.

« À la LNI, on a six catégories, mais ils en ont une multitude dans les écoles », soulève Sophie Caron. Pour François Larouche, joueur avec de plus sept ans derrière la cravate, l’improvisation est un concept qui évolue beaucoup. Selon lui, la façon d’aborder cette discipline change aussi en fonction des générations. Il explique qu’à la LNI, les blagues sont souvent laissées en arrière-plan au service de la construction de l’histoire.

« C’est mon humble avis, mais les nouvelles générations sont très axées sur le “punch”, la “joke” et ça fait quelques années que ça dure. La LicUQÀM s’inscrit là-dedans, mais notre slogan, c’est du burlesque et du drame. Alors on essaie de ne pas faire des jokes grivoises, mais des fois on en fait », dit-il avec le sourire.

Un concept réinventé

« De nos jours, beaucoup de ligues essaient de surprendre leur public en brisant les règles du match d’improvisation classique, indique Axel Bouchti, qui a joué dans de nombreuses ligues comme la LiETS à l’École de technologie supérieure et la NLI au bar Le St-Sulpice. Je pense entre autres au Punch Club et à la Ligue d’improvisation Montréalaise (LIM) qui, chacune dans leurs styles, essaient de jouer avec ces conventions-là. »

Le Punch Club offre un concept de match sans règles où les meilleurs joueurs d’improvisation s’affrontent pour gagner le vote du public et une bourse en argent. Ce style de jeu est qualifié de « street impro ». Il existe aussi des événements d’improvisation comme l’ImproGAROU qui mélange les règles du jeu d’ambiance Loups-garous à un spectacle d’improvisation interactif avec le public.

L’improvisatrice mentionne que le concept ne touche plus que le milieu théâtral en parlant de projets de danse, de radio ou de marionnettes qui exploitent l’improvisation. « Il y a plein de ligues qui font autre chose, comme de l’impro-cirque, indique Sophie Caron. Faire de l’impro en jonglerie, ce n’est pas du tout la même chose que l’impro à la LNI. »

 

photo: MÒRAG BÉLISLE MONTRÉAL CAMPUS

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