À la uneUQAMFaire rayonner les Citadins

Les équipes sportives de l’UQAM obtiennent moins de succès que les trois autres universités montréalaises, et ce, depuis leur création. Les Citadins doivent donc redoubler d’efforts pour se faire connaître, une mission qui dépend de résultats sportifs concrets.

« Avant, on n’était pas du tout compétitif », confie Daniel Méthot, coordonnateur du sport d’excellence à l’UQAM. Dans les dernières années, les résultats sont plus encourageants. « On a dû rattraper l’important retard qu’on avait sur les autres programmes de sport universitaire en injectant de l’argent dans les deux ou trois dernières années, précise-t-il. Nous avons maintenant les moyens financiers d’offrir des bourses d’études pour recruter de meilleurs athlètes au Québec ».

« Les Citadins doivent d’abord gagner, puis recruter pour ensuite dominer », explique l’ancien responsable du marketing du Canadien de Montréal et ex-président des Alouettes, Ray Lalonde. Les bourses d’études sont un énorme avantage pour le programme qui cherche à rehausser sa visibilité sur la scène sportive.

M. Lalonde cite en exemple les équipes de l’Université Laval et de l’Université de Montréal, le Rouge et Or et les Carabins. « Si le football est populaire au Québec, c’est parce qu’ils ont eu beaucoup de succès et qu’ils sont devenus des cibles pour la jeunesse. Les jeunes sportifs pouvaient dire “ je veux jouer pour le Rouge et Or ”, c’était plus fort que les Alouettes », renchérit-il.

Le football sous les projecteurs

Sans être indispensables, les équipes de football et de hockey créent une visibilité beaucoup plus importante pour une université, selon le coordonnateur des communications et marketing chez les Carabins, Benoît Mongeon. À ce jour, l’UQAM n’offre pas de programmes dans ces deux disciplines.

« C’est sûr que c’est un désavantage, lance-t-il. En termes de visibilité, les sports qui prennent le plus de place, c’est le football et le hockey. Mais encore faut-il que tu aies les installations sportives pour accueillir ces équipes-là. Il y a quand même plusieurs universités au Canada qui n’ont pas d’équipe de football, par exemple, mais qui réussissent à avoir du succès. »

Non seulement l’aménagement d’un stade de football de calibre universitaire, soit autour de 5000 places, à proximité du campus représente un énorme défi, mais le budget nécessaire pour une équipe de football est astronomique, selon Daniel Méthot. « On pense que cela prend beaucoup d’argent pour gérer les sports que nous avons actuellement, mais le football, à lui seul, coûterait deux fois plus cher que tous les sports combinés que nous avons en ce moment à l’UQAM, pour que cette équipe soit au minimum compétitive », admet-il.

Un nouveau visage sous peu?

Les Citadins ont récemment remis en question leur image et leur identité en lançant une étude commandée par le professeur de l’ESG expert en marketing sportif, André Richelieu. Cette analyse de marque déterminera si des changements devraient être apportés quant aux élans de promotions, au logo, aux couleurs ou même au nom des Citadins. Il faut dire que le nom Citadins « se rapproche du nom de nos amis sur la montagne, les Carabins », accorde M. Méthot.

André Richelieu refuse de commenter l’étude tant et aussi longtemps que les résultats de celle-ci ne seront pas dévoilés.

« Dans certains cas, lorsque la marque vieillit, les gens ne connectent pas bien, il faut changer de logo, de couleurs, de nom », soutient l’ancien responsable du marketing du Canadien de Montréal et président des Alouettes, Ray Lalonde.

Des sports de prédilections

M. Mongeon croit que si l’UQAM veut connaître du succès et acquérir de la notoriété, c’est à travers les sports qui y sont déjà établis qu’elle le fera, et non en tentant de se construire un programme de football. « Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est que l’UQAM gagne un championnat canadien dans un sport comme le basketball, qui a une visibilité importante, et je pense que ça serait la meilleure façon de les aider », explique Benoît Mongeon.

L’Université de l’Alberta, par exemple, ne se place actuellement qu’au cinquième rang sur six équipes dans la division ouest du championnat universitaire de football. Les Golden Bears n’ont d’ailleurs pas touché à la Coupe Vanier, le trophée par excellence du football universitaire, depuis 1980. Cependant, les équipes de l’université, située à Edmonton, s’illustrent dans des sports comme le soccer et le volleyball depuis plusieurs années déjà, un peu à la manière de l’UQAM.

À la fin des années 1990, après des années difficiles, les équipes de l’Université de Montréal ont amorcé un processus de relance, qui les a menés à connaître de longues séquences de succès. Selon M. Mongeon, il ne serait pas impossible que les Citadins passent par les mêmes étapes pour se former une meilleure réputation. « Je sais qu’ils ont plus de personnel que par le passé, ce qu’on a vécu aussi à travers les années. Ils ont ajouté des équipes, ce qu’on a aussi fait. Je pense qu’il y a un certain parallèle à faire », lance-t-il.

 

photo: LUDOVIC THÉBERGE MONTRÉAL CAMPUS

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