UQAML’UQAM, laxiste avec la mixité?

Olivier Faucher Olivier Faucher5 septembre 20173 min

L’UQAM accuse un retard considérable concernant les toilettes de genre neutre, puisqu’elle n’en posséderait qu’une seule, contrairement aux autres universités montréalaises. Une situation décriée par la Réclame, le groupe de défense des droits de la communauté LGBTQ de l’UQAM.

Le Centre sportif de l’UQAM posséderait l’unique toilette de genre neutre de l’établissement universitaire du Quartier latin. « Ça pousse des personnes comme moi à faire un choix problématique », se désole Chloé Fortin Côté, activiste trans étudiant à l’UQAM et déléguée du Syndicat des étudiants et étudiantes employé-e-s (SÉTUE).

Pour Chloé Fortin Côté, le problème tire son origine de la perception que les gens ont des personnes transgenres et transsexuelles. « On ne s’en sort pas ni dans l’un ni dans l’autre scénario. Lorsque j’entre dans la toilette des hommes, j’attire des regards parce que je porte une jupe, tandis que lorsque j’entre dans la toilette des femmes, on me regarde parce que j’ai une voix grave », précise la déléguée du SÉTUE.

Cabines simples ou multiples?

Contrairement à plusieurs autres universités du Québec, l’UQAM n’aurait pas à sa disposition des toilettes à cabine simple, qui rendraient la tâche de dégenrer les toilettes plus facile, selon la coordonnatrice de la Réclame Sophie Charron. « C’est beaucoup plus difficile d’intervenir et de convaincre l’administration de collaborer », affirme-t-elle.

« Les Services à la vie étudiante ont fait cheminer cette demande au Service des immeubles de l’UQAM, qui étudie actuellement la faisabilité d’installer de telles toilettes sur le campus », a indiqué la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers.

Contacté par le Montréal Campus, le directeur intérimaire à la gestion des espaces de l’UQAM, Pascal Dufour, se dit « prêt à travailler avec la Réclame en septembre » et exprime « une forte sensibilité » envers la demande. À l’Université de Montréal, près d’une centaine de toilettes à cabine unique ont été dégenrées sur le campus durant la session d’hiver 2015 après une demande du Groupe d’action trans de l’UdeM à l’administration.

Les universités de Sherbrooke, McGill et Concordia possèdent également toutes plusieurs toilettes non-genrées. L’Université Laval et l’UQAM demeurent aujourd’hui les seules grandes universités québécoises n’offrant pas cette possibilité aux étudiants.

La mise en place de toilettes uniques non-genrées pourrait permettre aux personnes ne s’identifiant ni au genre féminin ni au genre masculin de trouver leur compte, mais il ne s’agit toutefois pas d’une solution parfaite selon Chloé Fortin Côté. « On se retrouve avec une espèce de ségrégation où l’on va placer ces gens-là à part, alors que si l’on retire les inscriptions qui servent à genrer les toilettes à cabines multiples, on vient de régler le problème assez facilement », explique-t-elle.

Des étudiants ont déjà tenté de dégenrer des toilettes de l’UQAM en vandalisant les pictogrammes hommes et femmes sur les portes; une tentative qui n’avait pas fonctionné. « Puisqu’il y avait des urinoirs dans une des deux toilettes, les gens se sont tout simplement passé le mot que les affiches avaient été arrachées et ont continué à utiliser les toilettes de façon conventionnelle », raconte la coordonnatrice de la Réclame Sophie Charron.

 

photo: MARTIN OUELLET MONTRÉAL CAMPUS

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