À la uneUQAMDes colocataires indésirables… encore

Avatar Etienne Masse14 février 20176 min

Depuis 2009, plusieurs cas d’infestations de punaises de lit ont été recensés dans les résidences de l’UQAM. Encore cette année, des étudiants se sont retrouvés aux prises avec cet irritant. À la lumière d’entrevues réalisées par le Montréal Campus, aucune sensibilisation ne semble avoir été effectuée dans les logements étudiants, même s’il s’agit d’un aspect crucial à la résolution du problème.

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«  L’UQAM ne loue pas de logements infestés de punaises de lit  », affirme la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers. Selon ses dires, l’Université s’engage à fournir des chambres qui offrent les conditions adéquates d’habitabilité prévues par la loi.

L’étudiant et résident Nabil Bereksi n’est toutefois pas de cet avis. Le jeune homme soutient que des punaises se trouvaient déjà dans sa chambre à son arrivée, en mai dernier. «  Au début ça me grattait. Je pensais que c’était des moustiques. Ça a duré jusqu’en juillet. C’est là que je m’en suis rendu compte [que c’étaient des punaises de lit]. J’ai commencé à avoir des boutons et à me gratter vraiment fort  », se souvient l’étudiant. Il affirme avoir dû se renseigner lui-même pour connaître la nature du problème, notamment auprès de son père, médecin de profession.

Après avoir identifié la source de ses démangeaisons, M. Bereksi mentionne s’être heurté à un mur lors de ses communications avec les responsables de la résidence. À l’UQAM, on refusait systématiquement ses demandes de déménagement. «  C’est dégueulasse. J’aurais aimé qu’on me change de chambre. […] Je ne dormais plus, j’ai dû dormir un mois dans le salon, sur un canapé  », se plaint l’étudiant. Il affirme également avoir dû manquer plusieurs jours de travail pour s’occuper des exterminations, sans possibilité d’obtenir un dédommagement de la part de l’établissement. L’étudiant avait l’impression d’être laissé à lui-même relativement à son problème. Il a demandé qu’on le change de chambre, que l’on résilie son bail ou que l’on trouve une autre solution. « On m’a dit : “Non, non, non. On appelle l’exterminateur et c’est tout” », raconte M. Bereksi.

Un problème récurrent

Des articles publiés par le Montréal Campus depuis 2009 montrent que ce problème n’est pas nouveau à l’UQAM. Selon Pierre Durand, exterminateur certifié chez Duramax Exterminateur, l’absence de mesures de sensibilisation pourrait expliquer la difficulté qu’ont certains établissements à se débarrasser de cette vermine. «  Les gens n’en parlent tellement pas qu’une infestation qui avait seulement une dizaine de punaises dans la première semaine peut se ramasser un, deux, trois mois plus tard avec des milliers qui ont parcouru tout le bâtiment, explique M. Durand.

Il faut faire de la sensibilisation et informer les gens, sinon on ne s’en sortira pas.
Pierre Durand, exterminateur certifié chez Duramax Exterminateur.

Nabil Bereksi et d’autres étudiants des résidences rencontrés par le Montréal Campus affirment n’avoir reçu aucune documentation ou recommandation concernant les punaises de lit et les comportements à adopter pour éviter leur propagation. « Jamais il n’a été mention de punaises, ni même dans notre bail. On l’a su en lisant le Journal de Montréal », confie une résidente au Montréal Campus.

Rappelons toutefois que c’est la compagnie Sentinel Gestion immobilière qui gère les résidences de l’Université. Mme Jenny Desrochers, confirme que le contrat liant l’UQAM à Sentinel pour la gestion de ses résidences inclut l’extermination des punaises de lit. Au moment de mettre cette édition sous presse, l’entreprise n’avait pas répondu à nos demandes de précision quant aux mesures de sensibilisation qu’elle met en place.

Pierre Durand explique qu’une extermination efficace nécessite une application d’insecticide dans les murs et un nettoyage à la vapeur, ce qui, selon Nabil Bereksi, n’a pas été fait lors des multiples traitements de son logement. «  Ça n’avait pas du tout l’air professionnel, soutient l’étudiant. On aurait dit que j’appelais un de mes amis qui passait un petit peu de poush-poush et c’est tout!  »

Jenny Desrochers explique qu’à la fin de chaque été, un grand ménage est effectué dans les résidences. Les lits sont démontés puis réassemblés et le concierge principal, formé par l’exterminateur avec lequel l’UQAM fait affaire, procède à une « inspection visuelle » préventive des lieux. « Si l’inspection visuelle révèle la présence de punaises de lit, l’opération d’extermination est mise en branle dans les meilleurs délais  », précise-t-elle.  

Dans les autres universités

Les autres universités montréalaises disposent de protocoles d’intervention et de sensibilisation étoffés. À l’Université McGill, tous les étudiants qui emménagent dans les résidences reçoivent un mémo qui indique les précautions à prendre afin de prévenir les infestations. «  Comme nous savons que les étudiants vont voyager, nous leur envoyons aussi de l’information via courriel  », précise Vincent Campbell Allaire, agent de communication de l’Université McGill. Ce dernier mentionne que les chambres sont inspectées par des chiens renifleurs durant l’été et avant l’arrivée des nouveaux étudiants. C’est aussi le cas de l’Université Concordia, qui a également fait l’acquisition d’équipement de nettoyage à vapeur pour faire face au problème.  

M. Campbell Allaire mentionne que plusieurs cas d’infestations de punaises de lit ont eu lieu sur le campus et dans les résidences, mais qu’ils ont tous été traités. Pour assurer l’efficacité des traitements, des chambres sont réservées sur les étages dans le cas où une relocalisation temporaire serait nécessaire. L’agent de communication mentionne que les matelas contaminés sont systématiquement changés et qu’un crédit de nettoyage de 40 $ est fourni à l’étudiant. «  Jusqu’à maintenant, nous n’avons eu aucun cas où les punaises sont apparues à nouveau  », affirme-t-il.

Photo d’en-tête: ALEXIS BOULIANNE MONTRÉAL CAMPUS

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