À la uneCultureAu FNC, Dada a 100 ans et les carrés rouges en ont quatre

Avatar Samuel Lamoureux11 octobre 20163 min

C’est une semaine de célébration à la 45e édition du Festival du nouveau cinéma : plusieurs événements fêtent le centenaire du mouvement dada, tandis que le dernier film de Mathieu Denis et de Simon Lavoie honore de manière beaucoup plus discutable le 4e anniversaire du printemps 2012.

Le Grand Dada Hackathon, qui avait pour but de rassembler plusieurs artistes, codeurs, designers et étudiants pour écrire un Manifeste dada digital, s’est terminé samedi dans une grande fête excentrique au Cœur des sciences de l’UQAM. Le manifeste se veut une tentative de transposition vivante du documentaire interactif Dada-Data. Des rassemblements de ce genre ont déjà eu lieu à Zurich, Tokyo et Paris plus tôt cette année.

Les festivaliers du FNC ont également eu droit samedi à la musique de la formation montréalaise Gypsy Kumbia Orchestra, un groupe qui fusionne des rythmes traditionnels colombiens avec des chants d’Europe de l’Est.

Rencontrés quelques heures avant le spectacle, les membres du Gypsy Kumbia Orchestra étaient déjà gonflés à bloc. Le groupe compte 15 personnes d’au moins six nationalités différentes, un mélange unique à Montréal et probablement dans le monde. Le tromboniste Blaise Margail parle même d’un mouvement de libération par la danse. « On est beaucoup inspiré par les Roms, indique-t-il en faisant référence aux gitans d’Europe de l’Est. On mêle musique, danse et cirque dans un grand acte de résistance. »

Le chanteur Sébastien Meija précise que le concept a été créé par lui et sa compagne il y a quatre ans. « Nous avons toujours eu une fascination pour la rythmique afro-colombienne et la fusion avec la musique des Balkans est venue naturellement plus tard avec l’ajout de membres d’Europe de l’Est », précise-t-il.

Ceux qui font les révolutions… : une certaine déception

Un grand nombre de festivaliers avaient prévu un trou dans leur horaire pour aller voir le dernier film de Mathieu Denis et de Simon Lavoie, gagnant du meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto. Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau était une des œuvres les plus attendues du festival – parfois avec une brique et un fanal – pour son hommage original aux militants étudiants du printemps 2012.

Après la longue représentation de trois heures, on peut affirmer que le long-métrage des réalisateurs de Laurentie sera probablement autant rejeté par les acteurs que par les détracteurs du printemps érable. Les premiers y verront une parodie parfois grossière de leur milieu. La scène de l’assemblée générale qui vire en bataille entre les révolutionnaires et les non-violents est particulièrement révélatrice du manque de connaissance des milieux militants des deux réalisateurs.

Les détracteurs, quant à eux, seront probablement repoussés par le caractère très expérimental de l’œuvre, comme le fond noir de plusieurs minutes ouvrant le film ou encore les scènes de nudité utilisées à outrance.

Certains diront qu’il faut saluer l’audace du projet, mais qu’il faut aussi posséder une maturité artistique avant de citer les grands penseurs québécois que sont Fernand Dumont et Hubert Aquin.

Photo: FESTIVAL DU NOUVEAU CINÉMA

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