À la uneUQAMLa liste des convoqués s’allonge

Avatar Carl Vaillancourt13 juin 20164 min

Quatre étudiants devront comparaître devant le comité disciplinaire de l’UQAM pour des gestes commis lors du printemps 2015.

Le Montréal Campus a appris, en marge de la conférence de presse organisée par un regroupement d’acteurs de la communauté uqamienne lundi, qu’une troisième étudiante devait se présenter à l’Hôtel Gouverneur le jeudi 16 juin prochain. «Un huissier est venu chez moi pour me livrer une lettre, c’est mon copain qui a reçu le colis, a expliqué l’étudiante au baccalauréat en philosophie à l’UQAM, qui a préféré ne pas divulguer son identité. Sur le coup, je me disais que ça ne pouvait pas vraiment arriver, que ça ne se passerait pas comme ça.» En fin d’après-midi, l’UQAM a confirmé plutôt au Montréal Campus que quatre étudiants étaient convoqués. «Même si les dossiers des personnes convoquées sont confidentiels, je peux dire que les gestes qui leur sont reprochés sont inacceptables, souligne la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers lors d’un échange de courriels. On parle notamment de voies de fait et d’agressions. Certaines personnes font également l’objet de poursuites criminelles.»

Or, l’étudiante rencontrée précédemment par le Montréal Campus ne connaissait pas encore la teneur de la preuve, la lettre reçue ne faisant mention que d’une altercation avec un agent de sécurité de l’UQAM. Les gestes commis par l’étudiante remonteraient au milieu de la session hivernale de 2015, lorsqu’elle aurait perturbé des cours. «Je me souviens qu’ils étaient trois agents de sécurité à m’avoir expulsée d’un local de cours que je mobilisais», a ajouté l’étudiante en question. Elle a affirmé qu’elle aurait été victime d’un abus de force de la part des gardiens de sécurité lors d’un autre événement.

Professeurs solidaires

Parmi les acteurs présents à la conférence de presse, le professeur au département de sociologie, Marcos Ancelovici, a remis en question le processus de nomination des membres qui siègent au nouveau comité de discipline. Le professeur a rappelé que le comité de discipline a été créé par le Conseil d’administration de l’UQAM, ce qui lui confère le statut de comité institutionnel.

Traditionnellement, les comités institutionnels sont censés être paritaires, ce qui suppose que les membres qui composent ces comités sont désignés et nommés par les corps organisés de l’UQAM. Ce n’est vraisemblablement pas le cas ici.Marcos Ancelovici, professeur au département de sociologie de l’UQAM.

Une lettre signée par 14 enseignants en sciences juridiques à l’UQAM a été adressée à la direction de l’Université lundi. Les signataires dénoncent un processus disciplinaire qu’ils qualifient d‘«inéquitable», car il ne permet notamment pas aux accusés de connaître la preuve présentée contre eux à l’avance et ne leur confère pas le droit de contre-interroger les témoins.

«Le fait sur lequel j’insiste vraiment, c’est d’être jugé dans un délai raisonnable, a relaté le professeur en sciences juridiques de l’UQAM Rémi Bachand, l’un des signataires de la lettre. Ce sont des événements qui sont survenus il y a plus d’un an, alors que pour certaines infractions plus importantes que celles-là dans le droit criminel, il y a des délais beaucoup plus courts que cela. Dans un processus disciplinaire de l’UQAM, qu’il n’y ait pas de délai c’est pour moi déraisonnable.»

Jennifer Desrochers, a rappelé que le comité disciplinaire a été réformé récemment. «Le projet de refonte du processus disciplinaire a fait l’objet d’analyse par un groupe d’étude, dont faisait partie le représentant étudiant au Conseil d’administration, Samuel Cossette», a-t-elle rétorqué. De son côté, Samuel Cossette tient à apporter des nuances sur son implication dans groupe d’étude. «Aucune de mes recommandations n’a été prise en compte, a expliqué M. Cossette. On m’a dit qu’on avait écouté les associations étudiantes, ce qui n’était pas vrai, et ils sont quand même allés de l’avant.»

Outre M. Cossette, les trois autres membres qui siégeaient sur ce comité d’analyse pour la refonte du processus étaient le secrétaire-général, Normand Petitclerc, le représentant des professeurs au Conseil d’administration, Yves Gingras, ainsi que le vice-recteur à la vie académique, René Côté. «La réunion a duré environ une heure, c’était simplement pour légitimer le processus ‘’démocratique’’», a ajouté M. Cossette.

Un soutien aux étudiants

Des rassemblements organisés par les associations étudiantes auront lieu mercredi et jeudi devant l’hôtel Gouverneur, en face de la place Émilie-Gamelin, où se tiendront les rencontres disciplinaires avec les étudiants convoqués.

– Avec la collaboration de Guillaume Lepage

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Photo: Guillaume Lepage

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