Les frais administratifs explosent à l’UQAM

L’augmentation des frais de retard au printemps dernier s’est fait ressentir dans les poches des étudiant-e-s pendant le trimestre d’automne, alors que les frais administratifs ont fait augmenter leur facture collective à 625 550 $, soit plus du double qu’enregistré un an auparavant.

Le Conseil d’administration de l’UQAM a doublé les coûts liés au retard de paiement des étudiants, passant de 25$ à 50$, en plus d’ajouter des frais de 50$ pour les étudiants qui s’inscrivent tardivement. Ces dispositions prises par le CA s’inscrivent dans le cadre du processus budgétaire 2014-2015 et ont pour but d’atteindre l’équilibre budgétaire. 

Des documents obtenus via la Loi sur l’accès à l’information révèlent les frais administratifs prélevés par l’UQAM, McGill et Concordia sur les factures étudiantes lors des sessions antérieures. Le Montréal Campus a obtenu la comparaison de ces mêmes frais perçus par l’UQAM entre la session d’hiver 2013 et l’automne 2015, alors que les données concernant McGill et Concordia couvrent uniquement les trois dernières sessions.

Si l’UQAM a perçu la somme de 625 550 $ lors du dernier trimestre, l’Université McGill et l’Université Concordia sont loin derrière avec des frais administratifs de 104 875 $ et 173 517,36 $, respectivement. L’institution du Quartier latin a également vu ses frais administratifs croître de façon drastique, à l’inverse de ses deux concurrents anglophones.

Décisions impopulaires auprès des étudiants

En plus de ces hausses de pénalités, le retrait du paiement par carte de crédit, décrié par les étudiants de l’UQAM, permet d’engendrer des économies substantielles, selon l’UQAM. «Le retrait de l’accessibilité du paiement par crédit permet des économies d’environ un demi-million de dollars pour l’institution», explique la porte-parole de l’UQAM, Jennifer Desrochers.

L’un des deux représentants étudiants au Conseil d’administration élus cet automne, Samuel Cossette, avoue ne pas partager l’avis du Conseil d’administration sur l’ensemble de ces décisions prises dans le passé. «Dans le dernier rapport de l’ombudsman publié la semaine dernière et concernant l’année 2014-2015, on recense beaucoup de plaintes liées à la perception des frais par l’Université et qui jouent un rôle dans le choix des étudiants de poursuivre leurs études ailleurs», explique Samuel Cossette.

Il faut rappeler qu’aucun membre-étudiant ne siégeait au Conseil d’administration lorsque ces décisions ont été entérinées: tous deux (René Delvaux et Justine Boulanger) ont retirés de leur fonction par l’institution.

Plusieurs milliers d’étudiants ne sont aussi pas en mesure de régler les frais de scolarité dans les délais demandés par l’Université lors de chacune des sessions. «Ce n’est pas tous les étudiants qui sont en mesure d’avoir les liquidités nécessaires pour payer 1 500$ dans un délai aussi court», explique un exécutant de l’Association étudiante en Gestion des Ressources Humaines (AéGRH), Pierre D’Amico.

Plusieurs solutions pourraient être envisagées par l’administration de l’UQAM, selon l’étudiant en ressources humaines. «Il serait avisé que l’Université disperse les paiements sur une période de quatre mois, ce qui permettrait aux étudiants de payer sans être pris à la gorge lors des débuts de session», ajoute Pierre D’Amico.

À titre d’exemple, avant la date prescrite du 22 janvier par l’UQAM pour effectuer le premier paiement des frais de scolarité, l’Université avait déjà encaissé plus de 43 000 $ dus aux inscriptions tardives, ce qui correspondrait à 861 étudiants s’étant inscrits en retard au trimestre d’hiver.

Avant la publication du rapport de l’ombudsman, le 3 février, L’UQAM prétendait qu’aucune plainte formelle n’avait été adressée depuis l’entrée en vigueur du retrait du paiement par carte de crédit.. «Bon nombre d’universités ont déjà appliqué cette mesure par le passé», explique Jennifer Desrochers. Or, le nombre de plaintes critiquant la perception des frais de scolarité et des frais afférents par l’UQAM s’élève à 142, selon le rapport annuel de l’ombudsman.

Photo : Alexis Boulianne

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *