À la uneCultureChasse Galerie | De la légende au film

Un portrait réaliste de la vie difficile des Canadiens-français du XIXe siècle et quelques composantes plus mystiques, tel un canoë volant, sont les composantes paradoxales du film Chasse Galerie: La légende, réalisé par Jean-Philippe Duval.

Filmé au mois de février de l’an dernier, le long métrage est sur les écrans depuis vendredi. Les conditions ont été des plus éprouvantes pour la distribution. Responsable des communications pour les films Christal, Geneviève Lefebvre raconte que les scènes de nuit étaient particulièrement difficiles. «Il fallait parfois arrêter de filmer, car les moniteurs gelaient», mentionne-t-elle. Au moment du tournage, on a répertorié la température la plus basse en plus d’un siècle. Le réalisateur se targue d’ailleurs du fait que la vapeur s’échappant de la bouche des acteurs n’est pas un trucage. Le froid, l’hiver et la neige ne sont pas qu’accessoires; on arrive à les ressentir en visionnant le film.

La production, au coût de 7 millions de dollars, est présentée dans près d’une soixantaine de salles au Québec. Mme Lefebvre parle d’un financement classique pour ce long métrage. En termes de budget et de sortie en salle, l’œuvre est de l’envergure des grandes productions québécoises des dernières années comme Le Mirage de Ricardo Trogi et Louis Cyr: L’homme le plus fort du monde de Daniel Roby.

Inspiré du conte québécois du même nom, Chasse Galerie: La légende se déroule en 1888. Il met en vedette Francis Ducharme, qui interprète Jos, un bûcheron, qui se voit obligé de s’exiler dans les forêts de Lanaudière pour l’hiver afin de payer ses dettes. Caroline Dhavernas incarne Liza, son amoureuse restée au village, et François Papineau personnifie le diable avec qui les hommes pactisent. Le Malin se présente comme un homme anglais distingué. Acteur populaire que l’on peut notamment voir dans Unité 9, François Papineau a tout de même de la difficulté à interpréter ce personnage, principalement à cause de l’accent. En fait, c’est son nom, Jack Murphy, qui laisse deviner ses origines. Le reste de la distribution est juste, quoique le choix de ces acteurs pour personnifier un jeune couple de 25 ans demeure discutable. Le film met aussi en vedette Vincent-Guillaume Otis, qui joue un homme d’affaire épris de Liza et prêt à tout pour éloigner Jos.

Mme Lefebvre mentionne que la partie du long métrage qui se déroule au village a été tournée à Canadiana, une reproduction villageoise du XIXe siècle qui se trouve à Rawdon. «C’est le même décor que l’émission Les Pays d’en hauts», explique-t-elle. Le décor n’est toutefois pas la seule chose que ces productions ont en commun. Résumé rapidement, les synopsis sont identiques: une femme éprise d’un homme qui part dans les bois pendant qu’un autre, plus malveillant, profite de l’absence de son amoureux pour tenter de la conquérir.

Au final, Chasse Galerie: La légende, n’est pas un film fantastique. Outre un canoë volant, l’histoire est réaliste. C’est ce que le réalisateur souhaitait. De son propre aveu, le but de cette production, «c’était d’abord de faire un film sur notre histoire, dans un traitement brut, près de ces hommes (les bûcherons)».


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