À la uneCultureLes accrocs de La dispute

Avatar Jasmine Legendre16 novembre 20152 min

Le studio-théâtre Alfred-Laliberté avait des allures françaises en ce mois de novembre alors que les finissants de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM présentaient leur première production, La Dispute, de l’auteur classique Marivaux.

Dirigés par le metteur en scène français Florent Siaud, les finissants en jeu, scénographie et études théâtrales ont monté une pièce assez disparate. L’œuvre s’ouvre sur une dispute entre un homme et une femme qui se questionnent à savoir qui entre l’un ou l’autre des sexes a été le premier infidèle. Dès lors, les discours ne sont pas clairement prononcés et la conversation entre les deux acteurs n’est pas aisément compréhensible.

La pièce se poursuit sur l’arrivée des servantes qui viennent nettoyer la pièce où se déroulera l’histoire. Cette partie complète de l’histoire aurait pu être totalement radiée et la pièce n’aurait été que moins longue et plus dynamique. Tout dans cette partie est constitué d’effets: on assiste à des lectures de romans où le ton de voix est exagéré et à des déplacements d’acteurs, inutiles.

Heureusement, la troisième partie est de loin la plus réussie. Les acteurs sont plus justes et le fil conducteur de l’histoire s’est finalement établi. Quatre enfants, élevés dans des milieux isolés du monde, font connaissance. On assiste alors à l’émancipation de leur sensualité et de leur désir charnel. Les couples formés au départ s’interchangent au fil et à mesure qu’ils se rencontrent. Le spectateur comprend alors que bien qu’elle ait été écrite en 1744, la pièce de Marivaux est encore actuelle. Tromperie et charme font encore partie du quotidien de plusieurs et résister à nos pulsions n’est pas toujours évident.

Le hic principal est que la production ne semble pas former un tout. Néanmoins, les décors et les costumes sont judicieusement choisis; les scénographes ont également décidé de jouer avec des masques, ce qui offre un visuel fort intéressant. Il n’est jamais évident pour de jeunes acteurs de monter une pièce de répertoire, en français normatif de surcroît. La technique est importante et somme toute, les étudiants s’en sont bien sortis.

2.5/5

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *