À la uneCultureQuand le pop art rencontre l’art classique

Avatar Catherine Drapeau2 novembre 20153 min

Dans sa dernière exposition TOUT n’est pas un sandwich, l’artiste Louis Bouvier s’amuse à mélanger des objets et des images d’époques différentes et certains mariages se veulent inattendus et humoristiques.

«J’aime présenter et juxtaposer des symboles qui font partie de deux cultures différentes. C’est un thème récurrent dans mon exposition. J’aime jouer avec l’ironie», note le finissant à la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, dont l’exposition se tient jusqu’au 5 décembre à la Galerie de l’UQAM.

Louis Bouvier tente de faire dialoguer plusieurs courants artistiques, ce qui donne lieu à des rencontres improbables. Par le biais de ses œuvres, il souhaite allier les symboles de la vie quotidienne avec ceux d’une culture plus classique. «Dans ma démarche, il est très important pour moi d’utiliser plusieurs de ces symboles et faire des montages anachroniques avec mes idées», explique-t-il.

L’artiste cherche à composer des images qui, lorsqu’elles sont mises ensemble, s’entrechoquent et peuvent créer une réaction d’intrigue ou de surprise. «Il essaye de renouveler des choses qu’on connait déjà et d’en montrer un nouvel angle», remarque son directeur de maîtrise et professeur à l’École des arts visuels et médiatique de l’UQAM, Gwenaël Bélanger.

Sortir de sa zone de confort

Dans le cadre de son exposition, l’artiste tente de mettre de l’avant des techniques inhabituelles, voire moins connues. «On voit souvent les dessins qui sont mis en valeur, mais moi j’ai décidé de les maltraiter, de visser carrément dedans, de mettre des tablettes par-dessus pour les mettre en second plan, comme une toile de fond, afin qu’ils deviennent moins importants», lance le finissant.

Dans sa démarche, il présente une exploration de la deuxième et de la troisième dimension, un aspect avec lequel il était moins familier. Puisqu’il travaillait beaucoup le dessin à partir de l’objet, son défi consistait à apprendre certaines techniques de moulage pour réaliser son projet. «Louis utilise ces objets pour en faire des sculptures et les détourner de leur sens. Il prend des risques et ça marche assez bien», se réjouit son directeur.

Le comité de sélection de la Galerie de l’UQAM a jugé le travail de l’artiste sur plusieurs notions. «Dans notre choix, nous évaluons l’intérêt lié à la démarche artistique de l’étudiant. Nous prenons aussi en compte sa réflexion et l’expérimentation d’une dimension nouvelle pour l’artiste et c’est ce qui nous a séduit dans TOUT n’est pas un sandwich», explique la directrice de la Galerie de l’UQAM et membre siégeant sur le comité de sélection, Louise Déry.

Un titre accrocheur

Le côté humoristique, voire irrévérencieux, de l’artiste est révélateur du choix du titre de l’exposition. «Il voulait quelque chose de punché, qui ne fait pas trop académicien ou prétentieux», avance Gwenaël Bélanger

En disant TOUT n’est pas un sandwich, l’artiste souhaite inspirer les gens afin d’illustrer comment ceux-ci peuvent former leur propre image et leur histoire personnelle. «Le public est libre de les interpréter comme il le veut, tout comme mon exposition. Je ne tiens pas à faire passer de message et je n’essaie pas de changer le monde non plus», précise Louis Bouvier.

Photo : Adrien Baudet

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

À lire aussi