À la uneUQAMDu financement pour les doctorants en science

Avatar Catherine Drapeau31 octobre 20155 min

Depuis un an et demi, les doctorants en science profitent d’un appui financier garanti grâce à la restructuration des finances de la Faculté. Le nouveau programme réjouit le doyen et les professeurs, alors que les étudiants y voient encore certaines lacunes.

L’initiative du doyen de la Faculté des sciences, Luc-Alain Giraldeau, a permis de restructurer le budget alloué à la rémunération des étudiants afin de répartir plus équitablement l’argent entre ceux-ci. L’objectif de ce programme est de consacrer un montant minimal, puisé à même les fonds de recherche des professeurs, afin d’appuyer les étudiants dans leur parcours scolaire. Les professeurs seront par la suite dédommagés par la Faculté.

«À l’UQAM, si on regarde l’ensemble de ce qui se fait pour appuyer financièrement les étudiants, on se rend compte qu’il y en a de l’argent. Le problème est qu’il n’est pas coordonné», remarque M. Giraldeau.

Par le passé, la mauvaise gestion des ressources financières de la Faculté des sciences générait un système à deux vitesse., L’argent était mal réparti parmi les doctorants, estime le doyen de la Faculté. «Avant, il y en avait parmi ceux-là qui faisaient 35 000$, puis d’autres qui faisaient à peine 2 000$», indique-t-il. Avec l’instauration de cette politique, la direction tente d’amener tout le monde à une moyenne plus juste, fait remarquer le doyen.

Le doyen Luc-Alain Giraldeau remarque que les professeurs du Département des sciences de l’UQAM reçoivent plus de demandes qu’il y a de places disponibles. Cette restructuration est surtout très appréciée par ceux-ci, car elle les aide à prendre plus d’étudiants sous leur charge. «Cette implication de la Faculté offre un financement supplémentaire aux étudiants et cela incite tous les professeurs à verser une bourse. Cela est très avantageux pour l’avenir des sciences à l’UQAM», précise la professeure et directrice de maîtrise et doctorat en biologie, Julie Lafond, qui pense que cette mesure attirera des étudiants vers l’université.

Une réjouissance incertaine

Ce programme représente une bonne nouvelle, pense l’étudiante de première année au doctorat en mathématiques Nadia Lafrenière, ajoutant qu’il s’agit aussi de l’opinion répandue chez les étudiants. Par contre, elle indique que cela est présenté comme un appui financier garanti, mais qu’il ne l’est pas réellement à 100%. «C’est présenté comme un 13 000$ garanti, mais il y a des conditions selon lesquelles ton professeur va mettre de l’argent de son fond de recherche pour avoir accès au montant garanti», relate-t-elle.

«On ne peut pas le garantir a 100%, car malheureusement ce ne sont pas tous les professeurs qui ont des fonds de recherche suffisants pour payer les étudiants», confirme l’adjointe au vice-doyen à la recherche et coordonatrice du programme, Josée Savard. Selon elle, certains arrangements sont pris pour essayer d’aider ces étudiants à mettre la main sur des bourses facultaires.

Nadia Lafrenière se désole aussi que l’information sur le financement ne circule pas assez, laissant les étudiants dans l’embarras. Ce sont aux professeurs et aux directeurs de recherche que revient le rôle d’en discuter avec leurs étudiants, croit Josée Savard. «Dans certains départements, le programme est encore méconnu, mais depuis cet été il y a eu un engouement. Tous les professeurs commencent à embarquer», se réjouit cette dernière.

Tout dépend aussi des sources de revenus. Pour se financer, les doctorants ont accès à des charges de cours et à des contrats de correction ou de démonstration, mais, encore une fois, ce n’est pas tout le monde qui en bénéficie. «Cela garantit un montant, mais il faut quand même travailler, donc pour arriver à un montant comme 13 000$ il faut travailler beaucoup d’heures, déplore Nadia Lafrenière. Habituellement, les professeurs remettent 10 500$ et l’étudiant doit s’engager à aller chercher des sous de plus qui correspond a environ 2 500$ par le biais de tâches d’auxiliaire d’enseignement par exemple.»

L’étudiante considère que c’est une faille dans le programme. «Si le programme s’appliquait automatiquement et sans condition, je pense que ça créerait moins de désillusion auprès de gens qui finalement n’ont pas accès au programme.»

Le SÉTUE reste vigilant

La majorité des doctorants a tout de même rapporté au Syndicat des étudiants et étudiantes employé-e-s (SETUE) que cette nouvelle politique leur convenait. Cependant, dans certains cas, le SETUE reste en alerte. Puisque les gens ne sont pas des salariés, ils n’ont aucune protection, selon le Syndicat. «Si l’étudiant se blesse au travail, ils n’aura pas le droit d’avoir recours à la CSST. S’il se retrouve en conflit avec le professeur, ce n’est pas encadré par des lois et des règlements» explique le responsable à la convention collective du SETUE, Carl Robichaud, qui mentionne que les doctorants se retrouvent complètement isolés et sans contrôle sur la situation.

Puisque les professeurs attendent un travail de la part des étudiants en échange de leur bourse, il n’y a pas de protection ou d’encadrement syndical et les doctorants n’ont pas beaucoup de pouvoir sur cela, indique-t-il.

Cette nouvelle répartition du budget est donc mission accomplie pour le doyen, mais il reste encore du chemin à faire afin que l’UQAM réussisse à satisfaire les étudiants et le SÉTUE.

Photo : Alexis Boulianne

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