À la uneCulturePolyglotte, mais pêle-mêle!

Avatar Nicolas Boni-Rowe24 septembre 20153 min

La plus récente pièce signée Olivier Choinière, Polyglotte, tente de montrer les contradictions dans le discours canadien en tant que terre d’accueil, à partir de l’expérience vécue par des nouveaux arrivants. Ainsi, le dramaturge poursuit sa réflexion sur l’identité après Ennemi Public, présentée l’an dernier au Théâtre d’Aujourd’hui, qui mettait l’accent sur la famille québécoise.

La grande originalité de cette pièce est sans contredit la présence d’immigrants non-acteurs jouant leur propre rôle. En effet, cette production raconte l’histoire de huit personnes qui n’ont rien en commun, à part le fait qu’elles tentent d’obtenir la citoyenneté canadienne. Le public suit leur cheminement de leur arrivée au pays, jusqu’à ce qu’elles prêtent serment à la reine. En cours de route, ces immigrants se rendent compte qu’il n’y a pas que des bons côtés à leur pays d’adoption.

La meilleure partie du spectacle se passe justement lorsque les nouveaux arrivants indiquent au public leurs rêves et leurs aspirations en s’établissant au Canada. Le moment le plus touchant de la pièce est lorsqu’ils réalisent enfin que leurs attentes ne deviendront pas nécessairement réalité. Malheureusement, Polyglotte ne met pas assez l’accent sur cette thématique, préférant rajouter du ludisme à la situation par l’entremise de certains clichés comme le dur hiver ou la façon dont certaines phrases peuvent devenir drôles lorsqu’elles passent de l’anglais au français.

Hormis l’histoire et les thèmes abordés, les décors et les projections utilisés pour illustrer les propos et mettre de l’ambiance, tel qu’un portrait de la reine Elizabeth II accroché au mur, sont efficaces. Sur le plan de la technique, la voix omnisciente et bilingue est utile, car elle dirige et pose des questions aux nombreux personnages. Son bilinguisme est toutefois aussi son talon d’Achille, car elle se voit parfois obligée de répéter certains passages – surtout au début de la pièce – dans les deux langues officielles du pays, ce qui ralentit le rythme.

Lorsque le tout est terminé, force est de constater que Polyglotte est peut-être une occasion ratée de réellement sensibiliser la population sur les difficultés qu’éprouvent les nouveaux arrivants à s’intégrer à la société québécoise et canadienne. L’œuvre est brouillonne et s’éparpille en tentant d’être plusieurs choses à la fois, ce qui a pour conséquence d’examiner certains points intéressants seulement en surface. Au final, il est possible de se demander si ce sujet particulier n’aurait pas mieux été servi s’il avait été traité dans un autre médium, comme le documentaire.

Note : 2.5 sur 5

La pièce Polyglotte écrite par Olivier Choinière et mise en scène par Olivier Choinière et Alexia Bürger est présentée au Théâtre Aux Écuries jusqu’au 3 octobre prochain.

Crédit photo : Olivier Choinière

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

À lire aussi