À la uneUQAMUQAM : emplois menacés

Avatar Benoît Lortie3 avril 20153 min

À l’UQAM, les divers scénarios à l’étude pour réduire le déficit budgétaire de 20,7 millions de dollars menacent notamment les employés non permanents. La situation reste floue pour plusieurs.

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Sur le campus, l’information qui circule laisse les employés auxiliaires sur le qui-vive quant à leur avenir. Les permanents seraient bientôt débordés de travail, dit-on, car les coupes nécessaires à l’atteinte des objectifs financiers du gouvernement imposent d’éliminer des postes non protégés en ne renouvelant pas plusieurs contrats de travail. Le cas échéant, ce sont les services aux étudiants qui s’en trouveront affectés.

«En prévision du manque à gagner de 20,7 millions de dollars, dès 2015-2016, l’UQAM recommande la prudence et a annoncé en décembre la suspension pour une durée indéterminée des affichages de postes et des remplacements du personnel administratif et de soutien. Chaque gestionnaire est responsable d’appliquer cette consigne», affirme la direction des relations avec la presse de l’UQAM, Jennifer Desrochers.

La responsable des communications au Syndicat des employés de l’UQAM (SEUQAM), Claire Bouchard, affirme qu’elle n’a pas reçu d’information en ce qui concerne l’abolition de postes. «Il se peut qu’il y ait des contrats non renouvelés ou diminution du nombre d’heures de travail, mais des mises à pied, non», précise-t-elle.

Au sein de l’UQAM, les personnes rencontrées par le Montréal Campus disent ne pas savoir ce qui les attend. L’information qui circule chez les employés concerne surtout les postes intérimaires. Par exemple, lors d’un congé dû à une maladie ou une grossesse, l’UQAM n’offrirait pas d’emploi temporaire à d’autres travailleurs. La préposée au Service de documentation de la Faculté de communication, Héloïse White, craint pour l’avenir de son poste. «On nous a d’abord dit qu’ils ne pouvaient pas nous garantir d’être renouvelés, relate-t-elle. Ensuite, on m’a dit que je pourrais travailler quatre jours par semaine seulement. C’est à confirmer.» Son contrat de travail se termine chaque année le 30 avril, puis elle est habituellement rappelée pour l’automne. Héloïse White demeure toutefois réaliste en sachant que la nature de son poste pourrait l’amener à devoir quitter l’UQAM dans le contexte actuel.

Selon les propos recueillis, les coupes vont plus loin que les postes non renouvelés. Au Service de l’audiovisuel, les employés ont rencontré leur patron le 24 mars. Un projet pilote pour créer des postes permanents à temps partiel sera adopté dès septembre pour remplacer les contrats des employés surnuméraires à temps plein. Aussi, les travailleurs de 60 ans et plus à la cafétéria se sont fait offrir un an de salaire pour des retraites anticipées sur une base volontaire. Les travailleurs permanents affectés aux machines distributrices seront mutés à d’autres services puisqu’une compagnie extérieure a obtenu le contrat. À la bibliothèque centrale, aucune indication n’a été donnée. «On ne sait rien. D’après moi, on n’aura pas d’information avant le premier mai», mentionne la technicienne en documentation, Lyne Roy.

Le recteur Robert Proulx et les syndicats ont négocié au cours des derniers mois, mais aucune décision n’a été prise. Seul le SEUQAM a signé une convention collective avec l’université à l’automne. Le Syndicat des professeurs et le Syndicat des chargés de cours sont toujours dans un processus de négociations. L’UQAM puisera pour l’instant huit millions de dollars dans ses réserves qui étaient destinées à l’informatique et à son Plan directeur immobilier désormais suspendu après le déménagement de l’École des sciences de la gestion.

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