À la uneCultureMontréal, une mode de choix

Avatar Carl Vaillancourt1 avril 20153 min

Les rayons des commerces du Grand Montréal laissent peu de place à le mode du Québec. La principale raison des maux des stylistes montréalais se trouve dans le phénomène de la mondialisation des styles. 

Attentif à l’émancipation de la place de la mode d’ici dans le quotidien des Montréalais, Pedram Karimi, un styliste de la métropole, rêve depuis trois ans d’être reconnu à Paris, à Londres ou à Milan. Les créateurs de mode montréalais ont la lourde tâche de faire compétition aux grandes marques internationales. Plusieurs experts s’entendent sur le fait que la mode de Montréal occupe une petite place sur l’échiquier mondial de l’industrie de la mode. Si plusieurs entreprises d’ici gagnent à être connues, bien peu de gens connaissent les produits fabriqués au Québec.

La diversité offerte dans les boutiques rend la tâche de plus en plus difficile pour les consommateurs de cibler les marques montréalaises. La mondialisation des styles limite la place de la mode locale et la commercialisation des produits d’ici dans les boutiques. «Il est devenu de plus en plus difficile pour les marques montréalaises de s’établir chez nous, surtout à cause de la mondialisation de la mode», affirme la professeure de l’École supérieure de mode de Montréal de l’UQAM, Michèle Beaudoin.

Michèle Beaudoin met la faute sur la sous-représentativité et l’éducation de la mode auprès des consommateurs québécois qui préfèrent choisir les marques bien présentes au petit écran. «Il y a une partie de la faute qui revient aux Montréalais, ceux qui préfèrent acheter les produits d’ailleurs sans trop se poser de questions sur ce qui est offert par nos designers d’ici, il y a une conscientisation et une éducation qui doivent être faites auprès des consommateurs», affirme la professeure. Dans le cas où tous les concitoyens considéraient ces facteurs avant d’acheter, plusieurs entreprises de mode montréalaise seraient viables et pourraient s’émanciper à l’international. «Si chaque personne consacrait 10 % de leurs achats de vêtements, de souliers ou de bijoux à des marques montréalaises, cela aiderait grandement l’industrie locale et permettrait de développer une image de marque plus forte de la mode à Montréal», explique-t-elle.

La mode montréalaise indépendante, avec ses Pedram Karimi, Melissa Nepton et Marc E. Des Rosiers, demeure undergroud. «La mode montréalaise est, selon moi, un marché incontournable de la mode qui gagne à être connu des consommateurs, puisque peu importe où vous vous situez à travers le temps, elle s’adapte aussi bien à son époque», mentionne Pedram Karimi.

Pedram Karimi lui, s’attaque principalement à la représentativité des marques canadiennes au sein de l’industrie montréalaise. «Montréal n’a pas suffisamment de points de vente réservés aux marques de luxe, donc encore moins qui proviennent de designers canadiens d’envergure», mentionne le styliste. Parmi les boutiques de luxe qui mettent en évidence les créateurs d’ici, il y a notamment la boutique 363 qui présente les collections du styliste québécois, Marc E. Des Rosiers.

Il existe toutefois des exceptions à la règle pour l’industrie de la mode montréalaise. L’entreprise internationale spécialisée en chaussures, Aldo, tire son épingle du jeu. «C’est assez incroyable lorsque vous constatez le succès que connaît Aldo au niveau de ses chaussures qui s’implantent aux quatre coins du globe. Il est parmi les gros joueurs de l’industrie de la chaussure», affirme Michèle Beaudoin. Des membres de l’Association étudiante de l’École supérieure de mode (AEESM) de l’UQAM, Marc-Tavio Folly et Samantha Daoust, partagent l’avis de leur professeure. «Nous avons appris que la mode montréalaise est à peine présente sur les scènes internationales, mais elle a tout le potentiel pour en faire partie», croient les deux étudiants.

Si la mondialisation de la mode s’avère une embûche de taille quant au développement de la notoriété de la mode montréalaise, les futurs gestionnaires et stylistes devront trouver le moyen d’accroître l’intérêt et de conscientiser l’ensemble de la clientèle cible à acheter une partie des vêtements faits ici. Parmi ces solutions, il y a la vente en ligne par voie du e-commerce, la diversification des activités outre-mer et l’accroissement des subventions gouvernementales.

 

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