À la uneUQAMÀ deux, c’est mieux!

Avatar Jean-Philippe Guilbault13 février 20153 min

La Galerie de l’UQAM accueille deux expositions en ce début de session hivernale : Le Désordre des choses et Transcender l’architecture. Si la première se veut une ode à la dissidence, la seconde cherche plutôt à explorer la construction de nos connaissances.

Depuis le 9 janvier 2015, la Galerie de l’UQAM présente Le Désordre des choses d’un collectif d’artistes dont Michel de Broin, Arkadi Lavoie Lachapelle, Mathieu Lefevre. Orchestrée par les commissaires Marie-Ève Charron, qui est également critique d’art pour Le Devoir, et Thérèse St-Gelais, professeure au département d’Histoire de l’art de l’UQÀM, l’exposition cherche à présenter l’intrus comme étant une composante essentielle à notre société. Automobile à pédales, faux procès en plein métro de New York, stagiaire inutile chez la firme comptable Deloitte, plusieurs toiles, vidéos et sculptures cherchent à déstabiliser le visiteur. « On s’est dit pourquoi ne pas faire quelque chose qui travaille sur ce qui met un grain de sable dans l’ordinaire, dans le quotidien, mais dans différents lieux : au travail, dans le milieu institutionnel, dans le milieu privé, dans le milieu de l’art » raconte la commissaire Thérèse St-Gelais. Justement, le vernissage du Désordre des choses n’a pas été de tout repos pour les deux commissaires. Adepte d’embuscade aux œufs remplis de paillette (1 600 oeufs devant l’entrée du Musée d’art contemporain de Montréal en 2010), Arkadi Lavoie Lachapelle a recréé l’expérience, à l’insu des commissaires. « On a été très surprises parce que ça a créé des problèmes. Elle bloquait l’entrée, la seule, pour les handicapés et les ambulanciers. » Malgré tout, l’exposition se veut un lieu libérateur et de réflexion sur les bienfaits de la désobéissance. « Il en faut parfois de la désobéissance, s’exclame Thérèse St-Gelais. La désobéissance peut être salvatrice! »

Construire le savoir

Transcender l’architecture de la finissante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques Marie-Ève Martel, plonge pour sa part le visiteur dans deux états aux antipodes l’un de l’autre. Installation en deux étapes, la première est inspirée par la Beinecke Rare Book and Manuscript Library de l’Université de Yale et la seconde d’une cabane rustique à Walden Pond (Concord, MA). Le livre de Henry David Thoreau, Walden ou la Vie dans les bois, est également au cœur de la seconde moitié de l’installation de Martel. « Je cherchais à capter un paquet d’idée qui illustre l’univers de Thoreau », explique l’artiste qui s’intéresse à notre conception d’un lieu de savoir. « L’installation est une extansion dans l’espace de l’impression qu’a eu chaque building sur moi. » La section inspirée de la bibliothèque de la prestigieuse université américaine vise à intimider de par sa construction cartésienne et épurée. « Lorsque l’architecte Gordon Bunshaft a présenté la bibliothèque, il la comparait à une boîte à bijoux », raconte Marie-Ève Martel. « Il voulait mettre en valeur la richesse des livres détenus par l’université, sans pour autant les rendre accessibles ». Seul un trou dans le mur blanc de l’installation rappelant les motifs quadrillés de la Beinecke Library aide le visiteur à passer de l’autre côté de l’installation. Du white cube de la première partie, il est alors possible d’entrer dans un environnement plus sombre où toiles de l’artiste et extraits de l’œuvre de Thoreau sont transcrits à la main. Un changement d’état qui confronte le lieu du savoir institutionnalisé à un endroit où règne le fait-main et l’environnement naturel.

 

À venir, à la Galerie de l’UQAM

Le Désordre des choses sera présenté à la Galerie de l’UQAM jusqu’au 21 février 2015 et une soirée discussion avec les artistes de l’exposition est prévue pour le 10 février prochain. Transcender l’architecture n’y est, pour sa part, que jusqu’au 14 février 2015. Par la suite, le lieu d’exposition prendra une tournure politique en présentant l’œuvre de l’artiste multidisciplinaire Aude Moreau, La nuit politique. Analyse des panoramas des villes de Montréal, New York et Los Angeles, l’exposition mettra en lumières leurs composantes socio-économiques. Louise Déry en sera la commissaire et elle aura lieue du 6 mars au 11 avril 2015.

Évidemment, les finissants au baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM auront également droit à leur exposition. Passage à découvert se tiendra du 24 avril au 9 mai 2014 avec le vernissage prévu pour le jeudi 23 avril à 17h30.

Crédit photo : Galerie de l’UQAM

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *