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Emile Mercille Brunelle24 septembre 20132 min

La cinéaste Carole Laganière éprouve énormément de sympathie pour sa mère, Colette, atteinte de la maladie d’Alzheimer. C’est pour cette raison que cette dernière incarne le noyau de son nouveau long métrage, Absences. En ce sens, son documentaire traduit essentiellement une volonté d’enregistrer ce qui ne reviendra pas, alors que la cinéaste demeure consciente qu’elle est en train de perdre sa mère. Autour de cette histoire marquée par la résilience d’une personne âgée vivant avec beaucoup de sérénité son destin tragique, il y a Inès, Deni et Nathalie, trois intervenants qui vivent des combats similaires à celui de la réalisatrice, à savoir la perte d’un être cher.

Absences est un documentaire qui a le mérite de capter des témoignages touchants et authentiques de la part de quatre participants (incluant la mère de la cinéaste) qui tiennent à partager leurs états d’âmes par rapport aux dures épreuves qu’ils doivent traverser. La réalisation sobre, toute en subtilité, se distingue toutefois grâce aux magnifiques décors qui ne manquent pas d’évoquer la profonde nostalgie ressentie par les protagonistes.

Les 4 participants semblent très à l’aise avec la présence d’une caméra. La cinéaste leur offre aussi la chance de raconter les circonstances qui les ont amené à vivre leur quête respective.

Deni a vécu un grave déracinement causé par son propre père, alors qu’Inès veut retrouver sa mère qui l’a abandonné lorsqu’elle était très jeune, et que Nathalie mène sa propre enquête pour retrouver sa sœur qui a disparu il y a plusieurs années. Finalement, il y a Colette, la mère de la cinéaste, qui perd tranquillement ses capacités de mémoire et de communication.

La cinéaste s’immisce subtilement dans des situations intimes, pour en faire ressortir les éléments qui font inévitablement éprouver de l’empathie à l’égard de ces êtres humains vivant tous une lutte commune, mais chacun à sa façon.

Dommage que le film soit aussi court. La réalisatrice a choisi les bonnes personnes pour appuyer son propos, mais toutes ces histoires riches en émotions auraient gagné à être davantage développées. Parce que malgré toutes les belles séquences offertes par Carole Laganière, le sentiment qu’il manque quelque chose persiste après la projection. Cette déception est néanmoins la preuve que ce nouveau documentaire vaut largement le détour.

Absences, Carole Laganière, Canada (Québec), 74 min., présentement à l’affiche au cinéma Excentris.

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