BaromètreAdaptation mécanique

Avatar Laureanne Rivard16 février 20132 min

Violence et nudité; ainsi s’est célébrée la Saint-Valentin le 14 février dernier au théâtre de l’Olympia. On y présentait la grande première médiatique de l’adaptation québécoise du roman culte d’Antoine Burgess, Orange Mécanique, attendue avec impatience.

Le public était, sans le moindre doute, d’ores et déjà averti, ayant pour la majorité déjà visionné l’adaptation cinématographique de l’œuvre par Stanley Kubrick. «Mais il ne faut pas s’attendre à voir le film. C’est une une adaptation théâtrale du livre d’Anthony Burgess», expliquait en entrevue la metteure en scène Véronique Marcotte. La pièce n’a en rien exalté les sentiments appréhendés par l’audience de malaise et d’horreur pourtant omniprésents dans le film.

On assiste d’abord aux multiples atrocités commises par Alex (Maxime Le Flaguais) et ses drougs – ou partenaires de crimes –, comme bastonner un sans-abri, saccager une maison, violer une femme sous le regard impuissant de son homme. Ces scènes se trouvaient à la limite du burlesque tant les mouvements étaient surjoués. Le langage poétique et unique des personnages nous rappelait vraisemblablement les narrations de la version de Kubrick mais semblait, dans cette interprétation, soulever un sentiment emphatique, une teinte artificielle qui allait de pair avec la chorégraphie des comédiens.

C’est en entamant la seconde partie que le jeu de Maxime Le Flaguais parvient peu à peu à nous chercher. Avec un discours beaucoup plus moralisateur, on assiste à la rééducation du voyou Alex suite à son arrestation. Charmeur et repentant, on nous fait adroitement vivre le paradoxe du protagoniste, cobaye volontaire pour suivre une thérapie financée par le gouvernement afin d’éliminer en lui toute trace de violence et de délinquance.

La pièce prend alors un angle beaucoup plus philosophique et efficace, ce qui lui permet de prendre fin sur une note juste et appréciée. Cela dit, pas suffisamment pour marquer les esprits et s’en trouver à la hauteur des attentes d’un public aussi fébrile.

Orange mécanique, mise en scène de Véronique Marcotte. Représentations prévues à L’Olympia de Montréal les 15 et 16 février, et 8 et 9 mars, ainsi qu’à l’Impérial de Québec du 20 au 23 février, puis à Gatineau et Sherbrooke en avril.

Crédit photo : Dézod Média

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