À la uneSociétéLe sac ne fait pas la conscience

Avatar Fanny Samson21 novembre 20123 min

Des verts, des rouges, des petits, des grands… Les sacs réutilisables s’adaptent à toutes les tendances. Une mode qui fait grincer des dents les environnementalistes.

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Au supermarché, plusieurs choix s’offrent aux consommateurs lorsque la caissière leur demande : «Avez-vous besoin d’un sac ?» Certains choisiront un nouveau sac réutilisable qu’ils ajouteront à leur collection laissée dans leur voiture ou à la maison. L’alternative par excellence au sac de plastique, le sac réutilisable procure bonne conscience aux consommateurs, à défaut de donner des certitudes aux environnementalistes. Certes, ces sacs sont réutilisables, mais pas recyclables.

Pour être recyclé dans un centre de tri, un sac doit être fabriqué à partir d’une seule matière, sans quoi il va directement à l’enfouissement. Ce qui est rarement le cas, selon le président directeur général du groupe RCM, Récupération Mauricie, Michel Camirand. «Ça fait des beaux sacs, mais ils sont souvent faits de matières qui sont incompatibles les unes avec les autres. On n’a pas le temps de couper les poignées, de séparer les matériaux et de les recycler », explique-t-il. Dans le cadre d’un dossier publié dans le Journal de Montréal en janvier 2011, 20 sacs réutilisables différents ont été testés. De ce nombre, seulement deux étaient faits d’une seule matière. Michel Camirand sait que ces citoyens veulent bien faire, mais le sac devient un problème pour lui au centre de tri. «Quand on met le sac dans le bac, il devient un contaminant. Le centre doit payer pour s’en débarrasser et il doit l’incinérer», précise-t-il.

Bien choisir son sac reste donc un mandat difficile pour le consommateur. RECYC-QUÉBEC se penche présentement avec Éco Entreprise Québec (EEQ) et les associations de détaillants, sur la question de la recyclabilité afin que les détaillants puissent mieux choisir leurs sacs et ainsi éviter l’enfouissement, explique la porte-parole. L’industrie s’est vite attaquée aux sacs de plastique dans son Code volontaire de bonnes pratiques sur l’utilisation des sacs d’emplettes, adopté en 2008. Toutefois, les répercussions et le processus d’évaluation tardent à être établis.

Lutte symbolique

Le sac le plastique a été le principal bouc émissaire de notre dette environnementale puisqu’il représente, selon le directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Karel Ménard, un symbole de notre surconsommation. Le Code, qui se fait sur une base volontaire, encourage l’utilisation des sacs réutilisables. «Ce n’est pas mauvais en soi. Les gens ont beaucoup de sacs réutilisables, mais l’impact sur l’environnement est purement symbolique. Les sacs uniservices dérangent l’oeil. Du côté des déchets, ça représente un petit volume, mais un gros pour notre imaginaire collectif.»

«Il est clair que la réduction à la source s’applique aussi pour les sacs réutilisables et qu’il est inutile pour les citoyens d’en faire une collection», affirme l’agent de développement industriel chez RECYC-QUÉBEC, Jérôme Cliche. Le directeur de la FCQGED, Karel Ménard estime que la société québécoise stagne quant à la réduction des déchets.

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Vert ou pas ?

L’Avis sur les sacs d’emplettes publié en 2007 par RECYC-QUÉBEC tire plusieurs conclusions sur leur impact environnemental. La réduction à la source est la meilleure solution pour répondre à la problématique des sacs d’emplettes. Choisir un sac réutilisable permet de réduire la quantité de déchets à la source et son impact est moindre pour l’environnement. Le sac réutilisable permet également un changement de comportement chez le consommateur. Après quatre utilisations, le sac réutilisable de plastique est plus rentable pour l’environnement que le sac conventionnel. Son impact sur l’environnement est proportionnel à son nombre d’utilisations. Le sac de plastique se retrouve en deuxième position s’il est réemployé au moins une fois et éliminé par incinération.

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