BaromètreCultureThéâtre de combat

Avatar Thomas Dupont-Buist16 mars 20122 min

Lançons-nous un défi, voulez-vous? Tentons de qualifier le théâtre qui nous est proposé ces jours-ci à l’Espace Libre. Juste pour le plaisir. Un peu, aussi, parce que tellement de gens ont prétendu que ce que faisaient les collectifs belges Transquinquennal et Groupe Toc n’était pas du théâtre. Mais encore parce que, comme ils le disent eux même, «ce n’est pas du jet-ski». Comment qualifieriez-vous une pièce contenant un marteau piqueur en action, un pingouin révolté et quelques cadavres dans des sacs? Pas facile, hein? La seule idée qui me vient en tête en repensant à Capital Confiance, c’est un théâtre de combat. Aucun pugiliste sur scène, pourtant, et même pas d’échauffourées. Le combat, il se déroule entre les sept acteurs/metteurs en scène/auteurs et leur public. C’est-à-dire vous, c’est-à-dire moi. Vous et moi qui nous en faisons sacrer toute une par un collectif coup de poing bien mieux préparé que nous à se battre. Faut dire qu’on s’attend rarement à manger une bonne raclée en allant au théâtre. C’est pourtant ce qui va vous arriver si vous daignez tenter la vision belge de la crise économique.

Capital Confiance prend la forme d’un bon vieux combo à la Mohamed Ali, véritable succession de jabs-tableaux, agrémenté de bons crochets verbaux et prenant fin avec l’uppercut doré qui met le spectateur K.O. Objet théâtral non identifié, le spectacle se veut satyre de la crise économique. On vous narguera quelques minutes sur vos prétentions de spectateur de théâtre, tout en vous disant que «vous êtes un bon public», sourire en coin à l’appui. Puis, un pingouin viendra vous prodiguer quelques conseils judicieux pour sortir de la crise tels que: «dépensez plus» et «serrez-vous la ceinture». Autrement, vous aurez droit à une présentation PowerPoint sur la beauté de la vie, remplie d’oiseaux, de vagues et de forêts. Seul détail discordant, celle-ci sera donnée par deux femmes aux têtes démesurées qui viennent d’expliquer leur volonté profonde de se défenestrer.

Le tout est juteux comme un bouillon de soupe populaire au fumet de bonne vieille crise économique. Ils l’on-tu l’affaire, les Belges! Et si vous n’aimez pas ça, un bouton permettant d’arrêter le tout sera mis à votre disposition. Que voulez-vous de plus? Ne me dîtes pas que vous préférez le jet-ski!

Capital Confiance des collectifs Transquinquennal et Groupe Toc du 13 au 17 mars 2012 à l’Espace Libre.

Courtoisie: Herman Sorgeloos

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