UQAMUn camp de formation qui dérange

Le camp de formation de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) – qui s’est déroulé à l’église Saint-Barnabé samedi dernier et à l’Université McGill le lendemain – a connu une assistance record, malgré les difficultés d’organisation.

Ce camp devait initialement se tenir à l’Université de Sherbrooke qui a refusé, invoquant des raisons de sécurité. Motif également évoqué par l’UQAM et le Cégep André-Laurendeau, tous deux au dernier moment. «C’est un geste de panique de la part des administrations, notamment celle de l’UQAM, qui tente de nous mettre des bâtons dans les roues étant donné la menace de grève générale illimitée cette session. Il n’y avait absolument rien de dangereux dans le camp», s’exclame Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE.

Malgré tout, plus de 150 personnes ont participé à chacun des ateliers. «On s’attendait à beaucoup de participants, mais nous sommes étonnés d’en avoir eu autant», déclare le porte-parole. Selon leurs archives, il s’agirait du camp de formation de l’ASSE le plus populaire jusqu’à présent.

«Ce camp était une sorte de mise à niveau de tous les membres, surtout pour ceux du Cégep, afin de mieux les préparer pour le reste de la session très chargée. Avec la très forte probabilité d’une grève générale illimitée, il s’agit d’une façon de les rassurer», élabore Marie-Éve Tremblay-Cléroux, organisatrice du camp et membre du comité de formation de la Coalition. À l’ordre du jour, des conférences, des ateliers de formation et un spectacle militant samedi soir. «Il y avait vraiment une belle ambiance au sein du camp. C’est vivant, intéressant et ça nous aide à complémenter l’information qu’on possède déjà», commente Vincent, étudiant en sciences humaines au Collège Lionel-Groulx.

Le succès du camp de formation pourrait s’expliquer par le faible coût de l’événement et le contenu varié. «Les coûts pour le camp se chiffraientà environ 30$ par personne, ce qui n’est rien comparativement à ceux des associations étudiantes qui seraient de plusieurs centaines de dollars par personne», raconte Marie-Éve Tremblay-Cléroux. «C’est un événement pour lequel les sous valent la peine d’être investis. J’étais déjà familier avec les propos tenus, mais ici, il s’agit d’un véritable transfert de connaissances entre participants et organisateurs», explique Tristan Ouimet Savard, étudiant à la maîtrise en science politique à l’UQAM.

Victimes de profilage
Non seulement la CLASSE s’est heurtée à la réticence des institutions scolaires lors de son camp de formation, mais aussi à celle des instances policières, de peur de représailles. «Certains noms des conférenciers du camp de formation de la CLASSE ont dû rester confidentiels à la suite du profilage de la part du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)», a affirmé Marie-Ève Tremblay-Cléroux.

À la suite de l’arrestation de six de ses membres en juillet dernier, l’ASSE avait déposé une requête à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour profilage de la part de l’escouade responsable du Guet des activités et des mouvements marginaux et anarchistes (GAMMA) du SPVM.

Crédits photo: Yessica Paola Valderrama Chavez 

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