UQAMLes ravages du printemps arabe

Avatar Fanny Samson31 janvier 20122 min

Plus d’un an après avoir revendiqué l’exonération de leurs frais de scolarité de l’hiver et du printemps, les étudiants tunisiens de l’UQAM font le point sur une année forte en révolutions et difficultés financières.

Antidote 10

Premier pays à entamer une révolution, la Tunisie est aujourd’hui aux prises avec une crise économique, qui affecte les étudiants d’ici. Alors qu’une quarantaine d’uqamiens haïtiens avaient été exemptés de leurs frais par le ministère de l’Éducation lors du séisme qui a ravagé leur pays en 2010, rien n’a été fait pour leurs homologues tunisiens. Ils n’ont pas obtenu d’aide financière de la part de l’Université du peuple, ni du gouvernement.

Au Québec depuis avril 2010, Ahmed Dridi, étudiant au doctorat en administration des affaires, se dit mécontent du peu de ressources financières au Québec. Celui qui a étudié au Nouveau-Brunswick pendant six ans a toujours bénéficié de bourses. «J’ai appliqué pour six bourses jusqu’à maintenant et je n’ai eu aucune réponse. Je trouve ça un peu honteux et injuste», dénonce Ahmed Dridi.

La conseillère à la vie étudiante au Service des relations internationales de l’UQAM (SRI), Hélène Durand-Nadeau, soutient que son service a aidé les étudiants cas par cas, que ce soit en leur fournissant de l’aide psychologique ou des délais supplémentaires pour leurs paiements. «Parmi plus de 180 étudiants tunisiens, plusieurs ont eu des arrêts de rentrées de fonds ou encore des inquiétudes par rapport à leur famille. Tout cela a créé beaucoup d’achalandage et de demande», rappelle-t-elle.

Un avenir incertain
Si les Tunisiens se sont réjouis par la réussite de leur démarche démocratique, la crise économique qui sévit au pays ne les fait pas rire. Selon Ahmed Dridi, il s’agit d’un passage obligé vers un monde meilleur. «On est contents que la dictature soit partie, mais il y a des coûts. Tous les changements doivent passer par des pertes socio-économiques.»

La majeure partie de la famille d’Imane Najar, étudiante en sociologie, vit en Tunisie. L’inflation a fait augmenter de façon considérable le prix du pain, du lait et de tous les autres produits de base. Les familles des deux Tunisiens ont été touchées par la crise économique. «C’est difficile, mais il faut passer par là», soupire l’étudiante. Les Tunisiens ont réussi à avoir le dessus sur Ben Ali, après 23 années au pouvoir. Pour Imane Najar, qui a connu de près et de loin la répression du gouvernement, il s’agit d’un pas énorme pour la liberté d’expression.

Le SRI n’a pas été en mesure de divulguer combien d’étudiants ont dû quitter leurs études à la suite des révolutions dans leurs pays. Les étudiants qui ne réussissent pas à prouver qu’ils ont acquitté leurs factures auprès de l’UQAM risquent de ne pas pouvoir renouveler leur permis d’immigration. Selon Imane Najar, toutefois, les étudiants tunisiens qui sont venus étudier au Québec risquent de revenir au Canada puisque la crise économique les empêche de se dénicher un emploi.

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