UQAM: Objectif monde

Internationalisation de l’UQAM

De Tunis à Montevideo, l’UQAM quitte le confort du Quartier Latin et se tourne vers le monde. Sans complexe, elle déploie son expertise et son savoir sur quatre continents.

Pas besoin d’étudier entre des murs bruns pour être uqamien. D’Istanbul à Bamako, 600 jeunes professionnels ont bénéficié de l’enseignement de 125 professeurs de l’UQAM au cours des cinq dernières années. Bien qu’ils ne datent pas d’hier, les différents programmes internationaux de l’UQAM sont aujourd’hui primordiaux pour le rayonnement de l’Université.
Pour ces cadres polonais, maliens ou mexicains, l’objectif est d’obtenir une maîtrise en administration des affaires d’une université nord-américaine, tout en conservant leur travail dans leur pays d’origine. «Ils veulent un MBA qui sera reconnu en Amérique du Nord et en Europe, affirme Jean Harvey, professeur au département de management et de technologie de l’UQAM. Ils valorisent particulièrement l’expertise canadienne, car le pays jouit d’une bonne réputation, meilleure que celle des États-Unis par exemple.» Les universités étrangères qui accueillent ces programmes le font à grands frais puisqu’elles assument tous les coûts liés au déplacement, à l’accueil et à la rémunération des professeurs de l’UQAM. Dans le pays d’accueil, les étudiants admis paient des sommes importantes à leur université pour recevoir cette formation. Pour chaque étudiant diplômé de son programme de MBA, l’UQAM reçoit entre 1500 $ et 2500 $. L’UQAM engrange ainsi entre 750 000 $ et 900 000 $ tous les deux ans environ (la durée d’un MBA) grâce à ses professeurs envoyés aux quatre coins du monde.
Mais quels sont les autres avantages de l’UQAM à s’exporter? Selon le directeur du programme de MBA pour cadres de l’ESG UQAM, Robert H. Desmarteau, cette internationalisation du MBA constitue une stratégie nécessaire pour maintenir et développer la réputation de l’Université au niveau international. «On va à l’extérieur pour enrichir et peaufiner notre expertise, mais aussi pour faire en sorte qu’elle soit reconnue à l’extérieur de nos murs», explique-t-il avec conviction. D’après Jean Harvey, les échanges entre les professeurs uqamiens et les professeurs des universités d’accueil permettent à chacun de bonifier ses méthodes d’enseignement.
Au cours des 20 dernières années, Jean Harvey, a beaucoup enseigné en Amérique latine, mais aussi en France et en Roumanie. Ces cours, il les commence toujours de la même manière: «Ici, je vais apprendre au moins autant que vous». Selon le professeur globe-trotter, son expérience sur le terrain profite aussi à ses étudiants à Montréal. «Un prof qui sait de quoi il parle quand il discute des problèmes d’opération au Mexique, c’est une valeur ajoutée pour les étudiants locaux. C’est plus que juste des chiffres, c’est la réalité.»
Ce positionnement de l’UQAM à l’extérieur du territoire canadien lui permet aussi de s’associer à de prestigieux partenaires sur d’autres projets. «Nous ouvrons à Moscou l’année prochaine un programme de double diplôme avec le Boman State University, l’équivalent du MIT en Russie, fait valoir, non sans fierté, Robert H. Desmarteau. Comment en sommes-nous arrivés là? Le ministère des Affaires étrangères canadien était au courant que cette université se cherchait un partenaire et connaissait notre programme et notre expérience à l’international. Ils sont donc venus cogner à notre porte.»
Les étudiants sur le terrain

Bien que le programme de MBA de l’ESG soit l’exemple le plus connu de l’internationalisation de l’Université du peuple, les étudiants de l’UQAM ne sont pas en reste. Outre les échanges universitaires et les écoles d’été, les étudiants de deuxième et de troisième cycles peuvent participer à l’UQAMERCOSUD, un institut d’études internationales sur l’Amérique latine offert en Uruguay. Le programme, ouvert à tous, même s’il attire principalement des étudiants en communication et en sciences politiques, prend la forme de séminaires donnés à Montevideo. Selon Francis Brown, ex-participant et actuel coordonnateur du programme, c’est principalement les échanges avec la population qui font la richesse d’UQAMERCOSUD.
«Avec le contact direct avec les gens, on peut bien comprendre la société uruguayenne, soutient l’ancien étudiant. Être sur le terrain, mettre en pratique les apprentissages, c’est tellement différent d’un cours magistral.» D’après Félix Faucher, étudiant qui a participé à la dernière édition du projet, lire la section internationale de nos journaux ne suffit pas à se faire une idée juste de ce qui se passe ailleurs. «Côtoyer un peuple différent du nôtre permet d’avoir une meilleure compréhension de ce que ces gens perçoivent, et peut-être aussi de modifier la perception que l’on a de notre ville, province et pays.»
Selon Jean Harvey, l’UQAM doit continuer sa conquête de la planète. «Le monde ne s’adaptera pas aux règles de l’UQAM. Si on veut être des joueurs sur la scène internationale, on doit être aussi agile que la concurrence.» L’UQAM est pleinement gagnante de son virage international, estime Francis Brown. «C’est extrêmement intéressant pour l’UQAM, parce que ça lui demande peu de ressources humaines et financières, alors qu’au final, elle gagne beaucoup de dynamisme académique.»

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