L’UQAM sort du gouffre

La situation financière difficile de l’UQAM est presque réglée, croit le recteur Claude Corbo. S’il a reconnu qu’il est encore trop tôt pour crier victoire, son allocution annuelle de la rentrée, le 29 septembre dernier, était teintée d’optimisme.

«L’UQAM marche avec assurance dans un chemin bien balisé» est l’actuel leitmotiv de Claude Corbo. 40 000 étudiants se sont inscrits à l’UQAM cet automne. Nous serions donc revenus, selon le recteur, au bassin normal de l’Université, un nombre d’inscriptions qui avait continuellement baissé depuis 2006. Après la crise immobilière qui l’a secouée, l’Université reprend du poil de la bête, selon Claude Corbo. Et pour le conforter dans son optimisme, le gouvernement du Québec va libérer 60 millions de dollars en subventions retenues, «dans un avenir qu’on espère proche». Pour obtenir ce montant, l’Université a dû faire approuver son Plan de retour à l’équilibre budgétaire 2009-2014 par le Conseil des ministres, le 7 juillet dernier.

Claude Corbo compte sur le recrutement de nouveaux étudiants pour atteindre l’équilibre budgétaire. Cette année, les priorités de l’Université seront le recrutement étudiant, la modernisation des pratiques pédagogiques et l’amélioration des efforts consacrés à la recherche. Pour attirer les étudiants à l’aube d’une nouvelle hausse des frais de scolarité, l’Université compte également donner plus de bourses. D’ailleurs, malgré les compressions budgétaires, l’UQAM s’était gardé l’an dernier un coussin de 12 M de $ destiné entre autres aux bourses étudiantes, affirme la vice-rectrice aux affaires administratives et financières Monique Goyette.

Ces objectifs ne se réaliseront pas en criant ciseaux, a cependant rappelé le recteur de l’UQAM. En rappelant l’ampleur du sous-financement des universités, estimé à environ 400 millions de dollars, Claude Corbo a martelé que les établissements d’enseignement supérieur ont besoin de plus de ressources pour continuer à contribuer à la société québécoise. «Affaiblir aujourd’hui les universités, c’est affaiblir demain le système de santé, d’éducation, la productivité et la compétitivité des entreprises ainsi que la vitalité de la culture», a-t-il affirmé lors de son discours.

Le recteur a profité de son allocution pour rappeler l’austérité qui dominera la gestion de l’Université cette année encore. En effet, le projet de loi 100, qui contraint les secteurs public et parapublic à réduire leurs dépenses, force l’UQAM à couper dans le gras. «Avec cette mesure, le gouvernement envoie deux messages aux universités, estime le recteur. D’abord, elles doivent accroître leur performance et rendre davantage de comptes au gouvernement. D’autre part, les ajouts de ressources doivent servir essentiellement à améliorer les services directs aux étudiants et réduire les déficits.» Le conseil d’administration de l’établissement, qui a approuvé les mesures du plan mardi le 28 septembre dernier, croit toutefois que l’Université devrait être soustraite à la loi 100, puisqu’elle a constamment réduit les dépenses visées depuis trois ans. L’UQAM a présenté son plan au ministère de l’Éducation jeudi le 30 septembre et est donc en attente de l’approbation du gouvernement.

L’allocution du recteur, destinée à toute la communauté uqamienne, se retrouve en retransmission sur le site de l’UQAM.

 

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