Non classéSétue pareil?

Marie-Christine Beaudry29 octobre 20093 min

Comparaison des conventions collectives des étudiants employés

Pour savoir si la nouvelle entente de travail du Sétue fait de l’Université du peuple un employeur compétitif, Montréal Campus a comparé les conditions de travail des employés étudiants de l’UQAM à celles des autres universités.

Le 8 octobre dernier, le Syndicat des étudiants employés de l’UQAM (Sétue) a ratifié en assemblée générale sa nouvelle convention collective. Elle prévoit notamment une augmentation salariale de 5,4% à 32,4% selon les emplois d’ici 2013. Pour l’UQAM, ces majorations visent entre autres à attirer davantage d’étudiants aux cycles supérieurs. L’effet pourrait toutefois être mitigé. Si l’UQAM rattrape aujourd’hui l’Université de Montréal (UdeM) et devance l’Université Laval, l’Université d’Ottawa emporte la palme de la générosité.

Dans les négociations avec l’UQAM, le principal cheval de bataille du Sétue était d’obtenir la parité avec l’UdeM. C’est maintenant chose faite avec la nouvelle convention ratifiée. Le salaire horaire pour un étudiant de premier cycle qui travaille en tant qu’auxiliaire est fixé, pour les deux institutions scolaires, à 13,74$ pour l’automne 2009. Les étudiants employés qui remplissent la même fonction, mais qui étudient au deuxième cycle, recevront quant à eux un salaire horaire de 19,35$. Finalement, les auxiliaires d’enseignement qui étudient au troisième cycle percevront un salaire global de 21,72$. Des hausses annuelles de salaires sont également prévues dans les deux universités, en conformité avec la politique salariale du gouvernement du Québec.

Les «paies vacances» sont aussi équitables. Toute personne étudiante salariée qui travaille dans une des universités francophones montréalaises a droit à une indemnité de vacances équivalant à 8% de son salaire.

Si les étudiants employés de l’UQAM peuvent se réjouir pour le moment d’avoir obtenu des conditions égales à celles ayant cours de l’autre côté de la montagne, l’équité ne durera pas éternellement. La convention collective du Syndicat des Étudiants et Étudiantes salariés de l’Université de Montréal (SESUM) expirera en 2011. Les étudiants employés de l’UdeM pourront à ce moment négocier leurs conditions à la hausse une fois de plus, bénéficiant ainsi de deux ans d’avance sur le syndicat uqamien. «Mais ce n’est pas grave, commente la responsable à l’interprétation de la convention collective du Sétue, Marielle Lacombe, parce que nous pourrons réitérer notre demande d’équité avec l’UdeM à ce moment-là.»

Laval: un pas en arrière

La convention collective du Syndicat des auxiliaires de recherche et d’enseignement (SARE) de l’Université Laval est pour sa part moins avantageuse pour les travailleurs étudiants. Tout d’abord, le salaire horaire des auxiliaires est inférieur à celui que perçoivent les étudiants employés des deux universités montréalaises. Par exemple, un auxiliaire qui étudie au premier cycle et qui travaille à l’Université Laval gagne cet automne 10,67$ de l’heure, soit 2,57$ de moins qu’un étudiant qui travaille à l’UQAM ou à l’UdeM.

Les avantages sociaux perçus par les étudiants employés de l’Université Laval sont également inférieurs aux avantages inscrits aux conventions du Sétue et du SESUM. Par exemple, l’indemnité de vacances des employés de l’université de la Vieille Capitale est de 6%, soit 2% de moins qu’à Montréal.

Ottawa loin devant

Les plus chanceux restent cependant les étudiants employés de l’Université d’Ottawa. À titre indicatif, un étudiant employé y gagne un salaire horaire de 22,71$, comparativement à 13,24$ pour les étudiants montréalais et 10,67$ pour ceux de Québec.

Mais ce n’est pas tout. À l’UQAM, comme à l’UdeM, le salaire horaire est attribué selon le degré d’études. Par exemple, un étudiant de premier cycle gagne moins qu’un étudiant de deuxième cycle, qui lui-même gagne moins qu’un employé doctorant. Or, à l’Université d’Ottawa, le salaire dépend non seulement du niveau d’études, mais également du type de travail effectué. En ce sens, un correcteur – qui doit posséder un diplôme de premier cycle – est payé cet automne 27,25$/heure, tandis qu’un assistant de recherche, un tuteur ou un assistant d’enseignement en perçoit 37,83$. Avec des salaires aussi alléchants que ceux qu’offre l’Université d’Ottawa, les étudiants aux cycles supérieurs ont de quoi bien réfléchir avant de choisir leur institution universitaire!

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