Le tube de l’été

Me voilà plantée devant mon ordinateur à me demander quelle a été LA nouvelle de l’été. Je revois les grands titres des journaux qui se sont succédés sur la table de ma cuisine et j’ai l’impression d’entendre la chanson Jeudi 17 mai, d’Ariane Moffat, qui met en évidence le surréalisme des titres qui se côtoient dans les journaux.

Disparition d’Yves Saint Laurent: la haute couture est en deuil / Maxime Bernier contredit son ex-amie de cœur/ Zimbabwe: Mugabe attend sa victoire après un simulacre d’élection/ Le tournant vert de Dion, un plan «fou» selon Harper/ Maxime Bernier contre-attaque/ Les fortes pluies donnent des maux de tête aux propriétaires de terrains de golf/ Ingrid Betancourt est enfin libre/ Bernier veut tourner la page sur sa mésaventure/ La météo refroidit les vacanciers/ La presse française souligne les 400 ans «du Québec»/Québec a officiellement 400 ans aujourd’hui!/ Le retour de Maxime Bernier/ Radovan Karadzic est arrêté par les autorités serbes/ Le smog étouffe Pékin/ Bernier a entaché la réputation du Canada/ La qualité de l’air a semblé progresser hier à Pékin/ L’accusé du meurtre horrible à bord d’un autocar est décrit comme paisible/ La Chine dédie trois sites aux manifestations

 

Ajoutez un rythme hyper urbain là-dessus et on détient un second tube.

De la politique dans le 7 jours

J’ai fait un petit sondage éclair auprès de mes proches (échantillon de 6 hommes et 7 femmes, exact 19 fois sur 20) pour savoir quelle était selon eux LA nouvelle de l’été. J’ai vu juste avec ma chanson. Le Couillardgate a marqué ma grand-mère comme mon ami intello.

Si le 400e de la ville de Québec a fait de la publicité à la province ou au pays (je sais, terrain glissant d’utiliser le mot Canada et de parler de l’anniversaire de la Capitale dans une même phrase), le scandale Bernier-Couillard a franchi les frontières avec beaucoup moins d’organisation.

Dans les quatre jours qui ont précédé la fête de Québec, le 3 juillet, il y a eu seulement 427 mentions dans les médias étrangers, selon Influence communication, dont 255 en France et 66 aux États-Unis. Pour le soap de l’ex-ministre des Affaires étrangères et de l’ex-mannequin qui a fréquenté des hommes liés au crime organisé, 2500 articles ont été rédigés dans 61 pays autres que le Canada dans la semaine qui a suivi l’explosion dans les médias. Et la nouvelle a duré 72 heures autour du globe, ce qui est rarissime sur cette planète où le vol de plantes vertes intéresse davantage que ce qui se passe sur un autre continent.

Même un ami parti pour l’été au plus profond du pays Basque a eu droit à la photo de la brune et du Beauceron à Rideau Hall dans les pages d’un minuscule journal local. Oui, cette photographie maintes fois réutilisée. Oui, cette image où la robe soleil fait justement de l’ombre au soleil…

Des journalistes d’un quotidien m’ont confié que cette histoire était une mine d’or. Une espèce d’histoire sans fin, mais sans le chien volant. Un ministre, une belle femme, une rupture, des Hell’s Angels, la Mafia, des documents gouvernementaux confidentiels, deux démissions, des contrats immobiliers, une enquête : bien plus que ce qu’il faut pour tenir le Québec en haleine tout l’été. C’aurait pu être pire. L’été dernier, c’était les algues bleues.

Plus qu’un simple feuilleton, cette histoire a mis en doute la crédibilité de Stephen Harper, qui a refusé de se présenter devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Selon lui, une étude interne au ministère des Affaires étrangères aurait suffit à éclaircir l’affaire.

L’optimiste dira que cette histoire aura eu l’avantage d’intéresser ma grand-mère à un sujet politique.

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