Occupation Double attire chaque année des aspirant(e)s candidat(e)s qui souhaitent trouver l’amour, vivre une expérience unique ou encore, obtenir de la visibilité. La téléréalité peut devenir pour certain(e)s une mine d’opportunités ou, pour d’autres, un frein pour le marché du travail.
Candidate à l’édition andalousienne d’Occupation Double (OD) en 2023, Marilyne Lemire fait partie de ceux et celles qui se sont laissé(e)s tenter par la téléréalité. Maintenant créatrice de contenu, elle affirme avoir vécu plus de positif que de négatif dans sa vie professionnelle suite à sa participation.
Lorsqu’elle a été contactée pour faire l’émission, elle terminait sa maîtrise en psychologie. Mettre ses études en pause était difficile, mais a été, au final, révélateur pour elle. « À OD, j’ai réalisé que je ne voulais même pas retourner aux études. À la maîtrise en recherche, je n’étais pas heureuse », confie-t-elle.
Différent en fonction du métier?
Claudia Rossi, diplômée en 2025 du Certificat en communication – médias sociaux et organisations de l’UQAM, n’a jamais participé à l’émission, mais elle s’y est inscrite à quelques reprises dans le passé. Or, cela n’était pas permis en éducation spécialisée, domaine dans lequel elle travaillait après avoir obtenu son diplôme en 2020.
Claudia a reçu une réponse catégorique lorsqu’elle a mentionné à ses professeur(e)s de stage son inscription à la téléréalité. « Ils m’ont dit “si tu t’inscris, tu perds ton stage, on n’est plus intéressé à travailler avec toi” », raconte-t-elle. Elle n’avait pas compris cette réponse. Claudia estime encore aujourd’hui que ses capacités à exercer le métier étaient plus importantes que la manière dont elle pouvait être perçue à la télévision.
À l’inverse, son envie d’aller à OD ne semblait pas être un problème pour les emplois qu’elle a occupés par la suite, entre autres en restauration et en communication. Au contraire, il s’agissait même d’un sujet de conversation, évoque-t-elle. « Il y a une vision qui est peut-être plus moderne dans le monde des communications, où on travaille avec des nouvelles technologies. On est intéressé, on est curieux », dit-elle.
Pierre Barrette, professeur à l’École des médias de l’UQAM, explique qu’il y a « certains métiers un petit peu plus traditionnels qui vont avoir des réserves très importantes à ce que la personne devienne une sorte de petite vedette ». À son avis, les métiers qui ont des ordres professionnels sont souvent très « frileux » à l’idée qu’une personne monétise sa profession dans les médias de façon générale.
Le regard du public
Pendant ses études, Maryline Lemire travaillait avec Prima Danse, un organisme dont la mission est d’utiliser la danse pour aborder et renforcer la santé physique et mentale. Elle avait quelques craintes à son retour d’Andalousie, entre autres en raison de la nature de son emploi qui l’amenait à animer des ateliers dans des écoles primaires.
« J’avais un peu d’appréhension sur comment les gens allaient me percevoir », raconte-t-elle. Ses collègues aussi s’inquiétaient, parce qu’OD amène parfois du « jugement » à cause de la popularité de l’émission au Québec.
« Ça peut nuire en bout de ligne à ton image et donc, non pas contribuer à te donner une carrière, mais plutôt à bloquer ta carrière », précise M. Barrette, surtout si le ou la candidat(e) a fait mauvaise impression lors de son passage à OD.
Selon l’ex-candidate Maryline Lemire, son apparition à l’émission a beaucoup aidé à sa réputation, car les gens avaient une opinion positive d’elle. Bien qu’elle croit que, pour certain(e)s, participer à OD peut être nuisible pendant un moment, elle est aussi d’avis que « le public oublie après [et] passe à autre chose. »
Aujourd’hui, Mme Lemire est satisfaite de sa carrière professionnelle. Depuis son passage à Occupation Double, elle a créé son entreprise de création de contenu événementiel. C’est grâce à la « communauté » qui a découlé de sa participation à la téléréalité qu’elle a pu bâtir sa carrière de créatrice de contenu, dit-elle.


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