Votre argent, leurs combats

Uqamien(ne)s, vous avez dépensé près de 100 000 $ dans la CRUES au cours de la dernière année. Savez-vous au moins à quoi servent vos cotisations? 

Plus de 175 000 $. C’est la modique somme récoltée par la CRUES cette année, dont plus de la moitié provient de l’UQAM. 

Si vous êtes membre de l’AFESPED, de l’AFESH, de l’ADEESE ou de l’AFEA, mes félicitations : vous faites partie des 16 295 uqamien(ne)s membres de ce regroupement d’associations étudiantes. Vous lui avez payé 6 $, cette année, via vos frais d’association facultaire. 

La Coalition de résistance pour l’unité étudiante syndicale, la CRUES, pour les intimes, est un syndicat étudiant fondé il y a deux ans. Héritière de la CLASSE, qui a porté les revendications du Printemps érable en 2012, la CRUES vise à maintenir une mobilisation étudiante à l’échelle québécoise. 

La coalition a voté lors de son dernier congrès pour délaisser la lutte pour la salarisation des stages au profit de la question palestinienne. Vos cotisations ont donc servi à financer les activités liées à cette campagne. 36 000 $ pour deux congrès, repas et déplacements inclus. 22 000 $ pour un camp de formation sur les perspectives décoloniales. 10 000 $ en soutien aux campements propalestiniens. 30 000 $ pour un fonds pour les activistes arrêté(e)s, qui a notamment servi à payer une partie des frais judiciaires des deux militants écologistes qui ont bloqué le pont Jacques-Cartier.

Est-ce ce que vous vouliez qu’on fasse avec votre argent? 

L’ADEESE s’est pourtant affiliée à la CRUES en promettant à ses membres que la coalition serait « un véhicule pour porter [ses] revendications sur la scène nationale, notamment la salarisation des stages ». 

« Une fois que la situation en Palestine sera stabilisée, c’est sûr qu’on va prioriser à nouveau la salarisation des stages », affirme Thildy Riveti, responsable aux communications de la CRUES. 

Le manque de cohésion actuel autour d’un projet social commun a même conduit en janvier dernier à la désaffiliation d’une association étudiante de l’Université Laval. Celle-ci a accusé la CRUES d’être montréalocentriste et d’abandonner la lutte pour la salarisation des stages. 

Toutefois, ne sautez pas aux conclusions. La CRUES et les associations étudiantes ne sont pas les uniques coupables de ce manque de représentativité des préoccupations étudiantes. Ce sont nous les coupables, uqamien(ne)s ou, plutôt, notre désintérêt envers la démocratie étudiante. 

Je m’explique. Les délégué(e)s des associations étudiantes représentées à la CRUES sont lié(e)s aux prises de position de leur association qui sont elles-mêmes décidées en assemblée générale (AG). Les prises de position d’une association étudiante sont le reflet de l’opinion des membres présent(e)s lors des AG. Ce sont donc les plus mobilisé(e)s qui décident de la direction que prend une coalition comme la CRUES, pas forcément la majorité. 

Ce désengagement étudiant n’est qu’un symptôme inquiétant d’une désaffiliation sociétale envers nos institutions démocratiques. Un exemple tout simple : aux dernières élections provinciales de l’Ontario, seulement 45 % des Ontarien(ne)s ont voté. C’est préoccupant. 

Inversons cette tendance. Commençons chez nous, ici, à l’UQAM. 

Plus que jamais, la raison d’être de la CRUES, soit assurer une cohésion entre les différentes associations étudiantes au Québec, est extrêmement pertinente. La perte des Bourses Perspective, les loyers en hausse et les frais de scolarité qui dépassent les 20 000 $ pour les étudiant(e)s de l’international ne sont que des exemples d’un phénomène de précarité étudiante. 

Concentrons plutôt nos efforts sur ce que nous pouvons réellement contrôler, ce qui se passe chez nous. 

Bien que je sois critique de l’usage actuel des fonds étudiants par la CRUES, je ne peux m’empêcher de reconnaître le potentiel d’une telle coalition.

Uqamien(ne)s, à nous de nous assurer que nos préoccupations sont réellement celles qui sont portées par, et non pour ceux et celles, qui nous représentent. 

Pourquoi ne pas faire de la CRUES une tribune des revendications étudiantes du Québec plutôt qu’un organisme militant engagé à porter des luttes d’ailleurs? À vous de jouer. 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *