CultureUn premier club de lecture à l’UQAM

Stéphanie Turner4 décembre 20224 min

Créé à l’initiative de deux étudiantes qui avaient envie d’échanger avec les autres, le premier club de lecture de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a vu le jour le 13 septembre dernier. Ce nouveau groupe étudiant attend désormais la reconnaissance officielle de l’Université.

Même si la création du club de lecture remonte au mois de septembre, c’est le 11 octobre 2022 qui a marqué la première rencontre de ses membres.

« J’avais vraiment besoin de parler de ma lecture avec des gens », affirme Stéphanie Gélinas, étudiante en sociologie et cofondatrice du club. S’étant découvert une passion pour cette activité pendant l’été, elle écrit sur la page Instagram « UQAM Confessions » pour demander à la communauté étudiante si un club de lecture existait à l’école. 

Franceska Bourque, étudiante en psychologie, lui confirme que non, mais lui propose d’en fonder un ensemble. « J’ai toujours voulu faire un club de lecture, mais je n’en avais jamais eu l’occasion », confie Franceska, qui n’a pas hésité une seconde avant de saisir l’opportunité de réaliser son vieux rêve d’adolescence. S’est ensuivie l’apparition d’un groupe Facebook qui compte 41 membres au moment où ces lignes étaient écrites.

Un fonctionnement démocratique

Les membres choisissent les livres et les journées de rencontre à l’aide de sondages sur le groupe Facebook. Ils et elles sont séparé(e)s en deux groupes qui se rencontrent soit le mardi, soit le mercredi. Deux semaines sont accordées pour lire un chapitre. « Si quelqu’un ne peut pas se présenter, il peut se rattraper dans l’autre plage horaire », mentionne Franceska Bourque. Selon elle, cette formule permet d’offrir une certaine flexibilité aux membres. Puisque tout le monde peut envoyer des suggestions, le livre à l’étude est choisi en fonction du nombre de mentions « J’aime » sur une publication.

Comme dans tout groupe étudiant, quelques règlements s’imposent. Les membres s’engagent à ne pas tenir de propos haineux, racistes ou sexistes, à ne pas couper la parole et à respecter la confidentialité de tous et de toutes. « C’est important d’instaurer un climat sécuritaire pour que tout le monde se sente à l’aise », insiste la cofondatrice Franceska.

Un espace valorisant

L’avènement d’un club de lecture à l’UQAM apporte de nombreux bienfaits à la communauté étudiante d’après Nathalie Lacelle, professeure titulaire en didactique de la littératie médiatique au Département de didactique des langues de l’UQAM. Ce comité permet d’accorder une valeur à la lecture, d’accroître l’autonomie et le sentiment d’appartenance sociale, de discuter d’enjeux sociaux et éthiques, de contribuer au plaisir de lire et de développer l’empathie grâce à la fiction. « On a de plus en plus besoin de trouver des lieux de socialisation qui nous apportent du bien-être et la littérature a vraiment cet effet-là sur les individus », développe-elle.

Le club permet également à certains et certaines de ses membres de reconnecter avec leur passion pour la lecture. C’est le cas de Morgane Aubuchon, étudiante en action culturelle. « Avec les études, je ne prenais pas assez le temps de lire. Le club me pousse donc à le faire », constate-t-elle. Celle qui a replongé dans l’univers du livre aime rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir de nouveaux genres littéraires.

En attente de reconnaissance

Étant donné la nouveauté du club, il n’est pas encore officiellement un groupe étudiant reconnu par l’UQAM. Cette situation ne rend pas la tâche facile pour les deux fondatrices, qui sont constamment à la recherche d’un lieu pour faire les rencontres. « C’est un sport de se trouver un local à l’université », reconnaît Franceska.

La hausse de popularité du club a forcé Stéphanie et Franceska à se réorganiser rapidement. Être un groupe étudiant reconnu aiderait à la gestion du club, notamment pour vérifier les demandes d’admission au groupe Facebook à l’aide des codes permanents des élèves. 

Stéphanie raconte qu’elle a dû refuser quelques demandes, car les personnes concernées n’étudiaient pas à l’UQAM. Si le budget le permettait, des prix pourraient être tirés pour souligner la participation des membres. 

Stéphanie et Franceska cherchent toujours à élargir leur communauté de lecteurs et de lectrices. Toutes les personnes qui veulent s’impliquer sont les bienvenues, et aucun prérequis n’est nécessaire. « Tu n’as pas besoin d’avoir lu tous les classiques pour venir parler avec nous », précise Stéphanie.

Mention photo : Lucie Parmentier | Montréal Campus

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